Comment tirer profit du dividende démographique?
L’Observatoire national du développement humain (ONDH) se greffe sur le débat autour du dividende démographique. Cet organisme a élaboré une étude sur ce sujet, en partenariat avec le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP). En attendant la version définitive de ce document, les premiers résultats ont été présentés par Youssef Courbage, directeur de recherches à l’Institut national d’études démographiques à Paris, jeudi dernier à Rabat.
L’objectif de cette démarche est de «permettre l’analyse des retombées de la transition démographique, à l’œuvre au Maroc, sur les principaux indicateurs en matière de chômage et d’emploi». Ceci est d’autant plus important que «le dividende démographique est une potentialité que les pays doivent saisir». C’est ce qui s’est passé notamment dans certains Etats asiatiques, qui avaient popularisé le concept.
Dans ces Etats, «un tiers de la croissance est due au dividende démographique», a précisé Courbage. Cependant, il n’y a pas de déterminisme entre les deux. «Ces pays avaient déployé des politiques économiques pertinentes, ayant permis de saisir cette opportunité», a-t-il expliqué.
En effet, le dividende démographique offre aux Etats une fenêtre d’opportunités temporaire à saisir. «C’est quelque chose de passager», selon cet expert. Pour ce qui est du Maroc, estime Courbage, «l’amélioration du dividende démographique passe par le renforcement de la participation de la femme aux activités économiques». Durant les dernières années, le pays a fourni des efforts favorisant une meilleure exploitation de cette opportunité.
Par exemple, «le Maroc a connu une forte régression de l’analphabétisme aussi bien chez les femmes que chez les hommes». La transition démographique, en cours au Maroc, marquée par un changement de la pyramide des âges, doit être accompagnée d’une bonne gouvernance, pour permettre au pays d’en tirer profit, est-il indiqué. Cette dynamique doit être prise en compte dans la redéfinition du modèle de développement.
Pour Hassan El Mansouri, SG de l’ONDH, «la variable démographique doit être intégrée dans toutes les politiques de développement. D’où l’intérêt du dividende démographique, qui se projette dans le futur, afin de se préparer aux changements que connaît la société».
Amélioration de l'apport des seniors
L’étude élaborée par l’ONDH et le FNUAP propose une série de mesures pour favoriser une meilleure exploitation de cette fenêtre d’opportunités. Par exemple, «le Maroc, qui connaît une transition démographique sans pareil dans le monde arabe, devrait poursuivre dans cette voie, notamment en matière de politique de la population, planification familiale…».
Les pouvoirs publics doivent également impliquer davantage la société civile dans les efforts visant la prévention des rebonds de fécondité et des contre-transitions démographiques. Parallèlement, «la création d’emplois productifs pour les jeunes est une priorité pressante pour préserver les équilibres économiques et politiques», selon les recommandations formulées par les rédacteurs de cette étude.
Surtout que jusqu’à maintenant, «les importants investissements ont eu un apport limité, avec une efficacité marginale du capital et le faible niveau de création des emplois. D’où le taux de chômage inacceptable chez les jeunes et les femmes». Dans cette dynamique, «les décideurs économiques et les entreprises devraient être moins timorés dans le recrutement des jeunes».
Autre piste que le Maroc devrait explorer: l’amélioration de l’apport des seniors. Surtout «avec l’allongement de l’espérance de vie, le déclin des activités agricoles et le passage au secteur tertiaire, l’activité des seniors augmenterait et le dividende démographique suivrait cette tendance».
Redynamiser l’économie
La transition démographique repose sur 5 piliers. Il s’agit de l’éducation, la santé, l’emploi, l’inclusion des jeunes et la bonne gouvernance. Ce sont des facteurs clés pour favoriser une meilleure exploitation du dividende démographique. Ce dernier «décrit l’avantage économique, transitoire par nature, qui pourrait enregistrer une amélioration grâce à la progression de la participation féminine au marché de l’emploi». Actuellement, le Maroc «pourra profiter de la baisse du taux de fécondité pour dynamiser son économie». Surtout que cette restructuration de la pyramide des âges est au profit de la tranche la plus productive, selon Youssef Courbage. Ce qui favorise notamment une augmentation du taux national d’épargne».
Le 17/12/2018
Source web par: L'Economiste
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jeudi 20 décembre 2018
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