Tourisme : Regagner les Marchés Perdus
C’est là les conclusions à tirer d’une certaine politique touristique qui a conduit à la contraction des flux touristiques vers le Royaume, surtout au départ de pays traditionnellement émetteurs comme ceux de l’Europe et qui accusent un décalage de plus en plus patent avec le discours obstinément optimiste coupe des réalités. C’est dire qu’il y a beaucoup à faire. Et, pour l’heure, trois axes de travail nous paraissent devoir être retenus pour mettre en œuvre une nouvelle politique du tourisme.
• Premier axe : une évaluation
conséquente du produit Maroc.
Les atouts du Royaume sont connus : proximité géographique de l’Europe, qualité de l’infrastructure, richesse des traditions, variété des reliefs, hospitalité des nationaux... Mais tout cela a-t-il été valorisé de la manière la plus optimale ? Ne s’est-on pas borné depuis des années à « gérer » ce produit sans beaucoup de créativité ni d’imagination alors que nous pouvions fort bien élargir la gamme de notre produit touristique et mettre l’accent par exemple sur la dimension culturelle, architecturale du Royaume. A la limite, un produit aussi porteur que le Maroc s’est trouvé progressivement déclassé par rapport à de nouvelles destinations dans la région méditerranéenne à telle enseigne qu’il a commencé à accuser son âge.
• Deuxième axe : la nécessite d’une nouvelle politique de promotion et de commercialisation.
Depuis des lustres, notre promotion commerciale fléchissait, paraissant plus guidée par une méthodologie bureaucratique que par l’agressivité et la pugnacité qu’impose le monde moderne. Les cibles commerciales n’étaient guère bien identifiées ; les segments potentiels de clientèles à sensibiliser n’étaient pas davantage cernés ; les particularités des marchés émetteurs n’étaient pas non plus affinées ; bref, on continuait à reconduire des plans de promotion sans tellement se soucier ni de leur pertinence ni de leur cohérence. Pareille démarche n’a de chance de donner des résultats significatifs que si elle s’accompagne évidemment de la mise sur pied des structures les plus opératoires et des hommes les plus performants. Un immense travail de réévaluation est à faire au-dedans et au dehors.
Au-dedans, en se penchant sur les instruments d’intervention pour qu’ils retrouvent efficacité et continuité. Qu’il s’agisse de l’ONMT, des délégations régionales ou d’autres structures, il y a assurément un sérieux audit à faire pour identifier les carences et les insuffisances, pour les corriger ensuite et, enfin, pour confier des responsabilités aux hommes à la hauteur des tâches actuelles. Au dehors, de gros efforts doivent être également déployés : si certains délégués ne manquent pas de qualité, il en est beaucoup aussi qui ne peuvent sérieusement justifier d’un apport d’activités satisfaisant. De plus, il manque à l’administration centrale, une structure de suivi du travail de ces délégués qui sont livrés à eux-mêmes et qui ne sont pas tenus par des objectifs à réaliser.
• Ce troisième axe vient compléter les deux autres : il a pour nom la concertation.
Le ministère du Tourisme n’a pas d’hôtels à gérer en nom propre, ni d’intérêts particuliers a défendre ; il est un instrument du gouvernement au service de la politique touristique nationale. Il est là pour aider les professionnels et non pas pour les ignorer- quand il ne leur met pas franchement des bâtons dans les roues.
C’est avec tous les professionnels qu’une politique de dialogue doit être désormais menée car ce sont eux qui sont en contact avec les tour-opérateurs étrangers ; ce sont eux aussi qui sont à l’écoule des mutations qui s’opèrent dans le tourisme international ; ce sont eux, enfin, qui ont initie d’importants investissements hôteliers qui font la fierté et la qualité du produit Maroc. Cela ne veut pas dire pour autant que le ministère du Tourisme n’ait d’autre choix que d’appliquer leur loi ; mais cela implique qu’au-delà des approches catégorielles particulières puisse se dégager une vision commune du tourisme marocain, permettant à celui-ci de continuer à être l’un des vecteurs du développement économique national pour le plus grand profit de tous.
