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Attraits touristique de Safi La mémoire assassinée d’une région pittoresque

Attraits touristique de Safi  La mémoire assassinée d’une région pittoresque

Safi est une ville aux multiples attraits qui a été pendant llongtemps confinée dans un petit rôle de cité sardinière alors qu’elle est ancestrale et considérée comme l’une des cités des plus anciennes de la cote atlantique. Or de par son histoire, sa position géographique, ses richesses naturelles et patrimoniales ainsi que
l’intelligence et le dynamisme de ses hommes et ses femmes, la capitale d’Abda, devrait occuper une place plus prépondérante sur l’échiquier du développement national.
Normal que les Safiots, hommes et femmes, se plaignent depuis des lustres de cette situation et considèrent, à juste titre, que leur province a été longtemps délaissée par le pouvoir public central, tous gouvernements confondus. A tel point qu’ils n’hésitent pas à comparer la situation de leur ville à celle des régions du nord qui ont été pendant longtemps exclues de ce qu’on appelait, alors, le Maroc utile. Ce qui n’est pas tout à fait faux quand on sait que même au niveau médiatique, notamment les radios et télévisions publiques évoquent peu ou proue ce qui se passe dans cette belle, sereine et hospitalière ville. Du coup, les premiers responsables de ces lacunes sont d’abord les élus de la ville qui n’ont jamais su défendre les intérêts de leur cité en accordant leurs violons politiques et en élevant leurs voix pour que     le développement de Safi suive le même rythme que les autres villes.
Autant dire que les élus locaux, toutes tendances partisanes confondues, ont failli dans leurs gestions respectives de la chose communale. Il en est de même pour les députés et les conseillers safiots à la deuxième chambre qui ont toujours brillé par leur absence dans l’hémicycle. C’est vraiment très curieux que le nom de Safi soit rarement évoqué sur l’échiquier national alors que la cité a une histoire vieille de plusieurs siècles, une géographie exceptionnelle, une richesse agricole et minière intarissables avec des hommes et des femmes débordant de dynamisme et de compétences. Il ne faut pas l’oublier, Safi a toujours enfanté des artistes, des écrivains, des hauts fonctionnaires, voire des politiques de renom qui ont occupé des postes importants à tous les niveaux de l’Etat. Mais la capitale d’Abda n’a pas eu ce qu’elle mérite en matière de développement socioéconomiques et touristiques.
Bien au contraire, sa richesse, la sardine, tant mise en valeur n’a pas cessé de s’évaporer par la surexploitation et surtout la pollution rampante qui a poussé la plupart des conserveries à fermer leurs portes et ce dès le début des années 80.
Quant à la poterie qui incarne la richesse créative de ses artistes, elle a démontré qu’elle ne peut se développer sans la mise en œuvre d’une véritable stratégie de développement à même de rendre Safi, une ville touristique par excellence.
Car parmi les villes ancestrales, elle reste la moins nantie dans ce domaine alors qu’elle possède des plages sauvages uniques en leur genre avec un sable doré et un patrimoine historique des plus vieux et des plus diversifiés.
Autant dire que la province possède une multitude d’atouts touristiques qui non seulement ne sont pas exploités mais sont abandonnés à l’érosion, à la dégradation et au pillage, voire à la démolition. C’est terrible, au lieu de construire, on démolit tout un pan de l’histoire comme ce fut le cas tout récemment pour l’ancienne poste qui jouxtait les célèbres remparts portugais.
Avant cette destruction, d’autres monuments datant du début du XX siècle ont connu le même sort, enterrant à jamais les récits de l’histoire et la beauté de l’architecture tels le tribunal ou l’ancien siège des douanes. Mais ce qui est encore plus aberrant chez la folie des hommes c’est de laisser mourir des monuments historiques qui ont traversé des siècles ans en avoir la moindre compassion. C’est le cas notamment du château, dit Ksar El Bhar ou encore EL Borj connu par ses murailles imposantes pourtant érigé en patrimoine national par Dahir et laissé au délabrement et à l’érosion maritime par l’insouciance des hommes. Il en est de même pour la Kasbah dit Dar sultane (12eme siècle) qui devint par la suite la demeure des rois et des princes alaouites mais qui est menacée aujourd’hui par l’éboulement du terrain. La coupole de la cathédrale portugaise, vieille de 500 ans, dans l’ancienne Medina n’échappe pas aux aléas du temps et de l’indifférence des responsables en affichant des fissurations qui ne s’arrêteront pas toutes seules. La liste des monuments en danger ne se limite pas à la seule ville de Safi, puisque tout au long de la province des trésors sont laissés à l’abandon.
