Economie bleue: Chami veut impliquer les régions
Les moteurs de croissance identifiés dans l’économie bleue se répartissent en deux catégories, en fonction de leur caractère productif ou marchant. Ainsi, le secteur de la pêche représente 2% du PIB (activité de valorisation comprise) et génère près de 700.000 emplois directs et indirects. Quant à la filière d’aquaculture, elle n’a pas encore véritablement décollé en dépit du fort potentiel que le Maroc offre en la matière. Il s’agit d’une production d’environ 510 tonnes par an. La stratégie Halieutis a pour objectif de produire 200.000 tonnes de produits aquacoles pour un chiffre d’affaires de 5 milliards de DH et 3 milliards de DH d’exportations des produits de la mer à l’horizon 2030. Autre moteur de croissance à développer, la construction et les réparations navales. Il s’agira de faire face à une forte demande non satisfaite par la production nationale. Une stratégie a été lancée pour faire du Maroc un hub pour la construction navale pour des navires pouvant aller jusqu’à 120 m. Le démantèlement des navires pourrait également représenter de nouvelles opportunités pour dynamiser le secteur. Les biotechnologies marines ne sont pas en reste. Elles présentent des applications industrielles à fort potentiel et le Maroc détient une grande richesse en biodiversité, mais qui reste sous-exploitée. Le marché de la biotechnologie marine a plusieurs secteurs d’application comme la pharmacie, le cosmétique, la protection des cultures, la biotechnologie industrielle et les produits botaniques (Ph. L’Economiste)
D’emblée, Ahmed Chami a placé la barre haute. Le nouveau président du Conseil économique, social et environnemental (CESE) s’est fixé un défi: faire en sorte que les rapports préparés ne restent pas moisir dans les tiroirs. Il a l’idée de sensibiliser le gouvernement, les ministères et les collectivités territoriales afin de s’approprier les différents travaux réalisés par le Conseil qui pourraient leur servir dans l’élaboration des politiques publiques.
Le challenge n’est pas aisé d’autant que le Conseil ne dispose pas de moyens institutionnels pour les convaincre de prendre en considération ces documents. En tout cas, l’ancien ministre semble déterminer: «Ce n’est qu’à travers une action de plaidoyer commune et concertée que nous pourrons relever le défi de promouvoir une économie bleue, inclusive, innovante et respectueuse des équilibres naturels. Une économie qui soit au service du développement humain et qui est susceptible de constituer un des piliers du nouveau modèle de développement attendu».
Il veut le démarrer par un accompagnement et un suivi des régions dans l’implémentation territoriale de la stratégie nationale de l’économie bleue, préconisée par le rapport. L’idée est que ce produit figure dans les PDR (Plans de développement régionaux).
D’ailleurs, sur les 12 régions que compte le Maroc, 9 disposent d’une façade maritime. Cet effort d’accompagnement devrait porter, notamment, sur l’insertion des femmes et des jeunes, à travers la promotion des nouveaux secteurs innovants qu’offre l’économie bleue.
Ahmed Chami a soulevé la question phare du rapport qui recommande l’élaboration d’une stratégie nationale d’économie bleue de manière concertée avec l’ensemble des parties prenantes, et notamment les collectivités territoriales, le secteur privé et la société civile. Cela devrait se dérouler au niveau national et territorial, et définir les mesures d’intégration des orientations arrêtées dans les politiques publiques.
Pour le président de la Commission de l’environnement et du développement durable, Khalil Bensami, l’idéal est de confier la gouvernance de cette stratégie à une commission interministérielle dédiée, placée auprès du chef du gouvernement. C’est la meilleure façon d’optimiser la coordination entre tous les acteurs concernés et les politiques sectorielles qui souffrent d’un manque flagrant de convergence.
Selon le document, cette «stratégie doit être durable et inclusive, adaptée aux vocations territoriales et déployée autour des secteurs économiques traditionnels comme la pêche, le tourisme, les activités portuaires…».
Il s’agit aussi de développer de nouveaux secteurs porteurs à forts potentiels de croissance. Le rapport cite l’aquaculture, l’écotourisme, les bioproduits marins ou les biotechnologies, la construction navale, les énergies…
Les projets relatifs à la mise en œuvre de cette stratégie devraient être à la fois élaborés en concertation avec les citoyens et les acteurs concernés, tout en ayant pour objectif cardinal de favoriser l’accès aux services et aux ressources maritimes à toutes les catégories sociales.
Le président a également abordé l’investissement dans la recherche et l’innovation, considéré comme l’un des axes incontournables pour le développement des différents secteurs de l’économie bleue. En effet, la connaissance des milieux marins permet d’assurer le déploiement et la viabilité de secteurs maritimes sur la base d’une approche éco-systémique.
C’était lors de la rencontre consacrée à la présentation du rapport sur l’économie bleue comme pilier d’un nouveau modèle de développement, élaborée sur la base d’une approche participative. A cette occasion, Khalil Bensami rappelle que le Maroc souffre de l’absence d’une planification spatiale maritime.
Pour rappel, l’économie bleue concerne les activités de transport maritime, portuaires, le dessalement de l’eau de mer, les plages, le tourisme, l’exploitation minière,… Le rapport recommande de développer les outils de coordination des politiques sectorielles afférentes à l’économie bleue et les critères de régulation et d’arbitrage entre les acteurs publics et privés. Pour cela, la mise à jour de l’arsenal juridique et institutionnel doit être adaptée aux objectifs de la stratégie bleue.
Le 31janvier 2019
Source web : leconomiste
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samedi 2 février 2019
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