IPBES 2024 : Deux rapports inédits sur les solutions aux crises mondiales de la biodiversité et du climat
Cinq ans après un rapport marquant sur l'état alarmant de la biodiversité mondiale, l'IPBES (Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques), surnommée le "GIEC de la biodiversité", s'apprête à publier deux nouveaux rapports axés sur les solutions concrètes. Le premier, prévu pour le 17 décembre, se concentrera sur les stratégies pour répondre aux crises interdépendantes telles que la biodiversité, l'eau, la santé, l'alimentation et le climat. Le second, à paraître le 18 décembre, portera sur les obstacles à surmonter pour mettre en place ces solutions.
Ce moment est perçu comme aussi décisif que la publication, en 2019, du tout premier rapport d'évaluation de l'IPBES sur l'état de la biodiversité mondiale. Hélène Soubelet, directrice de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB), a souligné lors d'une conférence de presse : « Après avoir établi le diagnostic, il est maintenant temps de voir quelles actions concrètes nous pouvons entreprendre. »
En 2019, le rapport de l'IPBES avait révélé l'ampleur de la perte de biodiversité, suscitant un choc au sein du grand public. Il avait également mis en lumière que plus d’un million d'espèces étaient menacées d'extinction et que 75 % des écosystèmes terrestres et 40 % des écosystèmes marins présentaient de graves signes de dégradation.
Nexus : Interconnexions entre crises mondiales
Le premier rapport, intitulé "Nexus", vise à analyser les interrelations entre la biodiversité, l'eau, la santé, l'alimentation et le changement climatique. Basé sur plus de 6 500 références et préparé par 165 experts, il est considéré comme l'un des projets les plus ambitieux jamais entrepris par l'IPBES. Paula Harrison, coprésidente de l'évaluation, décrit ce rapport comme une synthèse mondiale sans précédent, présentant un éventail d'options concrètes pour maximiser les bénéfices dans ces cinq domaines.
Dr. Anne Larigauderie, secrétaire exécutive de l'IPBES, précise que ce rapport mettra en avant des solutions comme l'éolien offshore ou la réduction de la consommation de viande, en évaluant les impacts globaux sur les différents éléments du Nexus. « Certaines solutions technologiques pour le climat pourraient avoir des effets négatifs sur la biodiversité », ajoute Hélène Soubelet, plaçant de grands espoirs dans ces travaux.
Changements transformateurs : Réinventer nos rapports avec la nature
Le second rapport se concentrera sur les changements systémiques nécessaires pour préserver la biodiversité. Il examinera les facteurs sociétaux, tant individuels que collectifs, qui peuvent conduire à des transformations en profondeur. Le rapport de 2019 avait déjà souligné la nécessité d'une réorganisation globale de nos systèmes. Pour cela, il est crucial de comprendre les blocages actuels, explique le professeur Arun Agrawal, coprésident du rapport.
Anne Larigauderie identifie des obstacles tels que la déconnexion entre l’humain et la nature ou encore la concentration des richesses, facteur majeur de la perte de biodiversité. Ce rapport s’intéressera également aux nouveaux récits à promouvoir pour envisager un futur durable, tout en étudiant les normes sociales à transformer.
Ces deux rapports, qui seront publiés après la COP16 sur la biodiversité et la COP29 sur le climat, devront être approuvés par les 147 États membres de l'IPBES. Ils contribueront à la mise en œuvre du Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal et de l'Accord de Paris, tout en soutenant les Objectifs de développement durable. Hélène Soubelet conclut en affirmant que ces rapports apporteront des idées « extrêmement innovantes et parfois disruptives ».
Le 17/10/2024
Rédaction de l’AMDGJB Géoparc Jbel Bani
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