#GENOMES_HUMAINS_PROGRES_EN_IA: La première intelligence artificielle capable de créer des génomes humains
C'est une première : l'intelligence artificielle (IA) a permis de créer des séquences de génome humain entièrement artificielles, impossibles à distinguer des ADN issus de donneurs réels.
Connaissez-vous le site Thispersondoesnotexist (littéralement, "cette personne n'existe pas ") ? Il crée grâce à une intelligence artificielle des visages d'humains très réalistes mais totalement inventés. Une équipe européenne est allée plus loin encore, en créant des séquences entières d'ADN humain, là encore entièrement artificielles. Ces travaux surprenants sont publiés dans la revue PLoS Genetics.
Un algorithme capable de générer des génomes artificiels humains
"Les réseaux neuronaux génératifs ont été utilisés efficacement dans de nombreux domaines différents au cours de la dernière décennie, y compris dans l'imagerie photoréaliste", observent les auteurs de ces nouveaux travaux. En appliquant un concept similaire avec les données génétiques, les chercheurs ont entraîné leurs réseaux de neurones à l'aide de séquences issues de 2.500 personnes, stockées dans des banques de données. Le système devait générer des séquences aux caractéristiques similaires, puis mélangeait ses créations aux vrais afin de voir s'il parvenait à voir la différence. A force d'entraînement, les génomes artificiels générés ont fini par reproduire fidèlement les caractéristiques des vrais génomes, telles que les fréquences des allèles (les différentes versions d'un gène). Un des plus gros défis de ces travaux a d'ailleurs été d'en vérifier la fiabilité, explique à Sciences et Avenir Aurélien Decelle, co-auteur de ces travaux et chercheur à l'Université Paris-Saclay. "Nous avons donc passé un certain temps à étudier les propriétés statistiques des séquences générées", précise-t-il.
Seulement des séquences, et pas des génomes entiers
Ces génomes "réalistes" et "de haute qualité" sont une première, précisent les chercheurs dans la publication. Ce type de réseau de neurones avait déjà été utilisé en génétique pour la génération de courtes séquences, "de l'ordre de la dizaine ou de la centaine de paire de bases" (les briques constituant notre ADN, qui sont chez nous au nombre d'environ 3 milliards), explique à Sciences et Avenir Flora Jay, qui a co-dirigé ces travaux à l'Université Paris-Saclay. "Mais générer des séquences aussi longues (une dizaine de milliers de variants couvrant plusieurs millions de paires de bases) et dans le cadre de la génétique des populations, c’est-à-dire pour une grande diversité d’individus, est nouvelle, et constitue une grande avancée", ajoute-t-elle.
Résultat, ces génomes artificiels "ne sont pas différenciables des autres génomes de la biobanque que nous avons utilisée pour former notre algorithme, à l'exception d'un détail : ils n'appartiennent à aucun vrai donneur", explique dans un communiqué Luca Pagani, co-auteur de l'étude.
Pour autant, l'exercice n'est pas encore parfaitement au point. "L'un des principaux inconvénients est que, en raison des limites de calcul, ces modèles ne peuvent pas encore être exploités pour créer des génomes artificiels entiers", et doit s'arrêter à des bribes, expliquent les auteurs. De plus, les allèles très rares sont difficilement représentés par l'algorithme. Dernier défi, il faut "surveiller de près l’originalité des données générées, c'est-à-dire le fait qu’elles soient suffisamment différentes des génomes de véritables donneurs", appuie Flora Jay, précisant qu'il s'agit d'un sujet de recherche en cours.
Etudier le génome humain sans soucis éthiques liés aux données privées
Loin d'être sans autre objet que la prouesse scientifique en elle-même, ce type d'intelligence artificielle peut résoudre les problèmes éthiques associés aux banques de données génétiques. "En génétique des populations, les chercheurs doivent régulièrement comparer les données qu'ils ont produites à quelques génomes de référence ou parfois même à un large panel de référence. L’idéal est que ces génomes reflètent la diversité génétique", explique Flora Jay. Les génomes artificiels pourraient remplir cet office de façon fiable et sécurisée.
"Les bases de données génomiques existantes constituent une ressource inestimable pour la recherche biomédicale, mais elles ne sont pas accessibles au public ou sont protégées par des procédures d'application longues et épuisantes en raison de préoccupations éthiques valables", explique le premier auteur Burak Yelmen. "Les génomes artificiels peuvent nous aider à surmonter ce problème dans un cadre éthique sûr." Dans le futur, Flora Jay envisage que ces génomes artificiels "contribueront à des applications aussi diverses que la compréhension de notre passé évolutif ou l’épidémiologie médicale grâce à l’inclusion d’une plus large diversité génétique".
Le 12.02.2021
Source web Par : sciences et avenir
Les tags en relation
Les articles en relation
Digital X.0 : le Maroc trace sa stratégie pour l’intelligence artificielle
Le Maroc prépare une nouvelle ère numérique avec la loi-cadre Digital X.0, présentée par Amal El Fellah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Tr...
Intelligence artificielle : d’abord on innove, puis on détruit
Les changements technologiques sont des charnières. Et, à leurs débuts, nombreux sont les sceptiques. Mais il faut se souvenir que dans la théorie de Joseph...
La bataille des influenceuses IA : Kenza affronte Radia dans un duel annoncé
Pendant votre exploration virtuelle des méandres des réseaux sociaux, vous avez probablement croisé deux figures marocaines intrigantes : Kenza Layli et Radi...
Africa Risk-Reward Index 2024 : Opportunités prometteuses pour l'Afrique, avec le Maroc en exemple
L’Africa Risk-Reward Index 2024 met en lumière des perspectives encourageantes pour l'Afrique, tout en soulignant l'importance d'une compréhensi...
Conflit commercial : la Chine et le Canada ripostent aux taxes US
La guerre commerciale entre les États-Unis, la Chine et le Canada s'intensifie avec l'imposition de nouveaux droits de douane. Pékin a annoncé, ce ma...
Innovation et Expansion : Les Entreprises Marocaines en Plein Essor
Résilience des Entreprises Marocaines Face aux Enjeux Mondiaux Malgré un contexte économique mondial incertain, les entreprises marocaines démontrent une...
Tourisme et IA : une révolution que le Maroc ne doit pas manquer
L’intelligence artificielle transforme en profondeur l’industrie du voyage, redéfinissant l’expérience des touristes et les modèles économiques du sec...
Maroc reconduit a la DCO : souverainete numerique et IA
Le Royaume du Maroc a été reconduit pour la deuxième année consécutive au comité exécutif de l’Organisation de la coopération numérique (DCO), à l�...
La SCA24 explore l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies pour bâtir des villes
La 9e édition de la Conférence internationale sur les applications des villes intelligentes (SCA24) se tiendra les 2 et 3 octobre, sous le thème “Construir...
Comment Booking met les bouchées doubles pour rester leader
Le site de réservations de voyages est devenu incontournable pour les vacanciers et les hôtleiers. La patronne de Booking.com fait le point sur le fonctionnem...
TripAdvisor 2024 : 2,7 millions de faux avis supprimés, une lutte renforcée contre la fraude
Que penser des avis Tripadvisor ! Désormais devenu "culte", le "Transparency Report" de TripAdvisor pour l'année 2024 vient de rendre son verdict: que ce ...
Le Pentagone pense pouvoir prédire les événements avec plusieurs jours d'avance grâce à une IA
En relevant des informations de terrain normalement invisibles pour des analystes militaires, une combinaison d'IA, de cloud Computing et de capteurs pourra...


mardi 16 mars 2021
0 
















Découvrir notre région