Pétrole en baisse : effet limité sur le carburant au Maroc
La guerre commerciale relancée par les États-Unis, notamment par l’imposition de nouvelles barrières douanières à l’encontre de la Chine, provoque un ralentissement du commerce international. Cette tension géopolitique a entraîné une chute notable des cours du pétrole sur les marchés mondiaux, créant un effet domino sur l’économie mondiale. Pour le Maroc, importateur net d’hydrocarbures, cette situation pourrait mécaniquement se traduire par une baisse modérée des prix à la pompe. Toutefois, l’effet reste tempéré par plusieurs facteurs structurels.
Un marché pétrolier mondial sous pression
La décision des pays de l’OPEP d’augmenter leur production pétrolière, en dépit d’une conjoncture défavorable, a précipité la chute du baril de Brent à des niveaux historiquement bas, atteignant 58,47 dollars. L’annonce d’un possible apaisement entre Washington et Pékin a brièvement redonné un coup de fouet aux cours, mais la tendance générale demeure orientée à la baisse.
Selon l’expert en énergie Amin Bennouna, « le ralentissement de la croissance mondiale et la réactivation du pipeline Irak-Turquie renforcent l’offre mondiale de pétrole, accentuant la pression baissière sur les prix ». Les dernières projections estiment que le Brent pourrait se stabiliser à 62 dollars fin 2025, avant de chuter à 55 dollars d’ici fin 2026, tandis que le WTI suivrait un chemin similaire.
Des répercussions limitées sur les prix du carburant au Maroc
Dans ce contexte international fluctuant, le Maroc pourrait tirer parti de cette conjoncture pour alléger sa facture énergétique. Une baisse des prix des carburants est attendue à court terme, mais son ampleur restera modeste. Mostafa Labrak, directeur d’Energysium Consulting, précise que « la baisse ne sera ni immédiate ni proportionnelle à celle du baril, en raison des spécificités du marché marocain des produits raffinés ».
Amin Bennouna estime de son côté que les prix à la pompe pourraient descendre sous la barre des 10 dirhams dans les deux mois à venir. À défaut, cela pourrait relancer le débat sur la libéralisation du secteur des hydrocarbures, jugée défavorable pour le consommateur en l’absence de régulation.
Des marges confortables pour les distributeurs
Les distributeurs de carburant au Maroc évoluent actuellement dans un environnement très favorable. Outre les marges engrangées ces deux dernières années, l’appréciation récente du dirham face au dollar leur permet de réaliser un gain de change significatif, réduisant encore davantage le coût d’importation.
Malgré la surveillance ponctuelle exercée par le Conseil de la concurrence, déjà intervenu pour sanctionner certaines pratiques anticoncurrentielles, cette régulation reste insuffisante. D’où la nécessité urgente de mettre en place une véritable autorité de régulation du secteur des hydrocarbures. Une réforme de l’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE) est en cours pour élargir ses compétences à ce domaine stratégique.
Le 12/04/2025
Rédaction de lanouvelletribune
www.darinfiane.comwww.cans-akkanaitsidi.net www.chez-lahcen-maroc.com
Les tags en relation
Les articles en relation
Énergies renouvelables : Une capacité d’accueil au Maroc de 7.236 MW sur la période 2024-2028
Cette capacité d’accueil a été définie par l’ANRE. Elle représente la quantité maximale en puissance installée à partir de sources d’énergies ren...
Tourisme : le plan gouvernemental pour repositionner la destination Maroc
Le chef de l’Exécutif a exposé devant la Chambre des conseillers la «roadmap» pour le développement du secteur Tourisme: Indicateurs au vert pour le t...
Quatre questions à la Directrice générale du FMI attendue lundi au Maroc
La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, a accordé un entretien à la MAP à Washington, à la veille de la visi...
« C’est incompréhensible » : malaise après les déclarations d’Emmanuel Macron sur Taïwan
Le chef de l’État a appelé dimanche l’Union européenne à ne pas « être suiviste » des États-Unis et de la Chine au sujet de Taïwan, provoquant un t...
Relations commerciales USA-UE : un équilibre plus complexe
Un excédent commercial européen à relativiser Donald Trump accuse régulièrement l’Union européenne (UE) d’abuser des États-Unis en accumulant des ...
Washington « très inquiet » des variants menaçant la reprise économique
Les Etats-Unis sont "très inquiets" à propos du variant Delta du Covid-19 et des autres variants qui pourraient "menacer" la reprise économique mondiale, a d...
(Billet 670) – Ukraine, les obus tombent… les masques aussi !
Vladimir Poutine contre le reste du monde… Aucune personne sensée ne saurait soutenir ou même convenir de son action en Ukraine et, en y envoyant son armée...
La Côte d'Ivoire vise l'adhésion à l'OPEP : vers une ère d'exportation nette de pétrole
Le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa Coulibaly, a annoncé que la Côte d'Ivoire remplirait bientôt les condit...
Carburants: le stock de sécurité inférieur à 30 jours, des stations-service risquent de tomber e
Dans le meilleur des cas, le stock de sécurité des compagnies de distribution de carburants au Maroc ne dépasse pas la moitié du niveau minimum exigé par l...
Guerre commerciale Trump : inflation et tensions globales
La guerre commerciale lancée par Donald Trump continue d’alimenter l’instabilité économique mondiale, avec des effets visibles aux États-Unis, où une h...
Le FMI prévoit une croissance de 4,5% de l’économie marocaine en 2021
L'économie marocaine devrait enregistrer un taux de croissance de 4,5% en 2021, selon les nouvelles projections du Fonds monétaire international (FMI). ...
Gazoduc Nigéria-Maroc: le fonds de l’Opep débloque 14,3 millions de dollars pour financer l’é
Le Maroc et le Fonds de l’OPEP pour le développement international (Opec Fund) ont procédé à la signature de la documentation juridique relative au financ...


samedi 12 avril 2025
0 















Découvrir notre région