La taxe carbone doit être socialement plus acceptable
Le Senior Fellow au Policy Center For the New South (PCNS), Dominique Bocquet, a souligné la nécessité de mettre en place les moyens à même de rendre la taxe carbone socialement plus acceptable.
"La taxe carbone a beaucoup de mal à être acceptée par les populations, d'abord parce qu’elle pèse sur le citoyen mais surtout parce ce qu’elle pèse sur une population à faible revenu qui dépense une proportion importante de son revenu dans l’énergie", a relevé M. Bocquet qui intervenait lors d'un podcast réalisé par le PCNS sous le thème "Taxe carbone, permis d’émission, mécanisme d’ajustement aux frontières... de quoi parle-t-on justement ?", rapporte la MAP.
L’enjeu est de réussir l’acceptabilité de cette taxe et de sa tarification de manière générale par les populations via des propositions d’accompagnement pour plus de clarté et davantage d’égalité en matière de fiscalité carbone, a-t-il dit.
Evoquant les mécanismes qui peuvent concrètement contribuer à la lutte contre le changement climatique, l’expert a précisé qu’il existe deux types de mécanismes, réglementaires et incitatifs, insistant sur l'outil incitatif, synonyme de la "tarification carbone", et qui permet de donner au consommateur un signal de prix pour l’encourager à réduire les émissions carbones de manière adéquate.
Cette tarification carbone, a-t-il soutenu, "inclut en plus de la taxe carbone, le permis d’émission qui est un mécanisme qui a la même finalité de faire payer le prix du dommage causé à l’environnement sous forme de dépenses à subir".
Ces permis d’émission sont cependant limités à des quotas appliqués à des secteurs qui, bien que limités en termes d’activité économique, sont très fortement émetteurs, a-t-il expliqué, ajoutant qu’il s’agit notamment des secteurs du ciment, de l’aluminium, de l’acier, de la fabrication d’engrais et de la génération d’électricité.
S’attardant sur les recettes de ces taxes et les moyens de leur déploiement, M. Bocquet a fait savoir que l’idée de la tarification carbone est avant tout d’orienter le comportement. Mais, effectivement, les recettes qui en découlent sont aussi utilisées pour financer les dépenses d’adaptation au climat, pour l’isolation des logements ou encore investis en recherche et développement en matière d’automobiles électriques.
La lutte contre les émissions de carbone fait appel à deux familles d’instruments, la réglementation, qui consiste à imposer des normes obligatoires lorsque cela est possible et les incitations notamment économiques, à savoir la tarification carbone ou le "carbon pricing". Ces dernières sont jugées plus efficaces économiquement mais elles se répartissent elles-mêmes en différentes catégories, notamment la taxe carbone, le permis d’émission et le mécanisme d’ajustement aux frontières.
Le 24 Avril 2022
Source web par : libération
Les tags en relation
Les articles en relation
Zagora : crise hydrique et impact des cultures intensives sur les oasis
La province de Zagora est au cœur d’une crise hydrique sans précédent, exacerbée par des pratiques agricoles inadaptées, notamment la culture intensive d...
Le tourisme côtier marocain menacé par le changement climatique : une perte de 32% des emplois d�
Le tourisme côtier marocain, qui a montré de solides performances depuis la fin de la pandémie de Covid-19, est aujourd’hui confronté à une menace majeur...
#Maroc_INDUSTRIE_AUTOMOBILE : L’accélération industrielle automobile et ses bienfaits sur l’é
Pour l’économiste et Senior Fellew au PCNS, Henri-Louis Vedie, la filière automobile du Maroc a «atteint la taille critique de la résilience», grâce à ...
L’écolo bashing est-il un nouvel avatar du déni climatique type Don't Look Up ?
L’agitation médiatique créée par les jets de matières diverses sur les chefs d’œuvre de la peinture mondiale est-elle vraiment proportionnelle aux acti...
COP25 : "Les Etats essaient de se donner bonne conscience"
Le sommet international sur le climat s'ouvre lundi à Madrid, alors que ces derniers mois les jeunes Européens se sont fortement mobilisés, multipliant l...
CESE Maroc : consultations citoyennes sur formation et biodiversité
Le Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE) du Maroc a lancé deux nouvelles consultations citoyennes via sa plateforme participative « Ouchariko....
Investissements dans les énergies renouvelables : le Maroc 2e en Afrique
Avec des investissements de 9,36 milliards de dollars sur la période 2010-2021, le Royaume pointe en deuxième position en Afrique. Le premier rang revient à ...
LIONEL GOUJON : « L’EAU JOUE UN RÔLE CENTRAL DANS L’ATTEINTE DES OBJECTIFS DE DÉVELOPPEMENT D
La Conférence des Nations unies sur l'eau, du 22 au 24 mars à New York, doit aboutir à un programme d'action audacieux. Lionel Goujon, responsable de...
La vulnérabilité révélée par le covid-19 “nous interpelle nous, Marocains, Maghrébins, Sud-m
La vulnérabilité que la pandémie du nouveau coronavirus (covid-19) a révélée “nous interpelle nous, Marocains, Maghrébins, Sud-méditerranéens et Afri...
"Une technique déjà utilisée par les Romains" : comment des nappes phréatiques sont rechargées
Une expérimentation de recharge maîtrisée des nappes phréatiques a commencé en Haute-Garonne. L’objectif : trouver des solutions alternatives pour stocke...
Climat. Agriculture: avant la COP25, l'Afrique fait bloc autour du Maroc
A quelques semaines de la réunion internationale sur le climat (COP25) en Espagne, l'Afrique serre les rangs dans une coalition pilotée par le Maroc, pour...
Maroc : nouveau cycle du PAP II pour l’eau durable
Dans un contexte de stress hydrique croissant, le Maroc prépare une nouvelle phase du Programme d’Amélioration des Performances (PAP II), mené par l’ONEE...


mardi 26 avril 2022
0 
















Découvrir notre région