Le très long-courrier fait rêver les compagnies aériennes
Plusieurs compagnies veulent lancer des vols non stop de près de 20 heures. Un modèle économique très particulier qui s'en ressentira sur les prix.
Déjà en machine, les vols quotidiens Perth-Londres et retour non stop de Qantas vont démarrer le 24 mars prochain et sont déjà bien remplis. Compter 17 heures de vol pour parcourir ces 14 498 km entre l’Australie et le Royaume-Uni. Pour se rendre, également sans escale, aux États-Unis (jusqu'à 19 heures de vol), Singapore Airlines a demandé à Airbus une version Ultra Long Range de l'A350-900, livrable l’an prochain. Elle ne comportera ni classe économique ni première, mais une classe affaires de 68 sièges et une éco premium de 94 sièges contre 253 sièges au total sur la version normale.
Mais Qantas pousse le défi un peu plus loin en demandant à Airbus et à Boeing des versions respectives de leurs A350 et B777X capables de rallier, toujours sans escale, Sydney ou Melbourne à l’Europe. Et ceci à pleine charge marchande, car il est toujours possible avec les avions existants d’emporter beaucoup de carburant au détriment du nombre de passagers et de la masse de fret. La recette unitaire est alors dramatiquement basse.
Embarquer plus de carburant et de PNC
Airbus a donc apporté une première réponse à la demande singapourienne avec l’A350 ULR qui intéresse aussi Thaï Airways. Mais le manque d’empressement des avionneurs s’explique par l’étroitesse du marché actuel qui ne les incite pas à développer de nouveaux avions ou même de nouvelles versions avec un retour sur investissement aléatoire. En effet, quelles lignes aériennes dans le monde peuvent supporter des vols non stop de plus de 14 000 km ? Londres-Sydney affiche un trafic suffisant pour remplir un quotidien mais ce n’est pas le cas de Paris-Sydney.
En outre, un très long vol impose d’embarquer beaucoup de carburant, une masse supplémentaire qu’il faut transporter au prix d’une consommation plus importante. Il faudra payer le billet 20% plus cher pour éviter cette escale qui allonge le temps total de voyage de trois à quatre heures. Et certains passagers préfèrent quand même une escale à Dubaï, Abu Dhabi, Doha, Istanbul, etc. Reste à évaluer l’augmentation du trafic à venir qui pourrait rendre rentables demain des routes non stop aujourd’hui insuffisamment fréquentées.
Les compagnies françaises peu intéressées par le très long courrier
La question se pose peu sur le réseau actuel des compagnies françaises. Le trajet Paris-Papeete (15 727 km) est actuellement le plus long. Que ce soit avec Air France ou avec Air Tahiti Nui, une escale est prévue à Los Angeles, ce qui permet de transporter la clientèle Paris-Papeete, celle transatlantique Paris-Los Angeles et celle transpacifique Los Angeles-Papeete, trois marchés souvent complémentaires.
Techniquement, le vol non stop de métropole en Polynésie serait réalisable. Mais la quantité de carburant à transporter pénaliserait la charge marchande de l’avion et obligerait le transporteur à pratiquer un tarif exorbitant. De plus, un deuxième équipage devrait prendre place à bord occupant une quinzaine de sièges qui seraient autant de places en moins à vendre aux passagers.
Thierry Vigoureux
Publier le 31/08/2017
Source web par tourhebdo
Les tags en relation
Les articles en relation
Incendies en Australie : le plus grand feu maîtrisé mais le tourisme déjà impacté
La menace liée aux incendies ayant baissé ces derniers jours, les responsables politiques australiens ont appelé les touristes à revenir. ©Adobe Stock S...
Airbus : le A350-900 livré à Air China
Airbus vient de livrer à Air China son plus récent avion bimoteur à gros porteurs. Il s’agit du A350-900 dont Air China est le premier client chinois à s�...
Tempête de poussière et averse de grèle sur l’Australie sinistrée par les feux
Des tempêtes de poussière et des averses de grèles se sont abattues dimanche soir et lundi en différentes régions de l’Est de l’Australie, constituant ...
De New York à Sydney : nouveau record de distance pour un vol sans escale
La compagnie australienne Qantas va aussi tester un direct Londres-Sydney, avec l’objectif de créer des lignes commerciales régulières. Le Monde avec AF...
USA-Maroc : contrat P5CTS et drones MQ-9 en vue
Les États-Unis ont attribué un contrat logistique de 399 millions de dollars à la société Cubic Defense Acquisition, basé à San Diego, pour assurer le so...
Tourisme: Légère embellie entre janvier et avril 2019
Près de 3,6 millions de touristes ont visité le Maroc, entre janvier et avril 2019, en progression de 6% par rapport à la même période un an auparavant (+5...
Aérien : avec 8 milliards de dettes, « Thai Airways est en crise »
"Aujourd'hui, il reste très peu de temps. Aujourd'hui, il n'y a pas de zone de confort. Le navire coule" a déclaré le président de Thai Airways....
Stockage d’énergie en Europe : la France en retard
Un nouvel inventaire du stockage d’énergie en Europe, publié par la Commission européenne, confirme que la France accuse un sérieux retard dans ce domaine...
Tensions autour du pétrole : les États-Unis exhortent l'Ukraine à cesser ses attaques contre les
Les États-Unis ont exprimé leur inquiétude face à la possibilité d'une hausse des prix de l'essence à l'approche de l'élection président...
Gazoduc Nigeria-Maroc : soutien des États-Unis en 2025
Lors des réunions de printemps 2025 du FMI et de la Banque mondiale à Washington, les États-Unis ont annoncé leur intention d’investir dans le gazoduc Nig...
États-Unis : Trump impose 10% de droits de douane au Maroc
Le président américain Donald Trump a signé, mercredi, un décret instaurant de nouveaux droits de douane sur les importations en provenance du monde entier....


mercredi 6 septembre 2017
0 















Découvrir notre région