Russie, Merkel, Otan, Brexit: Trump réalimente les polémiques
La main tendue vers la Russie, "l'erreur catastrophique de Merkel" sur les migrants, l'Otan "obsolète", le "succès" du Brexit qui verra d'autres pays quitter l'UE,... Le président américain élu Donald Trump a réalimenté la machine à polémiques dimanche 15 janvier dans des entretiens accordés à la presse européenne.
Cinq jours avant de prendre les commandes de la première puissance mondiale, le milliardaire républicain a usé comme d'habitude de formules chocs sans trop s'embarrasser de froisser ses interlocteurs pour commenter l'actualité européenne, dans les quotidiens britannique Times et allemand Bild.
Il a tendu une main vers Moscou, en froid avec l'administration de son prédécesseur Barack Obama qui l'accuse d'ingérence dans l'élection présidentielle américaine, évoquant la possibilité d'un accord de réduction des armements nucléaires avec la Russie en échange de la levée des sanctions qui la frappent.
"Voyons si nous pouvons faire de bons accords avec la Russie. Je pense que l'armement nucléaire doit être très sensiblement réduit, ça en fait partie", a dit le président élu, qui ne cache pas son admiration pour le président russe Vladimir Poutine. "Les sanctions font très mal à la Russie mais je pense qu'il peut se produire quelque chose qui sera profitable à beaucoup de gens".
Juste avant Noël, Donald Trump avait ravivé le spectre d'une course aux armements en prévenant que les Etats-Unis répondraient à tout accroissement de l'arsenal nucléaire d'une autre puissance, sans citer la Russie ou la Chine.
L'Otan "obsolète"
Sujet d'inquiétude récurrent pour les Européens au moment où la Russie fait jouer ses muscles, le milliardaire a réitéré ses critiques contre l'Otan "obsolète", reprochant à ses Etats membres de ne pas payer leur part de la défense commune et de se reposer sur les Etats-Unis.
"J'ai dit il y a longtemps que l'Otan avait des problèmes. En premier lieu qu'elle était obsolète parce qu'elle a été conçue il y a des années et des années" et "parce qu'elle ne s'est pas occupée du terrorisme. En deuxième lieu, les pays (membres) ne payent pas ce qu'ils devraient", a estimé M. Trump.
Peu d'Etats de l'Alliance atlantique atteignent le niveau de 2% de leur produit intérieur brut pour les dépenses militaires, l'objectif que s'est fixé l'Otan en 2014.
Durant sa campagne présidentielle, M. Trump avait déjà tenu des propos similaires, paraissant remettre en cause l'obligation de solidarité entre pays membres de l'Otan en cas d'agression s'ils ne contribuaient pas plus aux dépenses. Les Etats-Unis portent environ 70% des dépenses militaires de l'organisation.
L'erreur de Merkel avec les migrants
La chancelière allemande Angela Merkel, qui a critiqué plusieurs fois Donald Trump publiquement, a également pris une salve du futur président américain, qui a néanmoins dit avoir "beaucoup de respect" pour elle.
"Je pense qu'elle a fait une erreur catastrophique et que c'était de prendre tous ces migrants illégaux", a lâché M. Trump. Mme Merkel avait décidé en septembre 2015 d’ouvrir ses frontières à des centaines de milliers de migrants, dont une partie fuyant la guerre civile en Syrie.
Selon le milliardaire, les conséquences de cette politique d’accueil se sont fait récemment "clairement sentir" - une allusion à l’attentat au camion-bélier contre un marché de Noël à Berlin le 19 décembre (12 morts), revendiqué par l’organisation jihadiste Da'ech.
M. Trump a jugé que Berlin, plutôt que d’accueillir des réfugiés, aurait mieux fait de militer pour des zones d’exclusion aérienne en Syrie pour protéger la population des bombardements. "Les pays du Golfe auraient dû payer pour ça, après tout ils ont plus d’argent que quiconque", a-t-il dit.
"D'autres pays vont quitter l'UE"
Donald Trump a aussi accusé l'Allemagne de dominer l'Union européenne. "Vous regardez l'Union européenne, c'est en gros un instrument pour l'Allemagne. C'est la raison pour laquelle je pense que le Royaume-Uni a eu bien raison d'en sortir", a dit le président élu.
