Boeing : All in sur le Maroc

L'arrivée de Boeing au Maroc donne à l'industrie aéronautique une locomotive qui devrait positionner durablement la plateforme comme la supply chain de références des opérateurs européens (Crédits : © Matt McKnight / Reuters)
Le secteur aéronautique marocain comptera dorénavant sa «locomotive». L’installation en propre du constructeur américain Boeing devrait apporter une valeur ajoutée à une plateforme qui vise à se positionner comme le premier «sourceur» de l’industrie aéronautique européenne.
L'offre industrielle marocaine vient de s'étoffer d'un nouvel écosystème porté par le géant américain Boeing. Le constructeur était déjà présent au Maroc via Matis, une joint-venture avec l'opérateur français Safran qui cumule 100 millions de dollars d'achats. La particularité de cette implantation prévue pour le 1er semestre 2017, reste l'absence de contrepartie commerciale entre l'Etat marocain et le constructeur américain. Cet écosystème locomotive devrait englober 120 fournisseurs de Boeing à l'horizon 2020. Un regroupement qui a pour objectif de créer une structure formée de fournisseurs, préalable à la mise en place d'une plateforme de sourcing Boeing. A terme, ce deal devrait générer pour le Maroc un chiffre d'affaires additionnel à l'export de 1 milliard de dollars. L'accord porte sur une implantation de Boeing en deux axes.
1 milliard de dollars de plus à l'export
Le constructeur devrait dans un premier temps amorcer une production industrielle via l'implantation de fournisseurs de rang 1 & 2, qui devrait être suivi par un renforcement des usines existantes par l'augmentation de leur capacité et de leur carnet de commandes. Par ailleurs, cet écosystème devrait créer 8.700 nouveaux postes. Une demande en main d'œuvre qui débouchera sur la création de programmes de formations sur mesures conjugué à un soutien de l'Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT) qui propose déjà des disciplines dédiées aux métiers de l'aéronautique. Bien que l'Etat marocain ne se soit pas engagé à acquérir des appareils Boeing en contrepartie de l'implantation du constructeur, ce dernier bénéficiera de certaines mesures fiscales, notamment une exonération d'IS pour une période de 5 ans. S'y ajoutent des mesures incitatives portant sur le foncier, qui devrait être alloué à la mise en place des unités industrielles nécessaires à la viabilité du projet. Le Midparc (site dédié à l'aéronautique située à l'Ouest de Casablanca) devrait accueillir une majeure partie des installations de Boeing. Le site géré par le Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS) prépare actuellement une 4e phase d'extension qui devrait s'étaler sur 63 hectares. Le ministère de l'Industrie chapeauté par Moulay Hafid Elalamy,devrait également réserver une cinquantaine d'hectares à Fès au profit de l'écosystème Boeing. D'ailleurs, conformément au Plan d'accélération industriel (PAI), les autorités marocaines avaient déjà prévu une réserve foncière à vocation industrielle qui s'élève à 97 ha.
La méthode mexicaine
L'arrivée de Boeing au Maroc permettra de donner une plus grande visibilité à sa plateforme aéronautique. Cette implantation rentre dans le cadre de la stratégie du GIMAS positionner le Maroc comme la plateforme sourcing de référence pour l'Europe. Un marché qui représente 127,8 milliards d'euros de revenus.
Le 23 Décembre 2016
SOURCE WEB Par Afrique.Latribune
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