Banque du climat : 40 milliards pour transformer l’économie en quatre ans

Rénovation thermique des bâtiments, mobilités durables, développement des énergies renouvelables, accélération des innovations vertes… Bpifrance et la Banque des territoires ont développé un plan climat de 40 milliards d’euros, sur quatre ans, pour accélérer la transition écologique des entreprises et des collectivités. En associant leurs forces, les deux entités publiques se posent en véritable banque du climat.
La Banque des territoires et Bpifrance ont annoncé un plan commun pour accélérer la transition écologique de la France. À elles deux, elles prévoient d’injecter 40 milliards d’euros dans les quatre prochaines années, en se focalisant sur trois axes : la décarbonations des entreprises et des territoires, le développement des énergies renouvelables, et le financement massif des innovations vertes.
La Banque des territoires, entité du groupe Caisse des dépôts (dont Novethic est une filiale), et Bpifrance, filiale à 50 % du même groupe, ont choisi d’opérer main dans la main pour mettre en œuvre ce plan climat. "Bpifrance et la Banque des territoires forment une plate-forme commune, qu’on pourrait appeler une banque du climat", explique Nicolas Dufourcq, le directeur général de Bpifrance.
Deux angles complémentaires
L’alliance de ces deux entités permet d’aborder la transition écologique sous deux angles complémentaires. La Banque des territoires s’occupe de celui des infrastructures et des réseaux, nécessaires au déploiement des technologies vertes et au développement des entreprises. Tandis que Bpifrance accompagne les entreprises, aussi bien dans leur transition vers des modes de production moins émetteurs, et dans le lancement de nouvelles solutions technologiques.
Les sommes prévues par ce plan climat sont importantes. En tout, près de 20 milliards d’euros seront consacrés à la décarbonations des outils de production des entreprises et à la transformation des territoires (rénovation des bâtiments, stations de recharge pour les mobilités durables, etc.). Quelque 14,5 milliards seront consacrés au développement des énergies renouvelables. Enfin, 5,5 milliards d’euros serviront à faire émerger des startups vertes ou encore à rénover les réseaux d’eau, de chaleur, de traitement des déchets, etc.
Cette plate-forme commune se retrouvera directement sur le terrain. C’est le cas sur le sujet de la rénovation énergétique des bâtiments. La Banque des territoires prévoit une enveloppe de 10 milliards d’euros pour financer la rénovation des logements sociaux. Elle ambitionne de créer des projets réunissant plusieurs bailleurs sociaux pour réaliser des économies d’échelle et baisser le prix des travaux. "Cela permet de massifier la production d’isolant, donc de produire hors site des plaques d’isolation qui vont limiter la durée du chantier et industrialiser les façades isolantes. Et cela, on le fait avec des entreprises sourcées par Bpifrance", explique Olivier Sichel, le patron de la Banque des territoires.
Susciter les projets
Reste désormais à susciter les projets. "Les financements sont à disposition, ce qu’il faut maintenant, c’est engager les décideurs", rappelle Olivier Sichel. Pour Nicolas Dufourcq, Bpifrance doit jouer son rôle de "banque activiste". "Notre travail, c’est de faire du porte à porte pour inciter les entrepreneurs à bouger, dit-il. Notre rôle, c’est de pousser nos clients dans la piscine !" Une enquête récente de Bpifrance Le Lab montrait que les dirigeants de PME étaient conscients des enjeux climatiques, mais manquaient d’outils pour y faire face.
Là aussi, tant côté Banque des territoires que Bpifrance, de nombreux outils d’accompagnement devraient être déployés. Comme le réseau "Cœur de ville", dans lequel la Banque des territoires veut susciter l’échange de bonnes pratiques entre les maires. Ou encore le lancement du Volontariat Territorial en Entreprise vert, dans lequel un jeune diplômé va travailler dans une PME pour l’aider à mettre en place des projets de transition.
Enfin, Bpifrance compte aussi reproduire le succès du réseau French Tech, qui fédère les start-ups françaises sous la bannière d’un coq rouge. La banque d’investissement publique veut créer une communauté d’entrepreneurs engagés dans la transition climatique, fédérés sous un coq vert, là-aussi pour échanger des bonnes pratiques. "Les entrepreneurs écoutent d’abord les entrepreneurs et ensuite un peu leur banquier", résume Nicolas Dufourcq.
Arnaud Dumas, @ADumas5
Le 09 septembre 2020
Source web par : novethic
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