Conflit d’intérêts : la station de dessalement critiquée

L'attribution du marché de la future station de dessalement de Casablanca, estimé à 6,5 milliards de dirhams, soulève des interrogations sur l’éthique et les conflits d’intérêts, mettant en lumière des enjeux politiques et de gouvernance. Ce projet a été octroyé à un consortium incluant Afriquia Gaz, une société liée au Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, par la Commission nationale d’investissement qu’il préside. Une situation qui a provoqué des réactions contrastées.
Opposition et appels à une réforme législative
Deux figures majeures de l’opposition, Abdelilah Benkirane (PJD) et Nabil Benabdallah (PPS), ont publiquement critiqué cette attribution. Ils ont réclamé une loi claire sur les conflits d’intérêts pour éviter de telles controverses. Le PPS a annoncé avoir déposé une proposition de loi à cet effet, une initiative qui reste en attente de concrétisation.
Historiquement, ce sujet figure sur l’agenda politique depuis 2020, avec deux projets de loi déposés sous le gouvernement El Othmani. Cependant, aucun n’a été finalisé. En décembre 2023, l’exécutif a réagi à une demande de l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC), mais sans avancée notable depuis.
Définir et encadrer le conflit d’intérêts
Le concept de conflit d’intérêts, selon l’OCDE, se réfère à une situation où des intérêts privés pourraient influencer les décisions d’un agent public. Trois types de conflits sont distingués : réels, potentiels et apparents. Au Maroc, les cas documentés restent rares, principalement relevés par la Cour des comptes, les cours régionales ou l’Inspection générale de l’administration territoriale.
Un rapport de l’INPPLC en 2022 pointe plusieurs lacunes : absence d’un cadre juridique cohérent, mécanismes de contrôle insuffisants et manque d’une institution dédiée. Ces carences limitent la capacité à prévenir ou sanctionner les infractions liées aux conflits d’intérêts.
Vers une législation renforcée
L’article 36 de la Constitution impose aux pouvoirs publics de prévenir et réprimer les conflits d’intérêts ainsi que d’autres infractions financières. Le Code pénal marocain prévoit également des sanctions, allant jusqu’à dix ans de réclusion et une amende de 100 000 dirhams, pour tout fonctionnaire public impliqué dans des pratiques contraires à l’éthique.
La nouvelle loi sur les conflits d’intérêts, en préparation, devra aligner les normes nationales sur les standards internationaux et intégrer les principes de bonne gouvernance, de responsabilité et de transparence. Elle devra également renforcer les mécanismes de prévention, de contrôle et de sanction, dans un objectif de conformité avec les exigences constitutionnelles et de crédibilité internationale.
Une réforme nécessaire pour 2025 ?
Avec les critiques croissantes sur les procédures de gouvernance, cette loi pourrait jouer un rôle clé dans la lutte contre les dérives. Reste à savoir si cette réforme, attendue depuis des années, sera enfin mise en œuvre à temps pour restaurer la confiance dans les institutions publiques et garantir des pratiques éthiques au plus haut niveau de l’État.
Le 26/12/2024
Rédaction de lanouvelletribune
www.darinfiane.comwww.cans-akkanaitsidi.net www.chez-lahcen-maroc.com
Les tags en relation
Les articles en relation

Tanger : Akhannouch appelle à placer l’agriculture au centre des négociations climat
Le ministre de l’Agriculture et de la pêche maritime, Aziz Akhannouch, a appelé, lundi 18 juillet 2016 à Tanger, à placer l’agriculture au centre des n�...

Flambée des prix : le gouvernement rassure !
Le Maroc connait, depuis plusieurs mois, une hausse importante des prix des produits alimentaires et non alimentaires. Le citoyen, mis à rude épreuve par cett...

Le séisme d'Al Haouz déclaré événement catastrophique
Suite au séisme dévastateur qui a frappé le Maroc le 8 septembre, le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a signé un arrêté le 13 octobre, officialisant...

Pêche et aquaculture : lancement officiel de la 6e édition du salon Halieutis à Agadir
Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a présidé ce mercredi 1er février 2023, la cérémonie de lancement de la 6e édition du salon international Halieu...

Tourisme : Le bilan de la vision 2023-2026 au menu du Conseil de gouvernement
Un Conseil de gouvernement se réunira jeudi sous la présidence du chef de gouvernement Aziz Akhannouch. Lors de cette réunion, le Conseil suivra, au débu...

#MAROC_OASIS_ARGANIER: Baisse de la pauvreté, accès aux services de base, redressement des filièr
S’agissant de l’état d’avancement de la mise en œuvre des conventions signées en octobre 2013, plus de 1,1 milliard DH ont été mobilisés à cet effe...

Souss Massa: Lancement et visite de projets de développement agricole, rural, touristique et de pê
Le ministre de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts, Aziz Akhannouch et la ministre du Tourisme, de l’Artisa...

Carte RAMED : Couverture médicale gratuite ou chèque en bois ?
9,2 millions de Marocains profitent du RAMED (régime d’assistance médicale gratuite pour les indigents), tel est le chiffre brandit avec fierté par M. Benk...

Compact With Africa : M. Akhannouch s’entretient à Berlin avec le Premier ministre néerlandais
Berlin – Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, s’est entretenu, lundi à Berlin, avec le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, en marge de sa parti...

Gouvernement: Le coup de gueule du RNI
Le RNI hausse le ton face à ce qu’il considère comme une attaque contre son président, Aziz Akhannouch. Cette formation accuse «certaines parties qui veul...

Le Roi désigne de nouveaux objectifs à l'agriculture: classe moyenne rurale, jeunesse et emploi
En ouvrant la nouvelle session parlementaire, le vendredi 12 octobre 2018, le Roi Mohammed VI a donné une nouvelle impulsion à l'emploi et à la jeunesse ...