La dépression au Maroc: Ce n’est pas un mythe !

La maladie mentale a toujours fait l’objet d’un débat dans les pays d’Afrique du Nord. Plusieurs opinions, arguments et visions s’affrontent et laissent le débat encore plus enflammé. Bien que notre voisin européen semble déployer des efforts pour lutter contre ce virus qui empoisonne notre jeunesse, les associations marocaines semblent encore avoir du mal à obtenir la reconnaissance dont elles ont besoin pour mieux fonctionner.
Quand nous parlons de maladie mentale, on ne veut pas forcément dire des tueurs en série psychotiques, bien qu’elle ait un rôle à dans la transformation de ces personnes, normalement, basiques en meurtriers assoiffés de sang. Appelée la bête ou le chien noir, on parle de dépression.
Il est toujours clair que les familles marocaines refusent d’admettre l’existence de cette maladie qui a coûté tant de vies. Un trait partagé par beaucoup de Nord-Africains à l’horreur des psychanalystes.
Mais d’abord, qu’est-ce que la dépression?
La dépression peut être définie comme «un état d’humeur basse et l’aversion pour l’activité physique. Elle peut affecter les pensées, le comportement, les sentiments, les tendances, et le sentiment de bien-être d’une personne».
Les symptômes du trouble sont marqués par la tristesse, l’inactivité, la difficulté à la pensée et la concentration et une augmentation / diminution significative de l’appétit et du sommeil. Bien que le premier argument invoqué lorsqu’un membre de la famille soit touché par la dépression soit « la maladie mentale n’existe pas, c’est juste dans ta tête ». Ce n’est pas vrai.
En fait, de nombreuses recherches prouvent que la dépression, l’anxiété et toute autre maladie mentale ont un impact très réel et biologique sur notre corps.
Scientifiquement parlant, les niveaux élevés de cortisol (hormone du stress) sont associés aux périodes de stress. Les taux de cortisol diminuent généralement à des taux normaux une fois que le stress est passé. Toutefois, chez les patients déprimés, les taux de cortisol semblent être en permanence élevés.
De plus, les recherches montrent de plus en plus le rôle de la dopamine (hormone qui augmente les concentrations d’anti-amines et a des effets antidépresseurs). Les niveaux de dopamine sont systématiquement faibles chez les patients déprimés et leur réduction expérimentale est associée à une incapacité à ressentir du plaisir et diminution de la performance sur une tâche est axée chez les personnes présentant un risque accru de dépression.
Par conséquent, si quelqu’un vous dit que la dépression n’a pas d’effet sur le corps, conseiller lui un médecin. Il sera peut-être testé positif d’un niveau de déni élevé.
Malheureusement, dans la société marocaine, c’est toujours un «sujet à ne pas parler» au sein des familles. Quoique, l’environnement change, les médias sensibilisent sur ce sujet et le gouvernement invite les familles à faire des contrôles psychiques.
«Sur le terrain, on peut constater une bonne évolution»
Mais il semble toujours que la société garde la loi d’omerta face à cette maladie, mais les chiffres sont clairs. Un Marocain sur quatre est déprimé, 26% de la population à des troubles mentaux similaires.
À ce stade, nous ne parlons pas d’un enfant ou de deux; c’est une échelle beaucoup plus grande qui varie selon l’âge et le statut social.
Sur le terrain, c’est beaucoup plus inquiétant, les enfants n’ont pas le droit d’exprimer leur douleur et ne peuvent pas parler du fait qu’ils peuvent souffrir de dépression, d’anxiété ou de troubles de panique. Ils ne sont pas libres de demander un examen médical à un psychologique; parce que c’est «pour les fous».
«La psychologie, est encore associée – dans l’esprit de plusieurs – à la maladie des fous. Parce qu’effectivement, on considère que tous les professionnels psychologiques s’occupent des maladies et troubles mentaux graves chez des personnes qui présentent un comportement dangereux. Et donc la peur d’associer leur enfant à cette image-là, leur fait dire que la psychiatrie n’est pas une solution», explique, docteur Bouchaîb Karroumi.
Que ça soit l’orgueil, la peur, la honte ou l’ignorance, la santé mental des personnes touchées est en dépend de ces réactions. «Certes, la société est entrain de changer, mais l’association reste toujours présente», ajoute le docteur
«Quand il y a des symptômes qui touchent l’équilibre psychique de l’enfant par exemple, les troubles psychologiques peuvent influencer ses études. Un enfant qui est déprimé ou angoissé et qui a des manifestations psychologiques gênantes, va avoir des difficultés scolaires. Et donc, c’est ça le risque. Quand on ne fait pas attention à cet aspect, on va laisser évoluer les choses vers un stade plus difficile. En plus de la souffrance psychologique, il va subir un échec scolaire et va mettre son avenir social en danger, parce qu’on la pas aider à résoudre ses difficultés psychologiques», explique Dr Karroumi.
La dépression présente un danger éminent, que ça soit au niveau de l’enseignement, la famille, le travail ou simplement des interactions sociales. L’ignorer ne fait qu’aggraver les choses. Nous vivons dans une culture extrêmement compétitive qui récompense les réalisations et les succès.
Nous n’avons plus le droit de nous sentir faible ou de demander de l’aide. Notre quête du bonheur et du bien-être devient terriblement mal dirigée. Les exigences de notre culture à la fois intense et névrosée contraignent notre équilibre émotionnel et psychologique bien au-delà de son équilibre confortable. Nous devons désormais ouvrir nos esprits et être à l’écoute de chaque cri d’aide qu’on pourrait rencontrer, et si on n’en a besoin : Il suffit de demander.
Le 15 Sep 2019
Source web Par hespress
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