Détention de biens à l’étranger
Le dernier délai pour effectuer une déclaration expire le 19 octobre
A défaut, la détention de biens à l’étranger serait considérée comme une infraction
Hassan Boulaknadal, directeur de l’Office, revient sur les dispositions de la loi 63-14
Hassan Boulaknadal, directeur de l’Office des changes: «Le législateur a fait montre de souplesse en offrant à cette catégorie de citoyens une chance unique de se conformer aux lois tout en bénéficiant d’un régime favorable en termes de détention et de jouissance des biens déclarés» (Ph. Bziouat)
Remise à plat de la réglementation de change, l’une des plus vieilles législations du Royaume, flexibilité du taux de change du dirham, facilitation des procédures, prévention de la fuite de capitaux… Les chantiers de la nouvelle direction de l’Office des changes sont multiples. Mais le plus urgent reste l’application de la loi 63-14 sur les anciens MRE qui sont rentrés définitivement au Maroc. Le texte introduit l’obligation d’effectuer une déclaration auprès de l’Office des changes. Le dernier délai pour accomplir cette formalité s’achève le 19 octobre 2016. Il ne reste donc plus que quelques mois pour se mettre en conformité.
La nouvelle législation s’adresse aux anciens MRE quelle que soit la date de leur retour au Maroc et du changement de leur résidence fiscale, détenant des liquidités, des actifs financiers ou des biens immeubles à l’étranger. Les Marocains qui continuent de résider à l’étranger plus de 183 jours par an ne sont pas concernés. Le principe de la déclaration consiste à télécharger un formulaire à partir du portail de l’Office des changes (www.oc.gov.ma) et de fournir les justificatifs demandés tels qu’une preuve de résidence à l’étranger, des bulletins de paie, des contrats de travail, des relevés bancaires… Il est certain qu’il sera parfois difficile de retrouver des documents qui remontent parfois à plusieurs années, voire des décennies. L’Office des changes devrait faire preuve de souplesse pour donner à ces personnes le temps nécessaire pour rassembler leurs documents. Tous les moyens sont prévus pour faciliter cette déclaration: internet, le recours à un conseil, le réseau bancaire…
Le fait de ne pas effectuer cette déclaration et de disposer de biens à l’étranger constitue une infraction au change. «Les personnes qui n’auront pas saisi cette opportunité unique demeureront, tout simplement, en situation irrégulière et se verront appliquer les peines et sanctions prévues par la loi», prévient Hassan Boulaknadal, directeur de l’Office des changes.
La loi sur les anciens MRE prévoit une amnistie à la fois sur le plan fiscal et celui du change. Après avoir effectué une déclaration auprès de l’Office, le contribuable concerné devra effectuer une déclaration annuelle uniquement à des fins de statistiques sur la position extérieure globale.
Selon l’ancienne loi, les MRE qui rentraient définitivement au pays étaient obligés d’effectuer cette déclaration dans un délai de trois mois et de rapatrier leurs liquidités. Pour disposer de ses actifs à l’étranger, il fallait toujours une autorisation préalable de l’Office des changes. Mais ces dispositions étaient rarement appliquées. De plus, elles représentaient le principal obstacle empêchant les MRE de rentrer au pays. Le nouveau texte se veut plus souple. Mieux encore, c’est une réglementation plus généreuse que l’amnistie sur les biens à l’étranger de 2014, puisqu’elle permet de garder en l’état et de disposer librement de tous ses actifs à l’étranger sans aucune obligation d’en référer à l’Office des changes. Par ailleurs, elle ne prévoit aucune obligation de rapatriement ni de paiement de contribution libératoire. Il est également possible d’ouvrir des comptes en devises ou en dirhams convertibles.
Pour l’heure, il n’existe pas de statistiques officielles sur le nombre d’anciens MRE ayant changé de résidence fiscale en se réinstallant dans le pays d’origine. Mais selon des estimations, plus de 500.000 personnes sont concernées. Un chiffre qui doit évoluer continuellement en raison des multiples mouvements de MRE qui peuvent réintégrer le pays et d’émigrer de nouveau. Certains peuvent avoir résidé à l’étranger pendant des périodes plus ou moins courtes, avant de changer de résidence fiscale.
