Transport touristique au Maroc : la faillite et les drames financiers menacent un secteur vulnérable
Suite à la fermeture des frontières, mesure préventive contre la propagation du coronavirus au Maroc, le transport touristique se trouve désormais sans vision claire concernant le sort d’un secteur dont l’activité repose directement sur le tourisme. Afin de nous aider à mieux comprendre le marasme dont souffre la filière, Samir Gaizi, Vice-Secrétaire Général de La Fédération Nationale de Transport Touristique au Maroc, dévoile les défis actuels d’un secteur vulnérable.
Samir Gaizi, Vice-Secrétaire Général de La Fédération Nationale de Transport Touristique au Maroc
Étant un secteur destiné principalement aux touristes étrangers, les services du transport touristique au Maroc sont à l’arrêt total. « Au moment où d’autres secteurs peuvent, après le déconfinement, s’offrir une reprise progressive d’activité avec les résidents Marocains, cette alternative ne constitue malheureusement qu’une partie négligeable notre activité », déclare Samir Gaizi.
L’absence de visibilité, quant à la durée de la crise et au moment de reprise d’une activité rentable, rend le secteur plus fragile. Aujourd’hui, la viabilité des entreprises du transport touristique est menacée par la faillite. « Sans doute, la priorité actuelle pour notre pays est la préservation de la santé des citoyens. Or, la préservation du maximum possible d’emplois est également primordiale », rappelle M. Gaizi. Face à plusieurs problèmes, majoritairement financiers, la Fédération a adressé plusieurs demandes d’intervention aux organismes compétents. « Ces demandes sont malheureusement restées sans réponse malgré l’urgence de la situation de notre secteur, et qui risque de durer au minimum 12 à 18 mois, selon les prévisions des experts », informe la même source.
En effet, le 11 avril, la Fédération Nationale de Transport Touristique au Maroc a demandé au Comité de Veille Économique (CVE) de clarifier ses décisions quant au report des échéances de crédit. Ce dernier a été clairement décidé sans aucun intérêt, ni pénalité, ni majoration. Pourtant, quelques organismes de prêts appliquent des intérêts sur les reports. Un acte que la Fédération attribue au manque de clarté, engendrant des interprétations différentes et sujettes à discordances. Effectivement, pour profiter de la prolongation des remboursements, « les banques exigent la signature d’un avenant vierge. Ce dernier donne le pouvoir à la banque de changer librement le tableau d’amortissement. Cette procédure est déjà en application et nos sociétés, en attendant, ignorent le résultat de l’étude faite par la banque, et le taux d’intérêt qui leur sera appliqué », explique M. Gaizi, tout en se posant la question : pour un secteur où toutes les entreprises ont des crédits vis-à-vis de leur parc automobile, comment peut-on demander à ces sociétés, déjà en difficulté, avec une vision floue de leur avenir, de payer des intérêts ?
Pour un certain nombre d’établissements financiers, la décision du CVE s’est traduite par la gratuité du 1er mois du report. Ensuite, l’entreprise doit accepter la condition de l’avenant attestant « d’accepter, de façon irrévocable et inconditionnelle, toutes les modifications résultant du report qui impacteront le tableau d’amortissement afférent au crédit », précise M. Gaizi. Par contre, pour les entreprises suivant l’opération « Leasing », elles reçoivent un avenant avec l’intérêt déjà mentionné. Plus encore, quelques entreprises de transport touristique se sont vues prélever des échéances alors qu’elles ont déposé une demande de report dans les délais impartis (au plus tard 10 jours avant la date d’échéance).
Par ailleurs, les assurances font également partie des soucis de la filière du transport touristique. « Aujourd’hui, les assurances nous ont mis face à 2 choix. Soit de résilier définitivement le contrat, soit de le garder en continuant à payer », regrette M. Gaizi. Ainsi, la possibilité de mettre les contrats en stand-by et de les reprendre après la reprise de l’activité n’est pas discutable. Une décision qui influence aussi directement l’ancienneté. « L’ancienneté nous permet, chaque année, de profiter d’une réduction de 10% sur les prix de l’assurance. Un pourcentage qui a son importance quand l’entreprise dispose d’un grand nombre de véhicules », explique le Vice-Secrétaire Général. Ici, la Fédération souhaite faire appel au côté humain des assurances pour permettre la mise des contrats en stand-by, d’un côté, et ne pas priver les entreprises de leurs droits en réductions, d’un autre côté.
Enfin, interrogé sur le devenir du secteur, Samir Gaizi décrit le long combat qui reste à affronter. « Même après la crise, nous ne pensons pas que les touristes étrangers auront comme priorité de passer leurs vacances en dehors de leurs pays », assure-t-il. En attendant, les représentants du secteur demandent une vision spécifique de l’État vis-à-vis de leurs difficultés.
À l’heure actuelle, les professionnels du transport touristique comptent sur la continuité des indemnités d’arrêt de travail. Parallèlement, ils s’engagent à payer la différence de salaire à leurs employés. Toutefois, ladite continuité doit être étudiée en fonction de la date de reprise effective de l’activité. Une action qui nécessitera, entre autres, l’accompagnement de l’État pour éviter d’éventuels scénarios de drames sociaux.
Le 25/04/2020
Source Web Par Chrmagazine
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lundi 27 avril 2020
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