INFOGRAPHIE. Brexit avec accord, "no deal", chaos... Les scénarios qui attendent le Royaume-Uni
Près de trois ans après le référendum, les Britanniques entrent dans le concret du Brexit. Mais alors que la sortie de l'Union européenne doit être effective le 29 mars, l'avenir du Royaume-Uni est plus incertain que jamais.
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Que le temps passe vite. Trop vite pour les Britanniques ? Deux ans après la ratification de l'article 50 du traité de Lisbonne, qui enclenche la procédure de sortie de l'Union européenne, le Royaume-Uni est sur le point de mettre un terme à quarante-six ans d'un long et houleux mariage avec désormais pas moins de 27 pays membres. Mais le Brexit aura-t-il lieu comme prévu le 29 mars ou sera-t-il reporté ? Mercredi 13 mars, le Parlement britannique a rejeté de justesse l'option d'une sortie de l'Union européenne sans accord, après avoir retoqué massivement la veille celui négocié entre la Première ministre Theresa May et Bruxelles.
Et maintenant ? Nous avons résumé dans l'infographie ci-dessous ce qui attend le Royaume-Uni au lendemain du rejet du traité de sortie et du rejet de l'option d'un divorce sans accord par les parlementaires britanniques. Cliquez sur les bulles rouges pour découvrir en détail les différents scénarios.
1Le Royaume-Uni quitte l'UE avec un accord le 29 mars
Dans ce cas, Theresa May peut souffler. Ces allers-retours entre Londres et Bruxelles ont payé et les députés britanniques ont accepté de voter mardi son plan de retrait. La sortie de l'Union européenne se fera de "manière ordonnée", en vertu de l'accord négocié avec les 27. Concrètement, le Royaume-Uni entre ainsi dans une “période de transition” censée durer jusqu'au 31 décembre 2020 (avec possibilité de la prolonger). Pendant ce laps de temps, les citoyens britanniques ne constateront pas de grandes différences dans leur quotidien, car la libre circulation et le marché unique seront dans un premier temps maintenus.
Cette période de transition permettra au gouvernement britannique de plancher, secteur par secteur, sur les nouvelles règles qui régiront les relations entre le Royaume-Uni et l'UE. Le Royaume-Uni pourra désormais nouer de nouveaux accords commerciaux, lesquels n'entreront en vigueur qu'au 1er janvier 2021. D'ici là, les entreprises devront se préparer à obéir à ces nouvelles règles tout en respectant les anciennes.
2Le Royaume-Uni sort de l'UE sans accord le 29 mars
En cas de rejet de l'accord mardi 12 mars, les parlementaires britanniques se prononceront dès le lendemain sur un possible "no deal", autrement dit une sortie de l'UE sans accord. Une perspective souvent décrite comme le scénario catastrophe en raison de son attendu coût exorbitant.
A partir du 30 mars, les relations commerciales entre l'Union européenne et le Royaume-Uni devront donc obéir aux règles de l'Organisation mondiale du commerce. Les droits de douane pourraient exploser et les prix flamber... Le Royaume-Uni devra agir vite et pourrait alors décider de libéraliser à l'extrême ses échanges à l'international, en baissant drastiquement les droits de douane sur les produits importés. Car le pays a besoin de ses voisins : fruits et légumes, pièces automobiles, médicaments, etc. sont en grande partie importés. Quant aux exportateurs britanniques, ils devront désormais prouver que leurs marchandises respectent les règles européennes, entraînant de longs et coûteux processus de vérifications à la douane.
Pour éviter les vides juridiques laissés par l'abrogation du jour au lendemain de milliers de lois européennes en vigueur outre-Manche, Londres ré-adoptera via une loi fourre-tout l'intégralité du droit européen, le transformant en droit britannique. Le statut des quelque 1,3 millions de Britanniques installés dans d'autres pays de l'UE, tout comme celui des 3,7 millions d'Européens au Royaume-Uni, restera quant à lui précaire et flou. Ils devront au plus vite s'enregistrer comme résident auprès des autorités britanniques afin de continuer à vivre outre-Manche.
Les "Brexiters" jubilent : le pays ne contribuera plus à hauteur de 13 milliards au budget fédéral, mais il devra aussi dire au revoir aux subventions européennes, telles que la Politique agricole commune (trois milliards versés aux fermiers britanniques). Enfin, à la frontière irlandaise, l'obligation d'établir une séparation ravivera les tensions.
3Le Parlement britannique ne veut ni d'un "no deal" ni d'un report du Brexit
Si une sortie sans accord ressemble à un saut dans le vide, à ce stade, ne pas voter le report du Brexit, jeudi 14 mars, revient plutôt à foncer dans le mur. De fait, ce résultat entraînerait soit une sortie de l'UE sans accord, même si ce scénario incertain et inédit aurait été écarté mercredi, soit la tenue d'un nouveau vote sur le texte inchangé et rejeté mardi.
A moins, bien sûr, que les députés ne votent un amendement surprise envisageant un nouveau scénario – comme celui, peu probable, d'un nouveau référendum – ou qu'un coup de théâtre ne secoue la Chambre des communes, comme l'implosion du gouvernement de Theresa May.
Londres pourrait aussi décider contre toute attente d'annuler sa demande de sortie de l'Union européenne, en annulant unilatéralement le fameux article 50 du traité de Lisbonne, lequel active la procédure de sortie. Une option invraisemblable sur le papier, mais possible juridiquement.
4L'Union européenne rejette le report du Brexit
Si le Parlement choisit de reporter le Brexit jeudi, encore faut-il pour le Royaume-Uni qu'il ait l'aval des 27 pays membres de l'Union européenne, jeudi 21 et vendredi 22 mars, lors d'un Conseil européen. Or, ces derniers n'entendent pas laisser Londres profiter d'une rallonge indéterminée. Une demande de report sans la perspective d'un accord à portée de main pourrait être refusée.
Selon un responsable européen cité lundi par l'AFP, les dirigeants des 27 craignent d'approuver "une prolongation qui au final ne servirait qu'à repousser juste avant l'été le Brexit dur". Ainsi, les Européens sont tout à fait disposés à accorder un délai court aux Britanniques leur permettant de régler quelques dispositions techniques. En revanche, un report de longue durée (supérieur à quelques semaines) devrait s'appuyer sur "une vraie justification comme l'organisation d'élections, d'un référendum ou un changement de la position britannique".
Parmi les problèmes que poseraient un report trop long figure notamment celui des élections européennes, prévues le 26 mai. D'un point de vue juridique, le Royaume-Uni serait dans l'obligation d'organiser ce scrutin sur son territoire s'il devait encore être membre de l'UE au moment de la session inaugurale du nouveau Parlement européen début juillet. Enfin, les dirigeants des 27 n'ont eu de cesse de rappeler que l'accord soumis aux parlementaires britanniques le 12 mars reste "le seul possible".
Le 13/03/2019
Source web Par France Tv Info
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samedi 16 mars 2019
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