Un nouveau business pour les banques
Les banques ont déjà ouvert les hostilités sur ce nouveau créneau qui consistera à capter les anciens MRE. L’objectif étant de les conseiller dans leurs formalités, mais aussi de les équiper en compte «ancien MRE». Attijariwafa bank est la première à avoir lancé une campagne de publicité ainsi qu’un centre d’appels pour courtiser les ex-MRE. Selon nos informations, des offres attractives sont en cours de préparation pour attirer le maximum de clients. La mise à contribution du guichet bancaire permettra aux personnes concernées d’effectuer toutes leurs formalités dans leur lieu de résidence sans devoir se déplacer à l’Office des changes. Ce dernier accompagne le réseau bancaire pour la formation des commerciaux, surtout qu’il ne reste plus que quatre mois et demi pour la date fatidique. Une liste de personnes ressources a également été intégrée dans le portail de l’Office des changes.
Le 31 Mai 2016
SOURCE WEB Par L’économiste
Les tags en relation
Les articles en relation
Opération Marhaba 2025 : un record de 3,2 millions de MRE
L’opération Marhaba 2025 s’est achevée sur un bilan exceptionnel, avec plus de 3,2 millions de Marocains résidant à l’étranger (MRE) ayant regagné l...
Le Maroc devient exportateur d’électricité
Les importations marocaines en électricité ont chuté à 93,5 %, par rapport à l’année 2018 où le pays en a importé pour 2,3 milliards de DH. Selon l...
Maroc : forte chute des investissements étrangers
Le flux des investissements directs étrangers (IDE) au Maroc enregistré à la fin de juillet 2020 a connu un repli de 21,5% par rapport à l’année dernièr...
Transferts MRE : accord Maroc–France contre l’UE
Le Trésor français a bien compris le problème et les difficultés que posait cette directive européenne pour le Maroc. Il nous a demandé des informations c...
Tourisme au Maroc : 4 millions de visiteurs à fin mars 2025
Le secteur touristique marocain poursuit sa forte dynamique en 2025, avec un total de 4 millions de touristes accueillis à la fin du mois de mars, soit une hau...
Aéroports: la Douane serre la vis sur les marchandises et les cadeaux
La Douanes installe de nouvelles mesures restrictives à l’entrée et la sortie des aéroports. Les marchandises et cadeaux d’une valeur supérieure à 2.00...
Tourisme au Maroc : croissance record et ambition 2030
Le Maroc franchit un cap historique dans le secteur touristique, confirmant son ambition de figurer parmi les 15 premières destinations mondiales d’ici 2030....
Les transferts des MRE dépassent 62 milliards de DH
Les Marocains résidant à l’étranger (MRE) ont transféré annuellement, en 2015 et 2016, 62,2 milliards de DH contre 20 milliards en 1990. C’est ce qu’...
Les difficultés de la conjoncture remettent-elles en cause la flexibilisation du Dirham?
La Banque centrale affirme que la transition vers le régime de change flexible sera indolore, grâce à des fondamentaux économiques solides. La solidité de ...
Enfin des chiffres sur l’aggravation des déficits extérieurs
La crise économique qui découle de celle générée par la Covid-19, a des aspects communs pour un grands nombre de pays, et notamment la baisse de l’activi...
CMR : De nouveaux services au profit des MRE
La Caisse marocaine des retraite (CMR) a mis en place de nouveaux services au profit des MRE affiliés à la Caisse. Désormais, les affiliés résidant �...
Niveau de vie au Maroc : la classe moyenne en difficulté
Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) a révélé, à travers son enquête nationale sur le niveau de vie des ménages (2022-2023), que les écarts économiques se...


mercredi 1 juin 2016
0 
















Découvrir notre région