Le Brexit sera "un succès", a-t-il assuré, annonçant vouloir conclure un accord commercial avec le Royaume-Uni "rapidement et dans les règles" et rencontrer "très rapidement" la Première ministre britannique Theresa May.
Ces propos tranchent avec ceux de Barack Obama, qui avait annoncé que le Royaume-Uni se retrouverait en bout de file d'attente pour conclure des accords commerciaux avec les Etats-Unis, si jamais il quittait l'UE.
Donald Trump estime également que "d'autres pays vont quitter" l'Union européenne.
"Je crois vraiment que s'ils (les pays de l'UE) n'avaient pas été obligés de prendre tous les réfugiés, avec tous les problèmes qui vont avec, il n'y aurait pas eu de Brexit", selon M. Trump, qui entretient d'excellents rapports avec un des promoteurs de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, Nigel Farage, ex-chef du parti anti-immigrés et europhobe Ukip.
"Les peuples, les gens, veulent leur propre identité et le Royaume-Uni voulait sa propre identité", a-t-il jugé.
Le 15 Janvier 2017
SOURCE WEB Par Médias 24
Les tags en relation
Les articles en relation
Le Maroc n'est pas un "pays sûr" pour l'Allemagne
Camouflet pour Angela Merkel. Alors que la chancelière allemande avait lancé un projet de loi visant à retirer de la liste des "pays à risques" le Maroc, l&...
Brouille : Un soutien de poids pour le Maroc
L’Allemagne soutient le Maroc dans la brouille qui l’oppose à l’Union européenne. Le ministre fédéral de l’Intérieur allemand Thomas de Maizière l...
Maroc et BRICS : vers une coopération stratégique souple
Alors que de nombreux pays du Sud global souhaitent rejoindre les BRICS, le Maroc garde ses distances. Selon une étude de l’Institut Royal des Études Strat�...
Grève: British Airways contraint d’annuler la quasi-totalité de ses vols lundi
British Airways a annoncé ce lundi l’annulation de la quasi-totalité de ses vols au Royaume-Uni au premier jour d’une grève suivie des pilotes portant su...
« C’est incompréhensible » : malaise après les déclarations d’Emmanuel Macron sur Taïwan
Le chef de l’État a appelé dimanche l’Union européenne à ne pas « être suiviste » des États-Unis et de la Chine au sujet de Taïwan, provoquant un t...
ONU : Le Maroc en force à New York
Nasser Bourita multiplie les rencontres avec les diplomates étrangers «Beaucoup reste à faire pour atteindre la paix en Afrique, mais nous disposons toute...
Voici les premiers signes de l’AVC que vous devez connaître, information à partager !
Avec l’âge, le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) augmente, mais il ne faut pas croire que les plus jeunes sont à l’abri. Par conséquent, qu...
Donald Trump bloque l’arrivée des ressortissants de 7 pays musulmans
Donald Trump s’est défendu du gel prochain de l’entrée de ressortissants de plusieurs pays musulmans aux Etats-Unis par crainte du terrorisme. "Le monde e...
Accord agricole Maroc-UE : Le pourvoi en appel déposé
Le Conseil de l’Union européenne avait jusqu’au 22 février pour déposer un appel à la décision de la Cour européenne de justice annulant l’accord ag...
Le Maroc a suspendu toutes ses relations avec la Délégation européenne de Rabat
Le ministère des Affaires étrangères et de la coopération a enjoint aux ministères marocains de cesser leur coopération avec les institutions européennes...
Impact de la guerre Russie/Ukraine : Il est impératif de diversifier les débouchés
Le Maroc a un stock officiel de blé de 5 mois. Le problème ne réside pas au niveau de l’approvisionnement mais du prix d’achat. La moitié des exportatio...
UE : Le message d’Akhannouch a bien été entendu
La réponse de l’Union européenne (UE) ne s’est pas fait attendre. Après le message au ton sévère du ministère de l’Agriculture marocain (Voir "Accor...


jeudi 19 janvier 2017
0 
















Découvrir notre région