Banques participatives: un bilan encourageant, malgré les énormes lacunes du système
Elles ont servi depuis leur création, il y a un peu plus d'un an, pas moins de 4,7 milliards de financements, dont la grande majorité pour l'achat de logements. Une belle performance quand on sait que ces banques naviguent dans un écosystème encore incomplet. Le point.
L’année 2018 a été le premier exercice plein pour les huit banques et fenêtres participatives marocaines. Un premier exercice qui s’est soldé par un volume de financements que l’on peut qualifier d’important, eu égard aux carences que présente encore l’écosystème de la finance participative au royaume.
Ce sont près de 4,7 MMDH de financements qui ont été octroyés par les banques particpatives depuis leur démarrage, selon les dernières statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib.
Rien que par rapport au mois d'octobre 2018, cet encours a progressé de près de 23%.
La Mourabaha immobilière représente 85% de l'encours des crédits
La Mourabaha immobilière représente un peu plus de 4 MMDH, soit plus de 85% de l'encours global. Il faut dire que l'habitat, notamment les logements principaux, représente le premier besoin en termes de financement pour beaucoup de clients qui ont longtemps attendu des solutions conformes à leurs convictions.
L’encours de la Mourabaha automobile et celui du financement participatif à l’équipement s’est situé à 391 MDH, en progression de 36% par rapport à octobre 2018.
Pour sa part, l’encours des dépôts a terminé l’année sur 1,1 MMDH. Très loin des 4,7 milliards de crédits distribués.
Face à l'importance des financements octroyés, les banques participatives ont donc dû se refinancer auprès de leurs sociétés mères, et ce en attendant d'émettre leurs propres Sukuk.
Selon les dernières statistiques monétaires de Bank Al Maghrib, l'encours du refinancement global auprès des banques à travers la "Wakala Bil Istithmar", en plus des dépôts à vue reçus des banques mères, a atteint 1,24 MMDH.
Un écosystème embryonnaire et incomplet
En dépit des performances prometteuses des premières banques et fenêtres participatives pour 2018, il faut dire qu’il est encore assez tôt pour véritablement cerner la place des financements participatifs dans le microcosme financier marocain.
En cause : un écosystème incomplet, aussi bien en matière de solutions de financement supplémentaires que de solutions d’investissement ou d’assurance.
En effet, bien que la Mourabaha reste le financement de prédilection des adeptes de la finance islamique, d’autres contrats ou produits de financement sont dans le pipe et promettent d'autres apports plus innovants.
Mais pour l’instant, les professionnels s'impatientent plutôt pour l'entrée en vigueur de l'assurance Takaful, prévue probablement pour le troisième trimestre de l'année en cours, qui rendra les financements Mourabaha plus attrayants, mais surtout plus sûrs.
Car rappelons le, l'absence d’assurance Takaful met en danger le client ayant contracté le financement participatif qui, en cas de survenance d’une situation qui ne lui permet plus de s’acquitter de ses traites (décès, invalidité temporaire ou définitive, etc.) ne peut activer une assurance qui lui permettra de faire face à ce risque.
C'est pour cela que l'octroi d’un financement Mourabaha à l’heure actuelle s’accompagne d’une condition bien spécifique, engageant le client à souscrire à une assurance Takaful dès que celle-ci deviendra opérationnelle.
Cela étant dit et en dépit de toutes ces lacunes, il faut dire que les banques participatives démarrent à un rythme correct, malgré tous les obstacles. Mieux encore, elles ont permis de répondre jusqu'à présent à un besoin de financement qui n'était pas adressé par le circuit classique.
Le 12/02/2019
Source web : le boursier
Les tags en relation
Les articles en relation
Collectivités territoriales: Les charges de personnel ont atteint 11,2 MMDH en 2016
Les charges du personnel des collectivités territoriales ont atteint 11,2 MMDH en 2016, soit 49,9% des dépenses de fonctionnement, indique la Cour des comptes...
Retour des neiges au Maroc : un spectacle menacé
Les sommets enneigés du Maroc, qui offrent des paysages à couper le souffle, racontent une histoire géologique fascinante et complexe. Jadis situé sous les ...
Le secteur de la banque et de l’assurance résiste bien face à la crise
La croissance de l’économie nationale devrait s’accélérer à 4% en 2023 au lieu de 1% en 2022, selon Bank Al-Maghrib La croissance de l’économie na...
L'Université Mohammed VI Polytechnique soutient les startups innovantes
L'Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) s’apprête à lancer, le 26 juin courant à Casablanca, un programme d’accélération destiné aux startu...
Le blocage persiste au niveau des investissements
Bank Al-Maghrib n’a pas répondu aux attentes du monde des affaires. Dans une conjoncture peu favorable, les investisseurs attendaient un geste pour relancer ...
Exclusif. Abdellatif Jouahri: «La libéralisation de la règlementation de change pourrait marquer
Dans un entretien pour Le360, le wali de Bank Al-Maghrib n’exclut pas un resserrement temporaire de la réglementation de change en cas de choc extrême. Si l...
OMM : Cycle de l’eau gravement perturbé en 2025
L’Organisation météorologique mondiale (OMM) alerte sur un dérèglement alarmant du cycle de l’eau à l’échelle planétaire. En 2024, année la plus c...
Les zones humides disparaissent trois fois plus vite que les forêts
La Convention internationale sur les zones humides a averti jeudi que ces écosystèmes, parmi les plus riches du monde pour leur biodiversité, disparaissaient...
Investisselents : Moulay Hafid Elalami s'exprime sans langue de bois
Depuis qu’il a quitté le gouvernement il y a plus de deux ans, et pour sa première apparition, Moulay Hafid Elalamy a gratifié un parterre de politiques et...
320 milliards de DH de cash manipulé par les Marocains, du jamais vu depuis 30 ans !
• Ils ont fait circuler 2,1 milliards de billets et 2,9 milliards de pièces de monnaie, soit des progressions respectives de 17% et 2% ! • Pour faire fa...
Que sait-on d'Ithmar Capital, le fonds souverain marocain?
Depuis qu’il a rejoint le Forum mondial des fonds souverains en 2015, Ithmar Capital doit faire preuve de conformité à des principes et bonnes pratiques dé...
«La Palme de l’Oasis 16» MAROC : PLAN 2025-2028 PROGRAMME PROJETE DE 155 BARRAGES
L’AMDGJB PROPOSE LA STRATEGIE : DU BARRAGE-OUVRAGE AU BARRAGE-ECOSYSTEME ! Nous saluons l'initiative volontariste de Monsieur le Ministre de l'...


mercredi 13 février 2019
0 
















Découvrir notre région