#MAROC_INTERNATIONAL_GEOPOLITIQUE
Le monde sera-t-il "zéro polaire" (pour reprendre la formule de Laurent Fabius), un monde sans gendarmes où les puissances se montreraient impuissantes à peser sur les conflits régionaux et à assurer un équilibre mondial ? Ou au contraire, assistera-t-on au retour de la géopolitique des blocs ?
On ne parle plus, depuis des mois et des mois que du Covid 19 et de temps à autre, de l’élection présidentielle américaine. Pendant ce temps, la Chine poursuit son chemin et consolide ses positions. La réélection possible de Donald Trump donne des sueurs froides aux partisans d’un monde rasséréné et plus sûr. Mais le trumpisme risque de perdurer et la marche vers le retour des blocs reprendre. La pandémie a mit au second plan ce nouvel ordre mondial qui se met en place, alors que l'Occident divisé, rêve de multilatéralisme.
On constate qu’aujourd’hui, le monde, discrètement se réorganise autour de deux blocs, le monde occidental (en partie) mené par les Etats Unis, et un bloc nouveau formé par la Chine, la Russie, l’Iran, et dans une certaine mesure une Turquie hésitante.
Comment, du rêve permis par la chute du mur de Berlin et l’implosion de l’URSS, est-on revenu à un monde bipolaire, s’accompagnant d’une guerre froide revenue. Est-ce là, le "nouvel ordre mondial" attendu ?
Contrairement à l'époque de la Guerre froide, le groupe contestant l’hégémonie américaine, ne le fait pas au nom d'une idéologie puissante, permettant de séduire des partisans à l'étranger. Défendre ses intérêts ne mobilise pas grand monde, hormis l’intéressé. Chacun des Etats appartenant à ce front contestataire de l'ordre américain, a son propre agenda, et sont plutôt des alliés objectifs qu'autre chose.
Les États soumis, appelés pompeusement les Alliés, avaient en réalité perdu leur autonomie et leur pouvoir. Avec le développement des moyens de communication, l’importance prise par la société civile, le niveau d’information et d’éducation des peuples, une telle hégémonie est devenue inacceptable. L’histoire nous apprend qu’un pouvoir hégémonique donne toujours naissance à des périodes de fronde. L’idéologie n’étant plus le ciment du bloc, c’est les intérêts maintenant qui guident le sursaut libérateur.
Aujourd’hui, dans l'esprit américain, spécifiquement depuis la victoire totale de 1991 sur le rival soviétique, tous les pays du monde sont des sujets des Etats-Unis. Ils sont soumis à la puissance du Dollar et à la justice américaine.
Mais les puissances montantes ou revenantes sont ouvertement allergiques à cette suprématie, dépassée à leurs yeux. Le fait nouveau est l’attitude de l’Europe, qui, petit à petit, « timidement » prend ses distances avec Washington, à la satisfaction de son opinion nationale. Si Donald Trump venait à perdre sa réélection, il est possible que l’on revienne à la situation ante.
Donald Trump a l’air de dire que « la fête est finie » car l'économie américaine a recouvré ses forces et que, bientôt, l'armée américaine sera plus puissante que jamais. C’est ignorer le vrai état du monde et l’avance importante que la Fédération de Russie a pris dans l’armement nucléaire tactique. La multiplication des bases militaires à l’étranger, on parle de plus de huit cent, rend vulnérables les forces armées américaines, comme on a pu le constater en Irak. Avoir des unités implantées en terrain devenu hostile, n’est pas de tout repos. C’est ce que nous a enseigné la deuxième guerre mondiale. Le discours américain continu, pour l’heure, d’être fondamentalement unipolaire. Il représente en filigrane un mode de gouvernement mondial instable et dangereux.
Allons-nous donc vers un nouvel ordre mondial, pas vraiment. Une contestation temporaire, oui, et qui pourrait devenir bien plus violente qu'elle ne l'est actuellement, mais pas un nouvel ordre.
Comment l'Europe peut elle s'inscrire dans un éventuel nouvel ordre mondial ? Alors que la tradition gaullienne de la France a été de ne pas s'aligner, qu'en est-il aujourd'hui ? Où en est Emmanuel Macron dans sa volonté de retrouver une diplomatie mitterro-gaulienne ?
