Trafic des stupéfiants: Alerte rouge
Une demi-tonne à Harhoura, autant à Tan Tan,… la multiplication des saisies de cocaïne ces derniers jours remet sous les feux de l’actualité l’ampleur de ce trafic international. Le Maroc, devenu au cours de ces dernières années une plaque tournante, enregistre une hausse de l’activité des réseaux spécialisés.
Les volumes de drogue venant des pays d’Amérique latine à destination de plusieurs pays africains atteint des niveaux inquiétants. Ils confirment les capacités des réseaux à emprunter de nouvelles routes pour utiliser l’Afrique comme un carrefour principal de ce trafic. Les flux de cocaïne vers le Maroc transitent par la voie aérienne, en utilisant les vols commerciaux, ou par voie maritime via l’océan Atlantique.
Pour contenir ce phénomène qui progresse, des dispositions urgentes ont été prises, particulièrement à l’aéroport international Mohammed V de Casablanca. Elles ont permis de démanteler plusieurs réseaux actifs dans ce domaine. Pour rappel, au cours de l’année dernière, on avait procédé à la saisie de plus d’une tonne de cocaïne dans une seule opération.
Ce qui a abouti au démantèlement d’un grand réseau spécialisé dans le trafic international de la drogue, qui a des ramifications en Europe et en Amérique latine. Au cours de 2019, les services de sécurité ont saisi 800 kg de cocaïne lors d’une seule action, souligne un document remis aux députés lors de la discussion en commission autour du budget sectoriel du département de l’Intérieur.
40 millions de gélules de Tramadol interceptées en 2018
Tout ce trafic met le pays sous tension, surtout avec la progression de la consommation des psychotropes. Au cours de ces dernières années, l’Ecstasy, qui a conquis nos villes, arrive de l’Europe occidentale, dans des bagages non accompagnés, expédiés par des agences internationales de transport des voyageurs ou dans des cachettes dans des véhicules légers.
Selon le ministère de l’Intérieur, 40 millions de gélules de Tramadol ont été saisies au port Tanger Med en 2018. Ces produits illicites étaient cachés dans des conteneurs en provenance de l’Inde et en direction des pays subsahariens. Ce département rappelle qu’à fin août dernier, les services de sécurité ont procédé à la saisie de plus de 182 tonnes de chira, de 224 tonnes de cannabis et plus de 949 kg de cocaïne, sans compter 1,21 million de psychotropes.
La consommation de ces produits fait des ravages dans la société, particulièrement parmi les jeunes. A côté de ces ripostes, les autorités poursuivent la lutte contre la culture du cannabis dans les provinces du Nord, selon une approche progressive. Elle consiste à l’inscrire dans une perspective de développement, qui est un pilier central de la stratégie mise en œuvre dans ce domaine.
Le ministère de l’Intérieur a noté que les efforts continus ont permis de réduire les surfaces cultivées de 65%, passant à 47.500 hectares contre 134.000 auparavant. Ces chiffres sont tirés des dernières évaluations réalisées à partir des images satellites.
Au cours de 2018 et 2019, les pouvoirs publics ont mené des campagnes contre la propagation de cette culture illicite. Dans ce cadre, une série de mesures d’anticipation et d’urgence ont abouti à la destruction des centaines d’hectares consacrés à la culture du cannabis.
Outre les grands projets lancés dans le Nord, les provinces concernées par cette culture ont profité de plusieurs initiatives qui s’inscrivent dans le cadre du Plan Maroc Vert, l’INDH ainsi que d’autres programmes de développement au niveau local. L’Etat déploie des efforts en vue de trouver des solutions et de nouvelles alternatives de développement dans ces régions. Le choix stratégique et réaliste vise à éradiquer cette culture.
Avec ces initiatives, les autorités veulent aider la population à se débarrasser progressivement d’une idée centrale: compter sur les ressources générées par cette culture illégale. Le but est de les convaincre d’adhérer à une approche participative dans cette lutte. Il s’agit de la protection des cultivateurs contre les tentations des réseaux criminels qui s’activent dans ce secteur.
En dépit de ces efforts, le trafic international de drogue utilise la voie maritime par des réseaux spécialisés dans ce domaine. Ceux-ci exploitent toute l’étendue du littoral marocain pour exécuter leurs opérations avec des méthodes régulièrement renouvelées.
Par ailleurs, la hausse de la demande mondiale en matière de cannabis et l’orientation continue vers son autorisation dans plusieurs pays d’Europe s’opposent aux conventions internationales. Des obstacles géostratégiques anéantissent les efforts accomplis par le Maroc pour éradiquer cette culture illicite des provinces du Nord.
Renforcer la coopération
Face aux dangers causés par la drogue au niveau sécuritaire, social et sanitaire, le ministère de l’Intérieur maintient sa détermination. Cela, à travers une série de mesures dont l’une vise le renforcement de la coordination sécuritaire pour combattre les réseaux criminels qui s’activent dans le domaine du trafic international. Cette mesure est complétée par la consolidation de la collaboration avec les organisations internationales spécialisées en matière de recherche de nouvelles alternatives de développement dans les zones de culture du cannabis. Il faudra conforter la contribution des pays subsahariens et du Sahel dans le domaine de l’échange d’expertises et d’expériences dans la lutte contre le trafic international de cocaïne.
Cette mesure doit être étendue à l’Union européenne. Par ailleurs, il faudra préparer une campagne de sensibilisation aux dangers des drogues dures et des psychotropes chez les jeunes.
Le 25/11/2019
Source web Par l’économiste
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jeudi 28 novembre 2019
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