Destitution de Trump : les faits reprochés jugés "bien plus graves" que ceux commis par Nixon
À l'issue des auditions publiques menées dans le cadre de l'enquête en destitution de Donald Trump, l'élu démocrate en charge de l'enquête, Adam Schiff, a assuré que les faits reprochés au locataire de la Maison Blanche étaient "bien plus graves" que ceux commis par l'ancien président Richard Nixon.
Un dernier coup de pression. Pour conclure la série d'auditions menée dans le cadre de l'enquête sur la destitution de Donald Trump, l'élu démocrate en charge de l'enquête Adam Schiff a comparé Donald Trump au seul président de l'histoire des États-Unis à avoir démissionné, en 1974, pour s'éviter une destitution, Robert Nixon.
"Ce que nous avons ici (...) va bien au-delà de ce que Nixon a fait", a-t-il lancé, jeudi 21 novembre, en référence au scandale d'espionnage politique dit du Watergate. Quarante-cinq ans après Richard Nixon, Donald Trump est à son tour menacé par une enquête en destitution pour avoir demandé à l'Ukraine d'enquêter sur le démocrate Joe Biden, son potentiel adversaire lors de la présidentielle de 2020.
Les démocrates accusent le président républicain d'avoir abusé de sa fonction pour faire pression sur Kiev, notamment en gelant une aide militaire de près de 400 millions de dollars votée par le Congrès. Donald Trump nie toute pression, assure que son appel était "parfait" et se dit victime d'une "chasse aux sorcières" sans précédent.
Hogan Gidley, porte-parole de la Maison Blanche, a appelé jeudi à mettre fin "à ces audiences bidons illégitimes". Si elles se poursuivent, "le président Trump veut avoir un procès au Sénat, parce que c'est clairement la seule chambre où il peut s'attendre à l'équité et au respect scrupuleux de la loi en vertu de la Constitution", a-t-il précisé.
Un "donnant-donnant" proposé aux Ukrainiens
Au cours des huit derniers jours, les douze témoins qui se sont succédé à la Chambre des représentants n'ont pas été épargnés par l'aigreur des débats. Avec plus ou moins de force ou de prudence, les diplomates, hauts responsables ou conseillers auditionnés ont résisté à ces attaques et dressé par petites touches un tableau accablant pour le président.
Ils ont d'abord décrit comment il avait écarté sans raison l'ex-ambassadrice à Kiev Marie Yovanovitch et imposé en mai son avocat personnel, Rudy Giuliani, aux diplomates en charge du dossier ukrainien. Cela faisait des mois que l'ancien maire de New York multipliait les contacts à Kiev et les interviews télévisées pour réclamer une enquête sur Joe Biden et les affaires de son fils Hunter en Ukraine. Une fois Rudy Giuliani à la manœuvre, un "donnant-donnant" a été proposé aux Ukrainiens, a déclaré mercredi l'ambassadeur auprès de l'Union européenne, Gordon Sondland : si leur président voulait être invité à la Maison Blanche, il devait annoncer publiquement des enquêtes sur Burisma, le groupe gazier qui a longtemps employé Hunter Biden.
Gordon Sondland, un riche homme d'affaires et donateur républicain, a ajouté "avoir acquis la conviction" que l'aide militaire avait également servi de levier. Il a toutefois reconnu que le président Trump, avec qui il discutait régulièrement, ne lui en avait "jamais" parlé "directement". Les républicains se sont emparés de cette déclaration pour dénoncer un dossier "sans preuve matérielle".
"Une fiction propagée par les services secrets russes"
Entendue en dernier, une conseillère de la Maison Blanche a indirectement critiqué jeudi le président qui, outre Joe Biden, a demandé à l'Ukraine d'enquêter sur une prétendue ingérence ukrainienne dans l'élection présidentielle de 2016 au profit des démocrates. "C'est une fiction qui a été créée et propagée par les services de sécurité russes", a souligné Fiona Hill, haute responsable au sein du Conseil de sécurité nationale.
"S'il vous plaît, ne propagez pas pour des raisons politiques des mensonges qui servent clairement les intérêts russes", a-t-elle lancé aux élus, en leur rappelant que les services de renseignement américains avaient conclu que Moscou s'était ingéré dans la campagne de 2016, et non l'Ukraine. Aucun autre témoin n'est programmé à cette heure et il est probable que la Chambre des représentants, aux mains des démocrates, passe rapidement au vote sur une mise en accusation ("impeachment") du président. Il restera ensuite au Sénat, contrôlé par les républicains, de le juger. Donald Trump devrait donc échapper à une destitution.
Le 22/11/2019
Source web Par france24
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vendredi 22 novembre 2019
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