Les Etats européens ont constitué, à ce jour, le noyau primordial des vassaux de l'Amérique, le pilier de son pouvoir mondial – ce que disait feu Brzezinski, d'ailleurs.
L'Europe n'existe pas comme acteur géopolitique, pour plusieurs raisons. La première est l’absence dans l’Union de la Russie, la deuxième est que l’Union européenne ne parle pas d’une seule et même voix. L’’Union européenne pourrait devenir ce troisième bloc, garant de la Paix, si elle apportait une réponse à ces deux handicaps.
Le monde sera-t-il "zéro polaire" (pour reprendre la formule de Laurent Fabius), un monde sans gendarmes où les puissances se montreraient impuissantes à peser sur les conflits régionaux et à assurer un équilibre mondial ? Ou au contraire, assistera-t-on au retour de la géopolitique des blocs ?
Pour le moment on occupe les opinions publiques par des communiqués chiffrés, de l’avance ou le recul du virus, du nombre des contaminés et des morts. Pour l’avenir du monde, on verra plus tard. Mais le train continue sa marche et lorsque nos gouvernants reprendront le dossier, il sera vraisemblablement trop tard. Les jeux seront faits.
Le 16 Octobre 2020
Source web Par : quid
Les tags en relation
Les articles en relation
Climat et industrie : l'UE assouplit sa réglementation face à la concurrence mondiale
Face à la pression des industriels et aux défis de la concurrence internationale, la Commission européenne a annoncé mercredi un ajustement de plusieurs ré...
Rencontre France-Maroc : Ce qu’il faut retenir
La 14è rencontre franco-marocaine, a eu lieu jeudi 19 décembre 2019 à Paris. Reçu par le Premier ministre français, une importante délégation ministérie...
Crise du Golfe : le Qatar a-t-il été piégé par les Emirats arabes unis ?
L'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, lors d'un réunion du Conseil de coopération du Golfe à Bahreïn en décembre 2016. (Crédits : Reu...
Le Maroc rouvrira-t-il ses frontières ?
Dès que le Maroc a détecté un premier cas d’infection au variant Omicron sur son territoire, le gouvernement a annoncé une série de mesures visant à lut...
Guerre commerciale Trump : inflation et tensions globales
La guerre commerciale lancée par Donald Trump continue d’alimenter l’instabilité économique mondiale, avec des effets visibles aux États-Unis, où une h...
#MAROC_VACCINATION_ROOI_MAROC: Le Roi Mohammed VI reçoit la première dose du vaccin contre la Covi
Le Roi Mohammed VI a procédé, jeudi au Palais Royal à Fès, au lancement de la campagne nationale de vaccination contre le virus de la Covid-19. A cette o...
Le Maroc se dote de trois nouveaux parcs industriels
Le Maroc disposera bientôt de trois nouveaux parcs industriels. Localisés à Had Soualem, Bouznika et Sahel Lakhyayta, ils seront financés par le Millenium C...
Les relations France-Afrique : une coopération économique active et discrète
La coopération entre la France et l'Afrique demeure vivace, bien que souvent éclipsée des médias, mais elle revêt une efficacité discrète. Au-delà d...
Fatim-Zahra Ammor : “Le tourisme interne figure parmi nos priorités”
Fatim-Zahra Ammor, ministre du Tourisme, de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire, dévoile, dans cet entretien, la place accordée au tourisme...
Covid-19 : le Maroc renforce ses restrictions sanitaires
Nouvelles mesures sanitaires au Maroc. À Salé, la police a mis en place des barrages routiers dans le centre-ville. Cette mesure s'ajoute à la prolongati...
Visite d’État d’Emmanuel Macron au Maroc : Une délégation de haut niveau pour renforcer les r
Emmanuel Macron, président de la République française, effectuera une visite d’État au Maroc du 28 au 30 octobre, accompagné d’une délégation de haut...
Rétrospective: Les événements internationaux qui ont marqué 2016
Coup d’Etat raté en Turquie, accord de paix en Colombie, Brexit, etc. 2016 a été ponctuée d’événements parfois inattendus. Retour sur ceux qui ont mar...


mardi 20 octobre 2020
0 















Découvrir notre région