Immobilier : le marché n’est pas près de se redresser
Comme prévu, les MRE n’ont pas contribué à la dynamisation du marché immobilier. La clientèle locale attend toujours une régulation des prix. Toutes les grandes villes sont engluées dans la morosité.
Le secteur immobilier reste très calme. On pourrait même le qualifier de sinistré, vu les indicateurs qui sont en berne et à la lumière des dires des uns et des autres professionnels du marché. Même la consommation nationale du ciment, qui a montré des signes de reprise au début de l’année, s’est essoufflée pendant la saison estivale, marquant une amélioration de 2,1% au terme du premier semestre, après un rebond de 7,8% les trois premiers mois de l’année.
De son côté, l’encours des crédits accordés au secteur immobilier s’est amélioré de 3,3% à fin juin de cette année, après une progression de 4,1% un an auparavant. Toutefois, cette augmentation est allouée essentiellement à l’encours des crédits à l’habitat avec un accroissement de 4,9% contre un recul des prêts alloués à la promotion immobilière de 0,6%.
Les investisseurs étrangers ont levé le pied
Cette augmentation de l’encours des crédits acquéreurs n’est pas significative, sachant que 10 années auparavant, elle atteignait 30% en moyenne. Les promoteurs continuent de souffrir de méventes. Pour certains d’entre eux, l’été devait constituer une période idéale pour céder quelques biens aux MRE, notamment. Mais même cette cible qui animait historiquement le marché pendant cette saison ne s’est que rarement manifestée cette année, comme le prévoyaient les opérateurs du marché. D’ailleurs, cela fait quelques années que les MRE, et les étrangers également, ont levé le pied sur leur investissement dans la pierre au Maroc.
Hassan Slaoui, notaire à Casablanca, confirme ce constat. «Une légère euphorie ponctuelle provenant des MRE a marqué la période. Cela dit, la demande a été destinée essentiellement au logement social et il s’agissait de concrétisation de réservation et non d’une nouvelle demande». Cette situation a été palpable, au Smap Immo à Paris en juin dernier, où la plupart de la clientèle s’intéressait davantage au segment social et venait principalement pour prendre le pouls du marché.
Le prix seul ne suffit pas à faire revenir la demande
La clientèle nationale, qui constitue le principal baromètre de l’immobilier résidentiel, est dans l’attentisme. «Ce qui est surprenant et en même temps particulier au Maroc, explique un promoteur, c’est que les pays qui ont été frappés par la crise immobilière ont réussi pour la plupart à se relever. Ici, il ne s’agit même pas d’une crise à proprement dit, et pourtant…»
En fait, tout le marché est en mutation. Si les promoteurs tendent à se professionnaliser, les acquéreurs potentiels, eux, ont fait évoluer leurs exigences. De plus, ce qui crée cette inadaptation entre l’offre et la demande réside essentiellement dans le type de bien, son agencement, son architecture… Le prix n’est pas le seul facteur, comme le signale Mohammed Lahlou, président de l’Association marocaine des agents immobiliers (AMAI). «Même avec une baisse des prix, le secteur ne va pas se redynamiser». Et pour cause, plusieurs autres éléments entre en lice, dont l’inexistence de produits adaptés à la classe moyenne, la réticence des banques à financer l’acquisition, ou encore l’inexistence de mesures phares pour redresser le secteur. Rappelons toutefois que le ministre de l’habitat avait annoncé quelques mois auparavant une stratégie de relance de l’habitat qui comprend plusieurs mesures d’ordre réglementaire, foncières, locatives… mais qui n’ont pas encore vu le jour.
