Le spectre des plans sociaux dans les PME
Le versement de l’indemnité Covid aux salariés prend fin le 30 juin
Les dirigeants concèdent «ne pas pouvoir garder tout le monde»
Plus de 7 salariés sur 10 dans l’hébergement et la restauration ont été déclarés en arrêt temporaire de travail
Grande angoisse chez les chefs d’entreprise à l’approche du 30 juin, date d’extinction des mesures d’urgence de soutien mises en œuvre en mars dernier par les autorités. La plus spectaculaire est l’allocation de 2.000DH versée par la CNSS à chaque salarié à l’arrêt. Ce dispositif était financé par le fonds spécial Covid.
Peu importe la situation, les entreprises vont devoir réintégrer leurs salariés et faire face aux échéances notamment fiscales et sociales reportées fin mars dernier. Sauf dans la majorité des cas, l’activité redémarre lentement voire, à moins de 50% de la capacité. «Nous n’avons aucune visibilité. L’activité tourne à 45% et nous n’arrivons ni à anticiper, ni à prévoir l’évolution des prochains mois», souligne un opérateur dont l’activité est liée à la restauration.
L’indemnité Covid-19 a permis le maintien de l’emploi mais avec la reprise, plusieurs entreprises, voire secteurs, ne pourront pas maintenir le volume d’emploi d’avant la crise. Certains dirigeants interrogés par L’Economiste n’écartent pas le recours aux plans sociaux. Ils assurent que «les licenciements en raison de la situation économique ont commencé par les contrats à durée déterminée ou encore les contrats à l’essai».
Dans la restauration et toute la chaîne des activités liées au tourisme, l’immobilier,… la situation est critique. Dans le textile, des industriels parlent d’une double peine. Le respect des mesures sanitaires engendre des coûts supplémentaires: les frais de transport augmentent et les salariés ne peuvent travailler en même temps.
A cela s’ajoutent «les incertitudes sur la prise en charge par l’Etat des coûts des tests». Ils assurent aussi par ailleurs composer avec plusieurs autres éléments. C’est le cas notamment du manque de visibilité, du risque d’impayés des clients de moins en moins solvables, des marges plus faibles puisque l’offre est importante ainsi que des risques d’annulation des commandes. Autant d’incertitudes qui inquiètent à l’approche du délai du 30 juin. «Il faut une certaine flexibilité puisque nous n’avons pas la possibilité de réintégrer tous les salariés sauf si les ventes reprennent en Europe et avec les commandes adressées au Maroc».
Dans l’offshoring, la situation est tout aussi incertaine. « Certains acteurs pourront reprendre tout leur personnel et d’autres difficilement. Nous essayons de limiter les dégâts», note un chef d’entreprise. D’autres assurent être dans l’obligation «d’optimiser les coûts et de ne garder qu’une partie des collaborateurs. L’idéal serait la prolongation de la prise en charge partielle de la rémunération des employés en arrêt de travail». Une option que des responsables contactés par L’Economiste n’écartent pas: «la décision revient au Comité de veille économique qui déciderait ou pas de proroger ce dispositif de soutien. Logiquement, cela devrait être le cas».
Les propositions de la CGEM comptent un ensemble de mesures de soutien durant la phase relance. Certaines pourraient être introduites dans le projet de loi de finances rectificative. Ce plan de la confédération patronale s’articule autour de trois volets principaux: sauvegarder l’offre, stimuler la demande et transformer l’économie. Il se décline en 25 programmes sectoriels et 508 propositions de mesures. Il propose l’introduction du chômage partiel au-delà du 30 juin 2020 pour un an pour accompagner les entreprises en difficulté. L’employeur prendrait en charge 50% du salaire et l’Etat 50% dans la limite de 3.000 DH ainsi qu’une exonération de l’IR. Ce dispositif est conditionné par le maintien de 80% des effectifs.
Le 11/06/2020
Source Web Par L’économiste
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vendredi 12 juin 2020
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