On ne citera que la forteresse Hamidouche fondée par le sultan Moulay Ismail et qui est située à 35 km de Safi mais qui offre aujourd’hui un spectacle désolant. Plus loin au nord vers El Oualidia, la Kasbah « Ayir » ne possède plus que la tour principale, le reste s’étant effondré sous le poids de l’abandon. Il ya aussi la dégradation du site dit moulin à vent datant du 16 éme siècles, d’autres sites disséminés ici et là ainsi que des mausolées et des mosquées sont salies par les mains des pilleurs. Devinez un instant si jamais les ministères de la culture , du tourisme et du transport ainsi que les élus locaux faisaient leur travail comme il faut, en restaurant les monuments , en définissant une stratégie touristique , en désenclavant la province par la réfection de routes comme celle de Marrakech-Safi , la province de Safi n’aura rien   à envier en matière de flux touristique à Fès, Marrakech, Tanger, Agadir et autres. Amine Serghini, le professeur chercheur à la faculté des sciences d’Agadir, auteur d’un bel essai sur le développement par le tourisme à Safi, a même inventé le type du tourisme qui convent à cette région : « Safi, ville de la côte atlantique et de la poterie, a connu ses gloires dans le passé grâce à la position stratégique de son port, aux richesses de sa région d'Abda et à la beauté de son site alliant la vallée de Chaâba, sa belle plage et la vue imprenable sur la Médina depuis les hauteurs de ses collines. Cette ville aux origines les plus anciennes dégage un air de quiétude et de calme. En effet, une des formes du tourisme la plus prisée aujourd'hui est le tourisme anti-stress où le touriste cherche le calme et l'authenticité et revient vers la nature en fuyant tout produit à connotation artificielle. C'est justement dans ce sens que se dessinent les tendances de l'empreinte touristique dont Safi est en mesure de s'engager. » Il cite à cet effet les multiples plages sauvages qui bordent la province avec une beauté rare, du sable doré et un aspect géologique rocheux qui rend la mer surplombée encore plus fascinante.
Le touriste n’a que l’embarras du choix : la plage de la ville qui s’étale jusqu’à Sidi Bouzid, la plage Lalla Fatna avec sa vue panoramique sur l’océan ou la plage Sid Lboudala. Il y a en a pour tout le monde, même les grosses vagues pour les surfeurs, plus loin on trouve le cap Beddouza, une presqu’ile où l’on trouve une grotte et qui est prisée par les amateurs de pèche et les spéléologues. Les grottes, les lacs, les routes sinueuses, les hauteurs avec des vues imprenables sur un océan aussi beau et aussi grand, tout est sans fin à Safi sauf l’insouciance de ses responsables d’aujourd’hui et d’hier. Ils brillent par leur absence d’initiatives en matière de valorisation de l’architecture, de l’aspect historique de la ville et par ricochet de sa vocation touristique indéniable. Le professeur Serghini leur donne la recette pour sortir de cette léthargie : « Le tourisme à Safi ne devrait pas se limiter à la ville elle-même mais gagnerait en incluant l'arrière-pays, la côte nord et sud et leurs plages dans ses circuits dont la conception et la mise en œuvre devraient se faire dans les bonnes règles de l'art. » l’ouverture sur Marrakech par la mise en place d’une voie rapide Marrakech-Safi, devrait prolonger le flux touristique de la ville ocre vers les charmes de la cote atlantique tout au long de la province d’Abda. Il ne reste que la volonté politique dont l’absence a figé Safi, pendant des décennies, dans un immobilisme morbide.
A travers Safi et sa région
Le tourisme à Safi au temps de la colonisation a été bien structuré et le syndicat d’initiative et de tourisme a été maître de l’œuvre d’organisation à l’époque des années trente. En 1934, la capacité d’accueil hôtelière était assuré par 6 hôtels classés : hôtel Marhaba de la compagnie Paquet qui a ouvert en 1933 avec 52 chambres actuellement, hôtel Atlantide, hôtel moderne, hôtel de Paris, hôtel du Midi, Grand hôtel de France et l’hôtel Mogador.
Qu’en-t-il en 2014 ? 80 ans après, qu’elle est la capacité actuelle ?
