AEFE et enseignement à l'étranger : Des ambitions mais pas de moyens
La Commission des Finances du Sénat français publie un rapport extrêmement critique à l'égard de la gestion des établissements français à l'étranger, qui souffre d'un manque criant de stratégie et pilotage budgétaire.
A près d'une semaine de la rentrée scolaire, un virulent rapport émis par la Commission des Finances du Sénat français fait tache ! Pavé dans la mare de la gestion des établissements français à l'étranger et notamment de l'Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), ce document cosigné par les Sénateurs Rémi Féraud (socialiste) et Vincent Delahaye (centriste) fustige « l'absence de stratégie et de pilotage budgétaire ». Les critiques sévères formulées dans ce rapport par les politiciens et relayé par Les Echos - qui s'est procuré le document -, vont également à l'encontre des ambitions annoncées par le président français Emmanuel Macron, dont l'objectif est de doubler le nombre d’élèves dans les lycées français de l’étranger d’ici à 2030. Pour les cosignataires, cette option n’est absolument « pas réaliste » !
Moins de subvention plus de frais
Le sénateur centriste déplore un laxisme budgétaire qui dure depuis plusieurs années tandis que son homologue socialiste assure que « le réseau de l’enseignement français à l’étranger n'a aujourd’hui tout simplement pas les moyens de ses ambitions ».
Et pour cause, « depuis 2012, les crédits publics consacrés à l’AEFE ont baissé de près de 14 % », indique le rapport de la Commission, tandis que depuis la même année, la masse salariale de l’AEFE a augmenté de 12%, « dans un certain manque de transparence ». Selon l’étude, précise Le Monde, les charges ainsi ont augmenté de 19,5 % entre 2012 et 2017, en raison d’une hausse du nombre d’élèves (de 11,4 % depuis 2012) et des dépenses de personnel (de 15,5 %). Ces constats qui confortent les sénateurs dans leur analyse sont d'autant plus regrettables que la France consacre 455 millions d’euros par an, sur les 3 milliards du budget de l’action extérieure de l’État, à cet enseignement.
Pour Vincent Delahaye, il est indéniable qu'il y a « un travail de fond à faire ». Il regrette également des « frais de scolarité varient beaucoup ». En effet, avec un recul des subventions c'est automatiquement les familles qui en font les frais.
Au Maroc, plusieurs familles et associations de parents d'élèves ont en effet vigoureusement protesté contre cette hausse vertigineuse des frais de scolarité, qui ont bondi de près de 25% en 6 ans ! Ainsi ces frais s’élèvent aujourd'hui à plus de 5.300 euros contre 4.290 euros en 2012... Selon les calculs de la Commission des Finances, les familles supportent ainsi près de 60% des coûts de cette scolarité, estimée hors de prix. « Nous recommandons que cela n’augmente plus, car, sinon, c’est toute la légitimité du modèle qui est menacée », dit Rémi Féraud, dans les colonnes du quotidien Le Monde.
Cartographie précise
Les auteurs de ce rapport à charge préconisent désormais l'application d'une «cartographie prospective des besoins de l’enseignement du français à l’étranger, pour tenir compte des besoins des expatriés, des priorités diplomatiques et mener une appréciation qualitative de la demande locale». Une manière d'appréhender au mieux cette émanation de l'enseignement hors des frontières françaises et de chapeauter les 492 établissements français à l’étranger qui scolarisent aujourd’hui 350 000 élèves, dans 137 pays.
Pour rappel, l’AEFE a subi en 2017 une sévère coupe budgétaire de 33 millions d’euros (-9%) : une baisse qui a suscité une vive colère et l’indignation des parents d’élève au Maroc, craignant que celle-ci ne s'accompagne d'un recul significatif de la qualité de l’enseignement et d'une augmentation continue des frais de scolarité...
Publier Le 30 août 2018
Source web par: les infos
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lundi 10 septembre 2018
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