Transition énergétique en Afrique : investissements en hausse, emplois encore limités selon l’AIE
L’édition 2025 du World Energy Employment, publiée par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), met en lumière un paradoxe majeur de la transition énergétique en Afrique. Alors que les investissements énergétiques progressent sur le continent, la création d’emplois reste limitée et insuffisamment alignée avec la forte croissance démographique attendue d’ici 2035.
Selon l’AIE, l’Afrique ne représente qu’une faible part des 76 millions d’emplois énergétiques recensés dans le monde en 2024, malgré son potentiel humain considérable. Cette situation s’explique notamment par la structure du mix énergétique, encore dominé par les hydrocarbures et certaines formes traditionnelles de bioénergie, tandis que les technologies bas carbone, comme le solaire photovoltaïque et l’éolien, génèrent peu d’emplois comparativement à l’Asie ou à l’Europe. Le continent reste marginal dans la chaîne mondiale du solaire, largement dominée par la Chine.
Toutefois, le rapport souligne des dynamiques positives. Les investissements augmentent dans les réseaux électriques, la production décentralisée et les projets gaziers, portés par une demande croissante d’électricité. L’emploi dans les réseaux pourrait progresser, à condition de combler le déficit structurel d’infrastructures de transmission et de distribution, aujourd’hui frein majeur à la création d’emplois durables.
Le gaz naturel est perçu par plusieurs pays africains comme une énergie de transition soutenant l’industrialisation, mais les emplois associés demeurent souvent temporaires et concentrés dans les phases de construction. À cela s’ajoutent des niveaux élevés d’informalité et de pénuries de compétences techniques, qui limitent l’impact social des projets énergétiques.
L’AIE insiste enfin sur l’urgence d’investir dans la formation, la formalisation de l’emploi et les chaînes de valeur locales. Sans cette articulation entre politiques énergétiques, industrielles et éducatives, la transition énergétique africaine risque de renforcer la dépendance technologique plutôt que de devenir un véritable moteur d’emplois, d’inclusion et de développement durable.
Le 24/12/2025
Source web par : afrique.le360
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mercredi 24 décembre 2025
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