Bien entendu, l’amélioration de notre produit ne pourra se faire que s’il est assaini d’une manière conséquente. La qualité du service, la qualité de la formation laissent beaucoup à désirer dans de nombreux hôtels chez nous. Un contrôle constant doit être mené dans les différentes prestations (transports, hébergements, repas...) pour maintenir un niveau de qualité constant. De même, plus de rigueur devrait être apportée dans une gestion efficace, dans une politique de cadres et d’employés, sans oublier la surveillance des prix et leur adéquation au standing réel des hôtels pour éviter soit le dumping- qui pénalise à terme la qualité des prestations.
Soit la spéculation pure et simple sans commune mesure avec les prix offerts par des établissements de même catégorie.
Une bonne partie des hôteliers n’a pas fait, en effet, les efforts nécessaires pour mener une politique dynamique de promotion ; or c’est dans leur direction qu’un « retard » doit être rattrapé pour qu’ils se hissent au niveau des exigences d’une gestion moderne. Le succès de cette nouvelle politique qui doit être lancée sur des bases assainies et des structures remaniées sera probant si nous arrivons à terme à regagner les parts de marchés perdus. C’est à cela qu’il faut s’atteler dans les mois à venir si l’on ne veut pas que le produit Maroc soit le grand perdant, en Méditerranée, des mutations qui se font et s’accélèreront d’ici à l’an 2016.
Le 01 Février 2016
SOURCE WEB Par La Vie Touristique
Les tags en relation
Les articles en relation
Tourisme national : Quelles offres pour les nationaux ?
Après plus de deux années noires pour le tourisme marocain, l’été 2022 devrait en toute logique et selon les prévisions de plusieurs observateurs retrouv...
Tourisme au Maroc en 2024 : leader africain avec 17,4M de visiteurs
En 2024, le Maroc s’impose comme la première destination touristique d’Afrique, attirant 17,4 millions de visiteurs et dépassant l’Égypte (15,7 million...
CAN 2025 au Maroc : retombées économiques, tourisme, emploi et soft power au cœur de la stratégi
La Coupe d’Afrique des Nations 2025, organisée au Maroc, dépasse largement le cadre sportif pour s’imposer comme un puissant levier économique, social et...
«La Palme de l’Oasis 16» MAROC : PLAN 2025-2028 PROGRAMME PROJETE DE 155 BARRAGES
L’AMDGJB PROPOSE LA STRATEGIE :  DU BARRAGE-OUVRAGE AU BARRAGE-ECOSYSTEME ! Nous saluons l'initiative volontariste de Monsieur le Ministre de l'...
Concrétisation du partenariat entre la RAM et l’ONMT
La Royal Air Maroc (RAM) et l’Office National Marocain du Tourisme (ONMT) entament une nouvelle phase de leur collaboration visant à promouvoir la marque Mar...
#Maroc_Tourisme : Travel Tech est de retour pour une 2? édition
La « Travel Tech » de la Confédération nationale du tourisme (CNT) rencontre l’écosystème de technologie marocain, le 15 décembre au Technopark de Ca...
Tourisme : les arrivées de touristes en hausse de 13% sur les 4 premiers mois de 2023
La reprise de l’activité touristique dans le royaume se confirme avec une très belle performance sur les quatre premiers mois de 2023. Selon les chiffres of...
Relance du tourisme: L'OMT s'allie à Facebook pour le marketing numérique
L’Organisation mondiale du tourisme (OMT) et Facebook se sont associées pour aider les pays du monde entier à exploiter la puissance du marketing numérique...
Tourisme au Maroc : des aéroports saturés face à l’afflux de visiteurs, des solutions en vue
Les aéroports marocains font face à une pression croissante avec l’afflux massif de touristes. Selon Zoubir Bouhoute, consultant en tourisme, des risques de...
La Tunisie organise le Forum arabe de l’investissement touristique
Tunis abritera les 19 et 20 octobre 2017 le Forum arabe de l’investissement dans le secteur touristique. L’initiative est en fait le fruit d’un partena...
Une étude du WTTC révèle des pertes de 4.5 trilions de dollars pour le tourisme mondial en 2020
Le rapport annuel d’impact économique (EIR) du Conseil mondial du voyage et du tourisme révèle l’impact dramatique du COVID-19 sur le secteur des voyages...
Tourisme aérien Essaouira fête le 4 millionième passager de Transavia
Le Maroc est une destination clé pour Transavia, qui a enregistré une croissance du trafic de 49% en 4 ans, et augmenté son offre de 52%, et dessert actuelle...


mercredi 3 février 2016
0 
















Découvrir notre région