Etude: quels seront les métiers les plus demandés au Maroc d’ici 2030 ?
La question de savoir quels sont les métiers du futur au Maroc est devenue centrale dans un contexte où le passage à l’intelligence numérique cognitive est en train de bouleverser la donne. C’est le moment où ne jamais de se projeter dans l’avenir, d’identifier tant les nouveaux besoins que les métiers en perte de vitesse et d’opter pour des formations adaptées.
Les bouleversements économiques et sociaux induits par la crise sanitaire suscitent de nombreuses questions. Pour les familles et étudiants marocains, une question revient sans cesse : quels métiers ont le plus d’avenir et offrent le plus de débouchés dans les prochaines années ? S’il est encore difficile de répondre à cette interrogation, on peut d’ores et déjà estimer que la plupart des métiers qu’exerceront les étudiants d’aujourd’hui auront un lien direct avec les technologies de pointe.
Une étude du cabinet McKinsey, publiée récemment, estime que d’ici 2030, 800 millions d’emplois vont disparaître dans le monde au profit des innovations technologiques. Pour Dell et «l’Institut pour le Futur», 85 % des emplois de 2030 n’existent pas encore alors qu’on assiste à la disparition progressive de plusieurs professions classiques.
Il est clair que l’avenir appartient aux esprits agiles d’autant plus que l’intelligence artificielle, la robotique et la réalité virtuelle transforment les métiers existants et en créent de nouveaux. D’autres spécialistes vont plus loin et s’emploient à dresser la liste des spécialités qui seront les plus prisées au Maroc dans les années à venir.
Comment s’y retrouver ?
En tête de liste, trônent les analystes de la sécurité de l’information dont le travail consiste à planifier et exécuter des mesures de sécurité pour protéger les systèmes et réseaux informatiques d’une organisation contre les infiltrations et les cyberattaques. Ils préviennent, surveillent et répondent aux violations de données et aux cyberattaques, qui deviennent de plus en plus fréquentes.
Figurant parmi les métiers les plus demandés au Maroc, ce profil devrait afficher une progression insolente de plus de 30% dans la décennie à venir. Vient ensuite l’ingénieur industriel qui travaille à l’organisation et la gestion des entreprises. Son quotidien consiste à concevoir les lignes de production, l’architecture de l’usine et tous les systèmes orchestrant les flux de produits et d’information.
Pour ce faire, des connaissances en gestion de la chaîne d’approvisionnement, en management de projet et en assurance qualité sont nécessaires. Les comptables et auditeurs sont aussi très recherchés ainsi que les managers des opérations, les responsables financiers et Marketing, sans oublier les développeurs et testeurs de logiciels comme les consultants en management et analystes des études de marché.
Le rapport sur «Les Métiers en 2030», réalisé par la Dares et France Stratégie fournit, également, un éclairage sur les déséquilibres potentiels entre les besoins de recrutement et le nombre de jeunes intégrant le marché du travail en France semble confirmer ces tendances.
En effet, selon ce document, les impacts de la crise de la Covid-19 avantagent fortement les secteurs de la santé et du numérique. Ils pénalisent, en revanche, les activités fondées sur les interactions sociales (hôtellerie-restauration, commerce, spectacles) et sur la mobilité (transports) qui créeraient moins d’emploi que par le passé, soulignent les rédacteurs de ladite étude.
Pour ces derniers, l’ambition climatique a été également accentuée par les politiques française et européenne, de même que la volonté de limiter la dépendance industrielle, avantageant respectivement la construction et l’industrie. Si l’avenir des métiers du numérique semble tout tracé, il n’en demeure pas moins que la construction serait stimulée par l’investissement et l’accroissement des besoins de rénovation des bâtiments pour répondre, notamment, aux exigences d’efficacité énergétique de la transition bas carbone.
«Après un cycle baissier de près de dix ans (80.000 emplois perdus entre 2009 et 2019), et poursuivant la reprise amorcée depuis 2017, le secteur (y compris les activités immobilières) afficherait une forte croissance, avec la création de 190.000 emplois entre 2019 et 2030». Les emplois du secteur industriel auraient aussi le vent en poupe.
En effet, selon Dares et France Stratégie, après avoir crû rapidement au cours des dix dernières années, la valeur ajoutée de l’industrie continuerait à progresser, au même rythme que le reste de l’économie, entre 2019 et 2030. Les effectifs des métiers industriels augmenteraient (voir infra), et la part de l’emploi industriel dans le total resterait stable à 10%.
L’emploi dans la production industrielle stricto sensu, étant en partie externalisé (intérim, conseil, distribution), baisserait légèrement, mais moins fortement que lors de la décennie écoulée. Cette inversion de tendance refléterait un ralentissement de l’externalisation et les bénéfices des politiques publiques engagées en matière de revitalisation du tissu industriel depuis les années 2010.
En revanche, relativisent les enquêteurs, l’emploi continuerait à se replier dans les secteurs de basse technologie, très concurrencés par les pays émergents (fabrication de caoutchouc plastique et de produits minéraux, métallurgie…) et dans la maintenance, confrontée à d’importants gains de productivité (maintenance prédictive assistée par ordinateur).
Enfin, les services généraux de l’administration continueraient leur repli, à l’instar de l’emploi agricole. Le maintien de taux d’intérêt bas et la numérisation des usages dans la banque et l’assurance devraient induire dans ces secteurs des gains de productivité préjudiciables à l’emploi. Des tendances qu’il serait intéressant d’évaluer au Maroc.
Le 2 mai 2022
Source web par : le site info
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vendredi 6 mai 2022
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