9 hôtels totalisent à peine 900 lits : hôtel Golden Tulip 4*, Atlantique Panorama 4*, Abda hôtel 3*, hôtel Assif 3*, hôtel De l’Atlantide 3*, Riad Asif 3*, les Mimosas 2* et deux petites maison d’hôtes : Riad du Pêcheur 2ème catégorie et Riad Safi 2ème catégorie. Au Maroc, il n’y a pas une ville qui peut se targuer d’avoir des sites touristiques comme Safi et pourtant, nous sommes d’accord qu’il n’y a pas de professionnels du tourisme à Safi mais l’état les élus. Pourquoi cet abandon ?
Promenades pédestres
En dehors de la visite dû aux monuments historiques, nous recommandons aux touristes de se promener à l’aventure dans les rues montantes de la vieille ville.
Colline des Potiers :
La colline des Potiers, au pied du Marabout. Point de vue admirable sur la Kechla, le Souk, la ville et la mer.
Visite aux Potiers :
Les Poteries de Safi furent de tous temps célèbres au Maroc, en 1919, le Maître Lamali. Cet artiste rénova la technique, fit des élèves, des apprentis qui, sous sa direction, sont passés maîtres et de père en fils la tendance continue à nos jours. Une visite s’impose aux ateliers situés sur le haut de la colline des potiers. Il est extrêmement intéressant et curieux de voir ces artistes, à l’aide d’un tour, mû au pied, modeler de ravissants vases et visiter les collections, modernes et anciennes.
La colline des potiers est la promenade préférée et le lieu d’études des peintres et de tous les artistes.
Sidi bou Zide
Marabout célèbre sur la falaise, à environ 120 mètres d’altitude près de 3 kilomètres.
Vue panoramique splendide sur la ville, le port de Safi, et les falaises neigeuses de l’Atlas.
Vingt-cinq mètres plus bas, coule une claire source.
Un sentier agréable permet le retour à pied le long des plages, au bord de la mer, un autre sentier à flanc de falaise permet une excursion pittoresque et facile jusqu’au Bordj Nador, ancienne vigile portugaise située au Cap Safi.
Grande Falaise de Safi
Unique par son altitude, son étendue, ses étages, son orientation qui lui permet, sur ses pentes, d’être abritée l’hiver des vents froids provenant du Nord, et sur son sommet, de profiter l’été, de la fraîcheur des Alizés.
Une roue carrossable permet à l’époque coloniale de descendre jusqu’au bord de l’Océan écumant…
En 1933, le Docteur Maire, le renommé professeur de botanique de la Faculté d’Alger, avait consacré à Safi et à ses environs, plusieurs voyages d’études à la suite desquels, il avait souligné l’intérêt scientifique et pratique qu’offrirait la création en ces lieux d’un jardin d’essai pour la flore canarienne et subtropicale.
Monuments
Fortifications et remparts d’origine Portugaise
Entourant l’ancienne ville (1510 à 1540) sont remarquablement bien conservés et donnent à Safi un cachet et un charme très particuliers.
a) château de la mer :
Le plus sûr et probablement le seul témoin de l’art Emmanuelin au Maroc. Visiter la terrasse et les canons en bronze du XVIIe siècle (motifs de décoration et armoiries), la Tour Ronde et la Salle des Gardes, la Grande Tour son Escalier et ses Salles (vue splendide).
b) Chapelle Portugaise
c) Dédiée à Sainte Catherine, réminiscence émouvante de l’art Gothique, unique dans l’Afrique du Nord. Une voûte en croisée d’ogives est intéressante par ses proportions harmonieuses et par ses cartouches et sculptures dans la pierre qui en décorent les clés pendantes. (Prendre dans la Grande Rue de la Médina, à côté de l’ancien Cinéma Parlant Llama, le petit passage des Habous et la rue adjacente).
Kechla :
De la Chapelle, monter par les petites rues voûtées de la vieille ville jusqu’à la Kechla : puissante citadelle du XVIe siècle construite par les Sultans Saâdiens à l’intérieur des fortifications Portugaises ; sur celles-ci, remarquer les armoiries de la grosse tour qui sont celles d’Emmanuel le Fortuné de la Maison d’Aviz, régnant alors en Portugal et fondateur de la place (1456-1521) ; remarquer également les canons qui arment encore le Château et qui sont datés et signés par leurs fondeurs hollandais du sceau de Moulay Ziban. Empereur du Maroc : ils sont de merveilleux spécimens de l’art Renaissance et constituent dans leur ensemble, des documents historiques hors de pair.

