Climat : le FMI soutient le Maroc face au stress hydrique et énergétique
Le Maroc bénéficie d’un soutien stratégique du FMI pour renforcer sa résilience climatique face au stress hydrique et aux défis énergétiques. À travers la Facilité pour la résilience et la durabilité (RSF), le Fonds monétaire international contribue au financement d’infrastructures essentielles dans les secteurs de l’eau et des énergies renouvelables.
Selon une récente analyse du cabinet BMI, affilié à Fitch Solutions, ce programme vise à accompagner le Maroc dans sa transition écologique tout en renforçant sa sécurité hydrique. Le Royaume a ainsi perçu une troisième et dernière tranche de 496 millions de dollars, portant le total des décaissements à 1,24 milliard de dollars, soit près de 0,7 % du PIB national.
Ce financement s’inscrit dans un cadre plus large d’investissements publics, avec 4,2 milliards de dollars prévus au budget 2025 pour l’eau et les infrastructures, notamment via le Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation (PNAEPI, 2020-2027), estimé à 14,3 milliards de dollars. Ce programme s’intègre au Plan national de l’eau (PNE, 2020-2050), qui prévoit la construction de barrages, le développement du dessalement, du recyclage de l’eau et l’extension des réseaux de distribution.
Parallèlement, le Maroc accélère le déploiement des énergies renouvelables pour réduire sa dépendance énergétique, notamment dans les secteurs fortement consommateurs comme le dessalement. L’appui du FMI permet également de financer ces projets dans des conditions préférentielles, avec des taux réduits et des échéances allongées, contribuant à la maîtrise du déficit public et à la soutenabilité de la dette.
BMI souligne aussi que le Maroc dispose d’un avantage comparatif sur ses voisins nord-africains grâce à sa stabilité politique, sa stratégie de réforme avancée et une dette publique jugée soutenable. Le soutien du FMI, renforcé par d'autres bailleurs comme la Banque européenne d’investissement (500 millions d’euros), améliore la capacité du pays à faire face aux sécheresses et autres chocs climatiques.
Parmi les 17 réformes convenues avec le FMI, 16 ont déjà été mises en œuvre. Une seule mesure reste en suspens : la mise en place d’une taxe carbone explicite. Jugée trop sensible sur les plans social et économique, son application en 2025 semble compromise, en raison de ses effets inflationnistes et du pouvoir d’achat fragilisé par les hausses de prix de 2022-2023. Le gouvernement poursuit toutefois les consultations et les études d’impact pour un éventuel déploiement progressif.
D’autres réformes notables incluent l’intégration du risque climatique dans les analyses de viabilité de la dette et la réduction progressive des subventions au gaz butane, visant à contenir les dépenses publiques.
Enfin, concernant le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) de l’Union européenne, qui entrera en vigueur en 2026, BMI se montre rassurant : l’impact sur les exportations marocaines devrait rester limité, car seuls 15 % des produits concernés sont exportés vers l’UE, principal partenaire commercial du Maroc.
Le 08/04/2025
Rédaction de lanouvelletribune
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