Avortement, libre échange, emploi... La journée des décisions radicales
Des premières mesures chocs. Comme il l'avait annoncé durant sa campagne et depuis son élection à la présidence des Etats-Unis, Donald Trump a pris dès lundi 23 janvier des décisions radicales, en rupture avec Barack Obama. Cela concerne aussi bien le commerce que l'emploi ou l'avortement.
Après un premier week-end chaotique au cours duquel ses opposants ont fait une démonstration de force dans la rue et son porte-parole Sean Spicer a été accusé de mensonge, le président républicain veut agir vite. C'est ce qu'il a fait en signant l'acte de retrait des Etats-Unis du traité de libre-échange transpacifique (TPP), après avoir déjà détricoté l'Obamacare, autre priorité de la précédente administration.
"Le TPP tel que nous le connaissions n'est plus sur la table"
"Nous en parlions depuis longtemps", a déclaré Donald Trump aux journalistes présents lors de la signature lundi dans le Bureau ovale, jugeant que le retrait du TPP était "une bonne chose pour le travailleur américain".
Vu comme un contrepoids à l'influence grandissante de la Chine, ce traité a été signé en 2015 après d'âpres négociations par 12 pays d'Asie-Pacifique représentant 40% de l'économie mondiale. Mais le texte, qui va bien au-delà de la simple levée des barrières douanières, n'était pas encore entré en vigueur, en l'absence de ratification par le Congrès américain.
"Le TPP tel que nous le connaissions n'est plus sur la table", a commenté le ministre chilien des Relations extérieures, Heraldo Munoz, depuis le Chili. Son gouvernement a invité les ministres des Affaires étrangères et du Commerce des pays signataires de l'accord, ainsi que la Chine et la Corée du Sud, à une réunion à la mi-mars pour étudier les conséquences du retrait des Etats-Unis du TPP.
Le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, a reconnu que la Chine était "un grand marché pour les Etats-Unis", mais il a prévenu que le commerce devait "marcher dans les deux sens".
Des décrets qui suscitent la colère des démocrates
Au-delà du TPP, Donald Trump a signé deux décrets qui illustrent avec force la direction qu'entend prendre la nouvelle administration: le gel des embauches de fonctionnaires au niveau fédéral, qui ne s'applique cependant pas au personnel militaire, et l'interdiction du financement par des fonds fédéraux d'ONG internationales qui soutiennent l'avortement.
Cette dernière décision, prise au lendemain du 44e anniversaire de "Roe V. Wade", l'arrêt emblématique de la Cour suprême qui a légalisé l'avortement aux Etats-Unis, a suscité la colère des démocrates et des organisations de défense des libertés.
Recevant 12 dirigeants d'entreprise à la Maison Blanche lundi matin, il a par ailleurs promis des baisses "massives" d'impôts et a affiché sa volonté de réduire la réglementation "de 75%, peut-être plus", sans donner la moindre précision sur la nature exacte des réformes envisagées. A court terme, il devrait cependant se heurter à un obstacle de taille: son équipe est loin d'être opérationnelle.
Seuls trois membres de son administration -James Mattis à la tête du Pentagone, John Kelly secrétaire à la Sécurité intérieure et Mike Pompeo, nommé directeur de la CIA- ont à ce jour été confirmés par le Sénat.
Mais la voie semble désormais dégagée pour l'un des principaux d'entre eux: Rex Tillerson, ancien patron d'ExxonMobil, choisi pour diriger la diplomatie américaine. Marco Rubio, dernier sénateur républicain qui était indécis, a annoncé lundi qu'il ne s'opposerait pas à sa nomination à la tête du puissant département d'Etat.
Les clandestins délinquants premiers visés par les expulsions
La Maison Blanche a par ailleurs réaffirmé que les immigrés sans-papiers ayant un casier judiciaire seraient les premiers visés par les expulsions promises par le nouveau président Donald Trump.
"Ceux qui peuvent faire du mal ou ont déjà nui et ont un casier judiciaire sont ceux sur lesquels nous nous concentrons", a déclaré Sean Spicer lors d'une conférence de presse. "Il y a toute une série d'individus que nous devons identifier, ceux qui ont dépassé la durée de leurs visas, qui ont commis un délit", a-t-il ajouté. "Pour l'instant, nous voulons nous concentrer sur les gens qui ont fait du mal à notre pays."
Pendant la campagne électorale, le républicain Donald Trump avait un temps promis d'expulser les quelque 11 millions d'immigrés en situation irrégulière, s'en prenant en particulier aux Hispaniques. Il avait plus tard assuré qu'il expulserait en priorité les clandestins délinquants, soit entre "deux à trois millions" de personnes.
Les associations de défense des immigrés craignent que le nouveau président ne remette en cause le programme "DACA", mis en place par Barack Obama en 2012 et qui a permis à plus de 750.000 clandestins arrivés mineurs sur le territoire d'obtenir des permis de séjour et de travail.
Le 23 Janvier 2017
SOURCE WEB Par Huff Post Maghreb
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jeudi 26 janvier 2017
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