Excursions
Au Nord :
Bordj Nador :
6 kilomètres environ de Safi. Ancienne vigie portugaise (la Tour Bellevue). Située au Cap cantin, l’embouchure du Tensift et l’Atlas.
Sidi Karara :
Marabout vénéré dominant une petite source, au bord de la falaise (150 mètres d’altitude) sur la route en corniche qui suit la côte jusqu’à El Jadida.
Sidi Bou d’Allah :
Marabout situé à mi-pente de la falaise, chemin d’accès, source et plage au pied de la falaise.
Sidi Bou Chta :
30 kilomètres de Safi, 80 mètres à pic au dessus de la mer, toujours sur la route en corniche.
Lieu de pèlerinage très fréquenté par les marocains qui attribuent au Saint qui y est enterré des vertus curatives semblables à celles attribuées à Moulay Yacoub. Sur une petite esplanade surplombant la mer, sont également alignées des pierres à formes diverses (le chameau, le cheval, la selle, la tortue, la vipère coupée jadis en deux par le pied du Saint). Chacune de ces pierres a une vertu différente à l’époque il y avait des bassins à côté et dont l’une guérit… les maux de dents, une autre… les blessures occasionnées par une chute… Les jours des pèlerinages sont les : mercredi, jeudi et dimanche.
Château des Miat Ahmed, (ou cent Ahmed) :
Devait autrefois abriter une centurie de soldats maures (30 kilomètres de Safi), près du Dar Caïd Zerhouni.
Cap Cantin :
35 kilomètres de Safi en poursuivant la route en corniche. Très beau phare.
Petit restaurant (Fruits de mer. Coquillages).
Quelques résidents de l’intérieur y ont construit des villas d’été en raison de la très fraîche température qui y règne constamment.
Grottes du Goran :
Près du Cap Cantin (1.500 m). Grottes naturelles dans le rocher ayant servi, peut-être d’abris à l’homme préhistorique.
Casba d’El Ayer :
50 kilomètres de Safi, par la même route
Casba appelée jadis par les Portugais « Emendera » ou encore la Casbah du Caballero que les indigènes transformèrent en l’appellation de Sidi Farès, nom que porte le marabout enterré à la porte de la citadelle.
La Casbah d’El Ayer est une merveille d’architecture et de pittoresque.
Oualidia
En continuant toujours la route de Corniche, on parvient au port naturel de Oualidia. Lagune étroite s’enfonçant dans les terres presque parallèlement au rivage et dominée par une falaise élevée que couronne une très belle Casbah.
C’est, dit-on, dans cette lagune qu’Hannon aperçut des éléphants. Station estivale de nombreux estivants de l’intérieur.
Ces excursions peuvent être effectuées en automobile et dans la même journée, si l’on est pressé par le temps ; dans le cas contraire, on aura tout avantage à séjourner une nuit ou deux, il y a de très beaux hôtels.
Au Sud
Sidi Rozia : 6 kilomètres. En suivant la côte vers le Sud, on trouve la pointe basse de Sidi Rozia qui pénètre dans l’Océan entre de jolies plages.
Jorf El Youdi
17 kilomètres. Par la route pittoresque rejoignant le Tensift, on rencontre le Jorf el Youdi (le Rocher du Juif) route traversant une contrée sauvage.
Les automobiles peuvent parvenir jusqu’à la mer. Splendide plage très fréquentée. Emplacements aménagés pour la pêche.
Souirah Quedima :
36 kilomètres de Safi, un peu au Nord de l’embouchure du Tensift.
Cette forteresse bâtie par Azambuque sur l’enracinement d’une pointe rocheuse, aujourd’hui complètement envahie par les dunes, est construite en pierres de taille scellées au plomb. La légende dit que les pierres en furent apportées du Portugal et que la citadelle fut édifiée en une nuit par une princesse blanche arrivée le soir avec une nombreuse flotte et repartie le lendemain à l’aurore…
Casbah Ben Hamidouh ou Casbah du Prince Noire (XIIIe siècle).
Située sur la rive gauche de l’Oued Tensift, à proximité de Souirah Quédima, curieuse pour les souvenirs qu’elle évoque. « Cette importante forteresse est pourvue de deux enceintes. L’enceinte intérieure, à peu près carrée, de 70 mètres de côté, est entourée extérieurement d’un fossé de 5 mètres, franchissable du côté Sud au moyen d’un pont défendu par deux fortins. Enf ace du pont, le rempart est percé d’une porte à baïonnette. Des bastions s’insèrent aux angles et sur les axes des remparts.
