Henné : Patrimoine de l’Humanité, Origines, Rituels et Bienfaits
Le henné, symbole ancestral de beauté et de spiritualité, a été officiellement inscrit par l’UNESCO au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Depuis des millénaires, cette plante, connue pour ses multiples usages, accompagne les civilisations du monde, incarnant à la fois protection, soin, et séduction.
Le henné, une plante aux origines millénaires
Originaire des régions chaudes comme l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient, l’Inde et l’Asie centrale, le henné, ou Elhanna, est un arbuste épineux pouvant atteindre jusqu’à 6 mètres de haut. Les feuilles de cette plante, séchées et réduites en poudre, sont utilisées depuis plus de 5 000 ans.
Les Pharaons en teintaient leurs cheveux et leurs ongles, et s’en servaient pour embaumer leurs morts, symbolisant la pureté et l’accompagnement vers l’au-delà. L’origine du mot "henné" pourrait venir de l’hébreu hen (grâce) ou de l’arabe hanane (affection divine). Une expression marocaine illustre bien ce lien spirituel : hanni, yhhane ‘lik Allah (mets du henné, Dieu te bénira).
Un rituel partagé par de nombreuses cultures
Du Maroc à l’Inde, en passant par les pays arabes, l’Iran et le Pakistan, le henné joue un rôle central dans les rituels religieux et culturels. Il est notamment prisé dans les traditions islamiques : selon des hadiths, le Prophète Mohammed teintait ses cheveux avec du henné pour se différencier des autres communautés religieuses, bien qu’il ait interdit son usage ornemental pour les hommes.
Au-delà de sa dimension spirituelle, le henné est utilisé comme un remède naturel grâce à ses propriétés antifongiques, antibactériennes et antispasmodiques. En médecine traditionnelle, il soulage fièvre, migraines, brûlures, entorses, et même certains troubles intestinaux. Mélangé à de l’eau de rose, des clous de girofle ou du beurre rance (smen), il devient une pâte appliquée sur le corps pour ses vertus curatives.
Le henné, symbole de beauté et de féminité
Le henné est depuis toujours associé à l’embellissement, notamment des cheveux et de la peau. Il hydrate la chevelure, régule le sébum, ralentit la chute des cheveux, et élimine les parasites comme les poux. Aujourd’hui, l’industrie cosmétique l’utilise pour développer des produits modernes répondant aux besoins de beauté naturelle.
Les motifs floraux et géométriques tracés sur les mains et les pieds sont un art vivant, hérité des Amazighs au Maroc et des styles ornementaux en Inde ou dans les pays du Golfe. La pâte de henné, préparée avec de l’eau chaude, du jus de citron et parfois du thé, libère ses pigments après plusieurs heures de repos, donnant des couleurs riches et intenses.
Une place centrale dans les rituels festifs et prénuptiaux
Au Maroc, le henné occupe une place privilégiée dans les célébrations religieuses et les mariages. La cérémonie de Mehndi en Inde, ou Elhanna au Maroc, bénit l’union des mariés et attire la prospérité. Pour les mariées marocaines, la préparation de la pâte est confiée à une mezouara (femme mariée ayant enfanté), symbole de bénédiction.
Chez les Amazighs et certaines tribus arabes, le marié reçoit aussi une teinture légère sur les paumes ou le bout des doigts pour invoquer la baraka. Ce rituel se perpétue même dans un monde moderne, unissant générations et communautés autour de traditions ancestrales.
Le henné et ses croyances protectrices
Au-delà des célébrations, le henné est entouré de nombreuses croyances. Il est appliqué sur le bétail pour le protéger du mauvais œil, sur les femmes enceintes pour bénir leur grossesse, et même sur les nouveau-nés pour leur apporter chance et sécurité.
Dans les confréries mystiques, il est utilisé en décoction pour apaiser les esprits, tandis qu’en cosmétique traditionnelle, il sert à purifier le corps, resserrer les pores et donner une teinte dorée à la peau après le hammam.
Une tradition vivante et universelle
Malgré les évolutions, le henné demeure un art vivant et dynamique. Des fêtes religieuses comme la Mimouna juive marocaine aux mariages modernes, il symbolise partage, beauté et lien intergénérationnel. Ses rituels, empreints de spiritualité et de convivialité, transcendent les frontières, unissant les peuples autour d’une tradition commune.
Aujourd’hui, l’inscription du henné au patrimoine immatériel de l’humanité vient honorer cette richesse culturelle et préserver une pratique universelle qui continue de séduire dans un monde en constante transformation.
Le 14/12/2024
Rédaction de lanouvelletribune
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samedi 14 décembre 2024
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