Cette analyse qui prévaut essentiellement à Casablanca, poumon économique du pays, vaut pour les autres villes. Rabat n’est pas des moindres. Hormis quelques quartiers de haut standing tels que l’Orangeraie où la demande s’est bien manifestée, les autres pâtissent de méventes également. Du reste, le marché est en pleine léthargie à Marrakech, Tanger, Agadir et l’est encore plus à Fès et Meknès. Du côté des prix, aucune évolution remarquable n’a été relevée. Ils stagnent dans les principales villes, soit Casablanca et Rabat, et sont en légère baisse dans d’autres, comme Fès, Meknès, Marrakech…
Une année supplémentaire sous le signe de la morosité
La situation dans laquelle opère le secteur est d’autant plus contradictoire quand on sait que le déficit en logements est de 400 000 unités et que le taux d’urbanisation s’accroît d’année en année. En tout cas, le secteur n’est pas près de se relever, aux dires des promoteurs et agents immobiliers. Mohammed Lahlou, président de l’Association marocaine des agents immobiliers (AMAI), se veut même pessimiste quant à l’avenir du secteur. Il souligne en substance que tant qu’aucune mesure importante ne sera pas prise, le marasme persistera. Pour sa part, Taoufik Kamil, président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI), insiste sur la classe moyenne et la nécessité de mettre en place un segment de logements adapté à son pouvoir d’achat. Cela va sans dire que l’implication ne devrait pas provenir des promoteurs immobiliers seulement, mais aussi des banques, qui devraient concevoir des produits de financement à même de satisfaire cette clientèle.
Le 12 septembre 2019
Source web Par La Vie Eco
Les tags en relation
Les articles en relation
Tourisme au Maroc : Un record historique avec 15,9 millions de visiteurs à fin novembre 2024
Le tourisme marocain continue de briller, atteignant un nouveau record historique avec 15,9 millions de visiteurs enregistrés à fin novembre 2024, selon un co...
Résidences fermées, un concept en émergence au Maroc
Ce phénomène urbanistique prend de plus en plus d’ampleur Ce concept à l’américaine a démarré au Maroc dans les grandes villes où des lotissements...
Anis Birou : "Les MRE sont vivement animés par une la volonté de contribuer au développement du M
Les Marocains Résidant à l'étranger (MRE), toutes générations confondues, sont vivement animés par une la volonté de contribuer au développement du ...
Le Maroc explose les compteurs du tourisme avant 2026
Le secteur du tourisme marocain continue de briller sur la scène internationale, confirmant son rôle crucial dans l'économie nationale. Avec une performa...
Tourisme au Maroc : 4 millions de visiteurs à fin mars 2025
Le secteur touristique marocain poursuit sa forte dynamique en 2025, avec un total de 4 millions de touristes accueillis à la fin du mois de mars, soit une hau...
Plus de 5 millions de touristes choisissent la destination Maroc
Hausse de 10% des arrivées touristiques au premier semestre, selon l’Observatoire du tourisme Les indicateurs touristiques ont poursuivi leur tendance pos...
Record touristique au Maroc : 1,3 million d'arrivées en avril 2024
Le secteur touristique marocain a enregistré un nouveau record avec 1,3 million d'arrivées aux postes-frontières en avril 2024, ce qui représente une ha...
Tourisme : le Maroc en passe de battre le record de 2019, les Français indétrônables
L’Observatoire du tourisme vient de publier les chiffres du secteur pour le mois d’avril 2023. Arrivées, nuitées, recettes, marchés émetteurs… Voici l...
Tourisme estival : « Un premier bilan post-crise très prometteur » (F.-Z. Ammor)
À la veille du mois d'août, Médias24 a sollicité la ministre du Tourisme pour un premier bilan de la saison estivale. Selon Fatim-Zahra Ammor, la dynami...
Réserves de change: Tourisme, la machine à sous s’essouffle
La croissance du flux net des recettes voyage très erratique Les envois des fonds par les MRE tiennent bon, mais… Les moteurs à l’export -automobile...
Les transferts des MRE en hausse de plus de 8%
Le repli des IDE est atténué par un net accroissement du rythme d’évolution des recettes touristiques et des transferts des Marocains résidents à l’ét...


mardi 17 septembre 2019
0 
















Découvrir notre région