Domiciliation d’entreprises: Beaucoup de zones d’ombre
La durée d’hébergement non limitée, pas de définition de l’activité…
La loi vient d’être publiée au Bulletin officiel
Un an pour se mettre en conformité à partir de la publication des décrets
Après neuf ans de tractations, la loi sur la domiciliation d’entreprises a été enfin publiée au Bulletin officiel (n°6745 du 21/01/18)). Pourtant, le contenu de la loi indique que les préoccupations fiscales ont été plus fortes que d’autres considérations. (Voir L’Economiste n°5215 du 22/02/2018).
Ainsi, parmi les aspects qui ont été occultés l’on peut citer la nature juridique de la domiciliation elle-même. «Est-ce un contrat de sous-location, une prestation de service?» s’interroge Me Kamal Habachi, avocat d’affaires chez HB Law Firm LLP.
De plus, le conseil signale que la loi parle «d’un contrat de domiciliation limité, renouvelable sans limite. D’où la problématique du siège social de l’entreprise, notamment celle des éléments constitutifs du fonds de commerce, du droit au bail, etc.». L’avocat soulève également la question des difficultés de notification et d’exécution des jugements. Un problème structurel et qui représente le cauchemar des banquiers.
Toujours sur le plan judiciaire, «un domiciliataire peut toujours refuser de réceptionner un courrier et au moment de l’exécution, l’huissier dresse généralement un PV de carence pour absence de la société. Ce qui peut être un moyen pour échapper à un jugement»,
La loi reste également silencieuse au sujet de la «problématique de la liquidation de la société domiciliée. Dans ce cas, il n’y a rien à liquider».
L’avocat suggère donc que la «loi soit mieux recadrée par des mesures juridiques concrètes pour lutter contre les cas de fraude fiscale et d’escroquerie aux tiers de bonne foi. Il faut également limiter dans le temps et dans l’espace la domiciliation sous peine de sanctions pénales contre les dirigeants, notamment par un système de blocage au niveau de certaines administrations comme le fisc, la CNSS ou le registre de commerce».
Il est évident que la loi comporte un gros chapitre sur les implications fiscales des entreprises domiciliées. C’est le point nodal qui avait longtemps retardé la publication du texte. Bien que non définie, l’activité est désormais réglementée. Elle reste ouverte pour peu que l’investisseur qui souhaite se lancer dans la domiciliation d’entreprise dispose d’un local.
La loi prévoit l’obligation de faire signer à l’entreprise (personne morale ou physique) un contrat à durée déterminée renouvelable. Aucune restriction n’a été prévue au sujet du nombre de fois qu’un contrat peut être reconduit. Un décret devra encore en fixer le modèle.
Le domiciliataire est tenu de fournir à l’administration fiscale, à la Trésorerie générale du Royaume (TGR) et éventuellement à la douane la liste mise à jour des entreprises clientes, et ce avant le 31 janvier de chaque année. Lorsqu’un courrier recommandé adressé par le fisc à l’entreprise domiciliée ne peut lui être remis, le domiciliataire doit aviser les services des Impôts et la TGR dans un délai de 15 jours.
L’activité de la domiciliation est ouverte aux personnes morales et physiques sur simple déclaration à condition d’être en situation fiscale et sociale régulière, de posséder un local… Un décret devra encore définir le contenu de la déclaration. Aucune restriction de nationalité n’a été prévue par la loi. Du coup, des investisseurs étrangers pourraient débarquer. Le premier à s’être positionné est le luxembourgeois Régus, qui dispose d’une soixantaine de filiales à travers le monde.
Les opérateurs disposent d'un délai d'un an pour se conformer à partir de la publication des décrets d'application.
Infractions et sanctions
Le secrétariat au greffe, l’administration fiscale et éventuellement la douane doivent être informés de la fin du contrat de domiciliation ou de sa résiliation dans un délai d’un mois. Ce qui permet de dégager la responsabilité du domiciliataire. Ce dernier doit permettre aux agents de recouvrement publics l’accès aux documents de l’entreprise pour pouvoir retracer son dirigeant. A l’expiration du contrat, ces documents devront être conservés pendant cinq ans. En cas de non-respect de ces obligations précises, le domiciliataire est fiscalement responsable avec l’entreprise domiciliée.
Les structures disposant déjà d’un siège au Maroc ne sont pas autorisées à recourir à la domiciliation et il n’est pas permis d’être domicilié auprès de plus d’un opérateur. Les amendes prévues varient entre 5.000 et 20.000 DH selon l’infraction.
Le 28 janvier 2019
Source web Par L’économiste
Plaquette de l'AMDGJB-Geoparc Jbel Bani
Les tags en relation
Les articles en relation
CRI
Les CRI sont décevants. Signes qui ne trompent pas: la haute fonction publique ne se bouscule pas pour prendre ces postes. Les employés se plaignent de leurs ...
Les IDE marocains en Afrique représentent 60% des flux sortants
Le Royaume compte parmi les premiers investisseurs africains de l’UEMOA et de la CEMAC Les investissements marocains en Afrique ont connu une forte croissa...
Forte impulsion du secteur privé marocain en Afrique subsaharienne
Le secteur privé marocain a enregistré une très forte impulsion en Afrique subsaharienne au cours des dernières années, selon une enquête du cabinet inter...
Les créations d’entreprises reprennent en 2021
Les créations d'entreprises sont réparties en 2021 puisqu’on ne compte pas moins de 104.748 nouvelles structures enregistrées au Registre de commerce. ...
Fonds Mohammed VI pour l'investissement : les fonds sectoriels arrivent (Fettah)
La ministre de l'Économie et des Finances, Nadia Fettah, a indiqué lundi, que des fonds sectoriels relevant du Fonds Mohammed VI pour l'investissement...
Le Maroc, Moteur des Investissements en Afrique : Analyse d'un Rapport de l'OCDE et de l'Union Afric
Selon un rapport conjoint de l'OCDE et de l'Union Africaine sur l'investissement dans le développement durable en Afrique, le Maroc se démarque co...
Sage Africa Tour Casablanca : IA, cloud et digitalisation au Maroc
Sage, leader mondial des solutions de gestion, a organisé à Casablanca une étape majeure du « Sage Africa Tour » afin de présenter ses dernières innovati...
PLF 2025 : nouvelles mesures fiscales pour l'achat de voitures de tourisme par les entreprises
Le Projet de Loi de Finances (PLF) 2025 introduit des modifications significatives en matière de fiscalité automobile, offrant de nouvelles opportunités d...
Factoring : La crise est aussi passée par là
? Pour l’année en cours, les acteurs du secteur s’attendent à un recul de l’activité qui devrait osciller entre 7 et 9%. ? L’activité de l’affa...
Excellent e analyse des dispositions prises par le maroc pour consolider les facteurs clés du déve
Le Maroc dispose des facteurs clés de développement à même de booster sa croissance économique à l'avenir (OBG) Le Maroc dispose des facteurs cl�...
Maroc - Israël : Des flux touristiques en progression suite au rapprochement
Près de 1.400 Marocains ont visité Israël jusqu'à présent, dont près de 200 visiteurs pour le seul mois d’avril 2023, soit une augmentation de 100 %...
TVA sur les énergies renouvelables : une aubaine pour les grands acteurs, quid des PME/PMI ?
Réduction de la TVA sur l’énergie renouvelable au Maroc : une fausse bonne idée ? Alors que le gouvernement cherche à encourager la transition énergétiq...


jeudi 31 janvier 2019
0 
















Découvrir notre région