Agadir Timitar : un véritable melting pot des cultures
Avec cette 13e édition, Timitar a prouvé sa capacité à garder le niveau, restant fidèle à son slogan «les artistes amazighs accueillent les artistes du monde», grâce à une programmation toujours aussi riche et diversifiée et une affluence qui a dépassé toutes les attentes et les estimations faites par les organisateurs. Le quatrième et dernier jour du festival a été une véritable apothéose !
La fête annoncée a bien eu lieu, samedi dernier, jour de clôture de la 13e édition du festival Timitar, signes et cultures, organisé sous le Haut Patronage de S.M. le Roi Mohammed VI. Une affluence record a été enregistrée à la place Al Amal de la ville d’Agadir. Les organisateurs ont avancé le chiffre de 200.000 festivaliers venus assister aux quatre spectacles programmés pour clôturer en beauté cette édition. Comme lors de chaque soirée du festival, l’ouverture a été faite par des artistes amazighs, en l’occurrence Ahwach Igherm Aït Mhand-Demnat de la région d’Azilal, l’intrépide Aïcha Tachinouite, la pop star égyptienne Tamer Hosny et, pour finir, la star incontestée du chaâbi marocain Abdellah Daoudi.
Mais le meilleur de la soirée aura été assurément le concert très attendu de Tamer Hosny. Ses admirateurs ont afflué bien avant le début de l’ouverture pour être assurés d'être les premières loges. Il faut dire que l’artiste a littéralement enflammé la scène, chantant les plus célèbres de ses morceaux devant un public tout à fait conquis. Pendant toute la durée du concert, l’artiste a interagi avec ses fans qui ont chanté avec lui ses plus grands tubes. La pop star n’a pas échappé à la traditionnelle remise du drapeau marocain, mais la surprise a été la montée sur scène du chanteur Daoudi qui, à son tour, lui a remis un Coran en guise de cadeau. L’autre surprise a été la participation de la jeune et talentueuse Marocaine Hafsa Dikri, qui faisait partie de l’équipe du chanteur à l’émission de la chaîne MBC, «The Voice Kids». Encouragée par le public, soutenue par l’artiste, mais rongée par le trac, la jeune Hafsa a donné une prestation moyenne. Le concert trop court au goût des fans a pris fin sur une chanson dédiée par Tamer Hosny à son pays l’Égypte. Et c’était au tour du chanteur populaire Abdellah Daoudi de régaler son public qui, partout au Maroc, lui voue une admiration sans bornes qui fait de tous ses spectacles une parfaite réussite. Cette fois-ci n’a pas non plus dérogé à la règle.
Le public ravi a ainsi chanté, dansé et vibré, pendant une heure, aux rythmes de la musique chaâbi très appréciée dans toutes les régions du Maroc. Tous les festivaliers interrogés sur place ont exprimé leur satisfaction quant à la qualité de l’organisation et de la programmation qui répondait à tous les goûts, ainsi que leur fierté que la ville d’Agadir abrite un festival de ce calibre. «Je suis un habitué de Timitar. Depuis quelques années déjà, je me déplace entre les trois scènes pour voir et écouter mes artistes favoris», a déclaré l’un des festivaliers. Même son de cloche chez une jeune famille marocaine qui a déclaré éprouver du regret chaque fois que le festival prend fin. Vivement la prochaine édition alors !
Entretien avec Khalid Bazid, directeur du festival Timitar, signes et cultures
«Nous éprouvons une très grande satisfaction et nous sommes très heureux que l’évènement se soit passé dans les meilleures des conditions»
Le Matin : Quel bilan faites-vous de cette 13e édition du festival Timitar, signes et cultures ?
Khalid Bazid : On est aujourd’hui confirmé autour de 800.000 participants. Mais le chiffre en lui-même n’est pas ce qui compte le plus, mais plutôt la satisfaction du public, la dynamisation de la ville, l’apport intellectuel. Cette année, nous avons organisé une grande conférence, une grande exposition et une table ronde réussies sur des thèmes très diversifiés, notamment la relation entre la musique et la peinture, les avancées du Maroc sur la question de l’amazighité et la langue amazighe en comparaison avec l’Algérie, la Tunisie et la Libye… Et c’est surtout par rapport à ces éléments-là que nous éprouvons une très grande satisfaction et nous sommes très heureux que l’évènement se soit passé dans les meilleures des conditions. Si on fait la comparaison avec ce qui se passe un peu partout dans le monde, notamment les derniers évènements survenus en France et en Turquie, on rend grâce à Dieu pour cette possibilité pour nos citoyens de pouvoir se rendre aux concerts et circuler dans la ville en toute sécurité. On remercie également Dieu pour la cohabitation dans la paix entre les différentes cultures au Maroc.
Vous avez gardé le même concept à chaque édition, ne comptez-vous pas apporter des changements ou des nouveautés au prochain festival ?
Tout d’abord, je dois expliquer le concept qui est simple : vous êtes amazigh, votre culture est l’une des différentes cultures marocaines, votre langue est en train de se préserver et votre histoire est en train de se réécrire. Pour quel choix allez-vous opter : est-ce l’exclusion en vous repliant sur vous-même ou l’ouverture sur les autres cultures ? En choisissant la deuxième option, nous avons pu avoir un festival qui permet à toute personne désirant montrer son art, sa manière de faire, ses recherches, faire avancer les choses, de le faire, que ce soit sur un plan politique, intellectuel ou culturel… Pourquoi donc changer le concept ? La culture amazighe, qui fait partie intégrante de la culture marocaine, est en elle-même une mission pour nous. Un festival dispersé perdrait son âme et nous tenons à préserver notre âme. Il serait inutile de changer juste pour changer, mais s’épanouir, oui, absolument. Le festival en est déjà à sa 13e édition et, Dieu merci, il arrive à tenir le rythme dans une ville qui n’est ni Casablanca ni Rabat, et l’on arrive tout de même à faire bonne impression, à préserver notre image et à faire avancer notre ville et notre région.
Un dernier mot ?
Je tiens à apporter une précision très importante : le festival Timitar est un complément des autres festivals organisés au Maroc. Nous ne sommes nullement en compétition avec les autres festivals nationaux. Ce qu’on veut, c’est montrer que ce patchwork marocain peut cohabiter dans la paix, la bonté et la beauté. Montrer aussi que dans notre pays tout est possible, du moment qu’on recherche le meilleur.
Le 17 Juillet 2016
SOURCE WEB Par Le Matin
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mardi 19 juillet 2016
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