Reportage : Au Maroc, de Tanger à Agadir, l’essor d’un grand dessein
Le Maroc actuel vit une effervescence remarquable et se caractérise par le nombre et la qualité des grands projets de partenariat entre les secteurs public et privé.
Pour avoir rencontré ces dynamiques marocaines et désirant en témoigner, nous vous proposons un gros plan sur ce frémissement dont l’initiateur est le roi Mohamed VI, très impliqué dans tout ce qui est relatif au développement du pays et sa modernisation.
L’aménagement du territoire et la quête d’équilibres entre les régions sont ainsi des constantes marocaines qui font que tout le pays profite de cet élan modernisateur. Même les régions les plus éloignées du centre d’impulsion s’inscrivent dans ce mouvement général.
Ainsi, Dakhla, dans le sud, accueillait-elle en mars dernier, une importante rencontre internationale sur l’Afrique et la coopération Sud-Sud. Cette rencontre dans la ville saharienne avait permis d’aborder des questions prospectives ayant trait à la gestion urbaine globale, à la construction d’une communauté de pratiques pour l’agriculture africaine et à la prolongation de la Route de la Soie en Afrique par des partenariats avec l’Asie.
Ces partenariats sont d’ailleurs en construction comme en témoigne le gigantesque projet Tanger Tech.
200 compagnies chinoises et 100.000 emplois

Tanger
Le projet Tanger Tech se déploie sur la région qui englobe Tanger, Tetouan et Hoceima.
Porté par le secteur public, des banques et le groupe chinois Haite, ce projet est exemplaire des partenariats sino-marocains.
C’est l’exemple même du projet structurant dans la mesure où il implique le port Tanger Med, la nouvellement créé Ligne à Grande Vitesse, de nouvelles zones industrielles et logistiques et le réseau autoroutier.
Tanger Tech a pour ambition de créer 100.000 emplois tout en facilitant l’installation de 200 compagnies chinoises dans les domaines de l’aéronautique, l’automobile, le textile ou l’informatique.
Cent milliard de dollars sur dix ans donneront son assise à ce grand projet.
Un projet titanesque à Agadir
C’est à Agadir que se trouve la plus grande usine de dessalement d’eau de mer au monde.
Alimentée par l’énergie solaire, cette centrale a pour objectif de fournir de l’eau potable pour la consommation et l’irrigation.
En ce sens, le secteur de dessalement de l’eau est considéré comme stratégique pour l’économie marocaine.
Un Plan national de l’eau (PNE) a ainsi pour but d’éviter au pays un déficit en eau à l’horizon 2030.
Il existe au Maroc 130 barrages et 14 autres en construction alors que le dessalement connaît des progrès notables.
Avec une politique intégrée de développement durable, le Maroc travaille sur trois grands axes complémentaires. D’abord assurer l’approvisionnement en eau de tout le pays. Ensuite consolider de la sorte la sécurité alimentaire. Enfin agir sur le soutien de l’économie nationale.
Pour atteindre ces objectifs, le Maroc s’adosse à son PNE afin d’optimiser les réseaux de distribution d’eau potable, construire de nouveaux barrages et unités d’épuration des eaux usées et aussi sensibiliser en profondeur la population quant à cette démarche rationnelle et globale.
Villes vertes et éco-cités
Dans le Maroc d’aujourd’hui, la ville verte de Bouskoura en périphérie de Casablanca est un lieu qui offre un modèle alternatif.
Cette ville dont l’économie tourne écologiquement est devenue un espace d’innovation aux portes de la plus grande métropole marocaine.
De même, l’éco-cité de Zenata qui se trouve dans la proximité de Casa pose un exemple unique en matière d’utilisation des eaux usées.
Très symboliquement, il existe même un musée de la civilisation de l’eau qui raconte l’épopée du défi hydrique marocain y compris dans ses déclinaisons actuelles.
D’ailleurs, faut-il rappeler que le tout premier Forum mondial de l’eau s’était tenu en 1997 à Marrakech? Le plus récent de ces forums a Brasilia pour ville hôte. Ces forums sont de véritables boîtes à idées et des espaces pour observer tous les progrès en matière de gestion des eaux dans les villes de demain.
A la fois ruche et laboratoire, vivier et chantier, le Maroc actuel ne peut qu’inspirer le visiteur notamment maghrébin. Entre projets structurants et prospective, le royaume chérifien mise à fond sur la modernisation et s’évertue à entrer dans le nouveau siècle avec un véritable dessein d’avenir et une vision claire pour les prochaines décennies.
Le 01/12/2018
Source web par: agadir michelterrier
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lundi 3 décembre 2018
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