A l’intérieur s’élevaient des magasins constitués par cinq voûtes en briques, et sur le côté Sud des logements, est un oratoire.
L’enceinte extérieure, bastionnée, de 150 mètres de côté, enserre la première dans l’un de ses angles et abrite une mosquée, un mellah et d’autres bâtiments indéterminés » (texte extrait du Guide Bleu en 1935).
Si, au lieu de suivre la côte pour sortir de la ville, on prend la route se dirigeant vers le Souk Es Sebt on arrive un peu plus loin à la région d’Enga et de Sidi Amara avec des sites très variés, régions accidentées et très boisées. Bonnes routes secondaires.
Au Sud-Est :
sur la route de Marrakech : Chemaia et le bled Ahmar
Entre Safi et Marrakech, sur le tiers de son parcours le -tiers moyen- la grande route traverse, en une droite presque géométriquement rigoureuse, le plateau Ahmar.
C’est un pays déjà désertique, avec une moyenne de pluies inférieure à 200 m/m, un pays que le touriste aurait cependant bien tort de ne pas regarder avec quelque attention. Ce pays offre en effet, un point de vue, un circuit, un centre qui présentent quelque intérêt.
Le point de vue : il prend toute sa valeur à qui vient de Safi et gagne Marrakech. Après avoir traversé la plaine Abda (jusqu’au kilomètre 40 environ) la route s’engage dans une coupure du plateau Ahmar et, en montée continue sur 9 kilomètres, gagne un col d’où la vue se découvre immédiatement sur le plateau Ahmar, avec la chaîne du Grand-Atlas comme très lointain arrière-plan. L’Atlas sont couverts de neiges et si éloignés que les parties basses de la chaîne se confondent, en bleu, dans le ciel presque toujours clair.
Descente du col ; après quelque 10 kilomètres, le Lac Zima dit : Sebga Zima, au sud de la route : à l’époque grand lac salé de profondeur et d’étendue variables suivant les pluies approvisionnait en sel une partie du Maroc (deux sortes de sel, le brun et le blanc).
A ce sel est attachée une vieille légende qui lui attribue des vertus eugéniques particulières. Au bord même du lac, marché très curieux le jeudi (souk Khémis Zima). Ce lac était d’un revenu important pour l’état marocain, mais le touriste verra plutôt l’aspect dénudé de ce paysage. Peut-être lui trouvera-t-il quelque grandeur.
Le Circuit :
Il faut un guide et une voiture assez « audacieuse ». Ce circuit, à qui vient chercher au Maroc quelques visions déjà sahariennes, paraît tout à fait désigné. On quitte la route Safi-Marrakech (kilomètres 55 environ) pour prendre une piste qui se dirige au Sud Tléta d’Ighoud (on pourra visiter quelques exploitations minières au Tléta d’Ighoud) ; ensuite, Zaouïa de Sidi Chiker et Zaouïa Heddilk au bord du Tensift ; la piste remonte vers le Nord, vers Chemaïa, sans offrir aucune difficulté.
Le centre : c’est Chemaïa. Capitale administrative du Bled Ahmar, sans autre pittoresque qu’une abondance de plantations inattendues en ce point, elle est cependant une bien vieille capitale. Autrefois, les fils du Sultan venaient là compléter leur instruction et, sans doute, représenter l’autorité du « maghzen » en ce milieu de la distance Safi-Marrakech. Quelques minutes seulement… Mais elles suffiront à illustrer ce Maroc d’autrefois, dont les souverains envoyaient leurs fils en un pauvre village de terre battue sous prétexte d’éducation… A 2 kilomètres de Chemaïa, direction Marrakech, remarquer un village en ruine : Dar Haddi ben Hassan. Et Moulay Hassasn mourra au retour de la guerre (une expédition dans le Tafilalet) ; c’est alors que le bled se mit en révolte, une révolte qui devait ébranler l’autorité du Sultan, sans espoir de la rétablir jamais…
Dar Haddi Ben Dô d’une part, d’autre part : c’est une page d’histoire, sévère, il est vrai pour un touriste mais que la sévérité de ce bled encadre d’une grandiose manière.
La route continue ensuite, plate et droite, vers la limite du bled Ahmar, vers Marrakech.
Au Nord, à 30 kilomètres de Chemaïa, installation des « phosphates », appelée Louis Gentil (Youssoufia), d’un nom à l’époque qui est grand dans la minéralogie et la géologie en Afrique du Nord.
31 Décembre2014
SOURCE WEB Par  La Vie Touristique

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