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Tourisme : Le Maroc réussit sa session de rattrapage

Tourisme : Le Maroc réussit sa session de rattrapage

Le secteur touristique est dans une bonne dynamique : le Royaume devrait accueillir plus de 10 millions de touristes à fin 2022.

Les professionnels attendent de la tutelle des actions structurantes susceptibles de consolider la reprise.

Par D. William

Le Maroc met les bouchées doubles pour doper l’activité touristique et gommer les énormes pertes enregistrées durant la pandémie liée à la Covid-19. Depuis plusieurs mois déjà, le secteur est dans une dynamique positive, à la faveur des nombreuses mesures initiées par le gouvernement, dont le plan d’urgence doté d’une enveloppe budgétaire de 2 milliards de dirhams.

Selon les derniers chiffres rendus publics par la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), les recettes touristiques ont augmenté entre juin et septembre 2022 de 31,4% comparativement à la même période de 2019, après un retrait de 44,8% un an auparavant. «Au titre du troisième trimestre 2022, ces recettes ont atteint un niveau record de 34,8 milliards de dirhams, enregistrant un taux de récupération de 130,6% après 101,3% au T2-22 et 61,9% au T1-22, comparativement aux mêmes périodes de l’année 2019», indique la même source. Ainsi, au terme des neuf premiers mois de 2022, les recettes touristiques se sont appréciées, en glissement annuel, de 149,9% pour atteindre 62,2 milliards de dirhams, recouvrant une amélioration de 240,6% au troisième trimestre, de 391,9% au deuxième trimestre et de 88,8% au premier trimestre 2022. Ce qui porte leur taux de récupération par rapport à fin septembre 2019 à près de 103,5% au lieu de 41,4% à fin septembre 2021.

Parallèlement, les arrivées touristiques suivent dans la même dynamique. Elles ont même dépassé de 1% leur niveau d’avant-crise au mois de septembre 2022, pour atteindre un total de 900.000 arrivées. Et entre juin et septembre 2022, 93% du nombre des arrivées de l’année pré-crise ont été récupérés. Ainsi, au terme des neuf premiers mois de 2022, le Maroc a accueilli 7,7 millions de touristes, pour 13,3 millions de nuitées réalisées dans les établissements d’hébergement classés, ce qui représente respectivement 76% et 69% de leur niveau antérieur à la crise.

«Au T3-2022, 91% du niveau d’avant-crise des arrivées et des nuitées ont été récupérés, après respectivement 88% et 71% au T2-2022. Cette évolution recouvre un taux de récupération de l’ordre de 87% pour les arrivées des touristes étrangers et de 93% pour celles des MRE», note la DEPF. Ajoutant que «s’agissant des nuitées, leur taux de récupération s’est situé au T3-2022 à 79% pour les non-résidents et à 109% pour les résidents. Par rapport à l’année dernière, les arrivées et les nuitées se sont renforcées respectivement de 173,5% et 99,3% à fin septembre 2022».

Au-delà des actions ponctuelles

Avec le dynamisme que connaît le secteur, les professionnels s’attendent à ce que le Maroc accueille quelque 10 millions de touristes d’ici la fin de l’année. L’économiste et expert en tourisme, Mohamed Bouhoute, ne dit pas autre chose. Selon lui, «à ce rythme, on va dépasser légèrement les 10 millions de touristes fin 2022, avec un pourcentage important de Marocains résidant à l’étranger, soit plus de 50% du total». D’autre part, poursuit-il, «nous allons dépasser le volume de recettes en devises, lesquelles devraient atteindre 84 – 85 Mds de DH en 2022 contre près de 79 Mds de DH en 2019».

Il faut dire que les performances du secteur bénéficient largement des multiples actions de promotion initiées par l’Office national marocain du tourisme (ONMT), qui vend la destination Maroc auprès des plus grands prescripteurs de l’industrie touristique mondiale. C’est dans ce cadre que se tient, du 5 au 8 décembre courant à Marrakech, la réunion de l’association israélienne du tourisme ITTAA, qui compte 400 agents de voyages et 4.500 consultants du tourisme. Elle a été précédée par la tenue, du 1er au 4 décembre à Taghazout, du Congrès de l’industrie touristique allemande. Quelque 500 participants y ont pris part. «Ce congrès 2022, qui offre une visibilité stratégique majeure au Maroc, non seulement sur le plan promotionnel et business que médiatique, représente une excellente opportunité pour mettre en avant la destination Maroc, et spécialement Agadir et la nouvelle station de Taghazout auprès du marché allemand, un marché auquel nous attachons une grande importance», a affirmé à ce titre, Adel El Fakir, Directeur général de l’ONMT.

Le tourisme allemand occupe en effet la troisième place en termes de chiffre d’affaires pour le Maroc. En 2019, près de 685.000 Allemands avaient visité le Royaume pour plus de 1,75 million de nuitées, ce qui place ce pays en cinquième position au niveau des arrivées et troisième pour les nuitées. Outre les marchés allemand et israélien, l’ONMT a aussi mené, deux mois plus tôt, une opération séduction à l’égard des touristes britanniques, avec notamment le Congrès de l’Association des voyagistes britanniques (ABTA), qui s’est tenu du 10 au 13 octobre dernier à Marrakech.

Toutes ces initiatives permettent au Maroc d’être sur les radars internationaux. Ces opérations ponctuelles doivent néanmoins être couplées à une stratégie plus globale, avec des actions structurantes ciblant le renforcement de l’offre touristique nationale, notamment en termes de capacité, la multiplication des connectivités aériennes et maritimes, ou encore l’intensification des opérations de promotion auprès des marchés classiques et des nouveaux marchés émergents.

«Il faut répondre aux exigences des professionnels et aux demandes grandissantes du tourisme international, en mettant notamment un plan pour la relance de l’aérien. Autrement dit, il s’agit de renforcer les lignes aériennes avec les principaux marchés émetteurs. Il faut également récupérer des parts de marché sur des pays émetteurs pour lesquels le pourcentage est resté globalement moyen ou faible (Italie, Espagne, Hollande et Belgique), et sur certains marchés où nous avons un grand problème, comme c’est le cas du marché allemand. A côté de ces actions, il faut donner de l’importance au tourisme interne, qui constitue le pare-choc au moment des crises, continuer les efforts de promotion à travers la présence en masse dans les salons internationaux du tourisme et organiser des éductours et des voyages de presse pour faire parler du Maroc», suggère Bouhoute, qui espère «trouver tous ces éléments dans la nouvelle feuille de route qui sera incessamment présentée par le ministère de tutelle». 

Le 09/12/2022

Source web par : la quotidienne

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