Le HCP pointe les défaillances du gouvernement envers les Marocains du monde
Si les Marocains résidant à l’étranger (MRE) constituent une véritable richesse en termes de compétentes, celle-ci profitent peu au développement national, au vu des défis auxquels se confronte la mise en œuvre des politiques de l’Etat. Dans un récent rapport, le Haut-Commissariat au plan (HCP) analyse cette question.
D’après les registres consulaires, le nombre de Marocains vivant à l’étranger a atteint 3,6 millions en 2017. Ce chiffre qui équivaut à près de 10% de la population marocaine résidente dans le pays révèle par ailleurs une féminisation des MRE, ayant globalement un niveau élevé de compétences et une attraction vers de nouvelles destinations, selon le dernier Rapport national sur la population et le développement du HCP.
Récemment rendu public, ce document révèle que la Stratégie nationale en faveur des Marocains du monde se confronte à de nombreux défis, qui ne permettent pas d’intégrer activement les MRE au développement national. D’où l’institution recommande une «gestion continue des relations» de ces ressortissants à leur pays d’origine. «Engager, permettre et habiliter la diaspora pour le développement revient à institutionnaliser les relations entre le gouvernement d’une part et les individus et organisations d’autre part», indique le HCP.
Le document constate d’ailleurs des défaillances au niveau des programmes axés sur la protection des droits et des intérêts des MRE ainsi que sur le renforcement de leur participation au développement national, ce qui nécessite une réadaptation en fonctions des structures chargées de ces missions. En l’occurrence, le HCP préconise un renforcement auprès des structures juridiques, politiques, religieuses, culturelles, environnementales, professionnelles, sociales, associatives et estudiantines qui interviennent auprès des MRE. Par ailleurs, il insiste sur une coordination plus efficace entre ces différents services, pour une meilleurs bonne gouvernance.
Une cartographie actualisée des MRE s’impose
Pour l’efficience de ces démarches, le HCP souligne l’impératif de mettre en place un système d’information intégré et actualisé, en phase avec le nombre réel des MRE à travers le monde et avec leur mobilité. Ce travail devra avoir comme objectif de mieux déterminer les profils et les compétences, les conditions d’insertion ainsi que les besoins. Pour ce faire, l’un des défis majeurs reste la mise en place de «canaux de communication transnationaux» pour des actions coordonnées et structurées par l’Etat, «de manière à ce que la société civile communique et collabore avec la diaspora».
Mobiliser les ministères compétents pour gérer les relations avec les nationaux à l’étranger et faciliter le transfert de connaissances scientifiques», tout en encourageant l’investissement des MRE dans leur pays d’origine reste tout autant un grand enjeux, que rappelle le HCP en soulignant que «l’agenda 2030, la déclaration de New York et l’agenda africain pour la migration reconnaissent la contribution positive de la diaspora pour la croissance inclusive et le développement durable».
Dans l’idée de passer des paroles aux actes, le HCP appelle à la mise en œuvre d’une formation sur «l’approche pangouvernementale pour mobiliser la diaspora, en commençant par la cartographie de la diaspora (compétences, besoins, préoccupations, etc.) et engager différents départements à élaborer des stratégies sur la façon d’atteindre cette diaspora».
Adapter les usages administratifs aux nouvelles réalités
En parallèle, il s’agira de mieux identifier les MRE de deuxième et des générations suivantes, «dont les relations avec le pays sont différentes de ceux des migrants de première génération» pour «développer des réponses politiques appropriées» à leur engagement dans le développement de leur pays d’origine, tout en adaptant une loi sur la double nationalité qui tienne compte de leurs nouvelles réalités socioéconomiques.
Toutefois, ce processus ne peut se faire sans la mise en place de «conditions politiques, sociales et économiques nécessaires telles qu’un environnement politique favorable et une bonne gouvernance afin d’attirer la diaspora», nuance de HCP. Ce point peut être déterminant dans l’évolution du taux de retour permanent des MRE au pays, insiste l'institution de Ahmed Lahlimi.
Pour les accompagner dans ce sens, il faudra mener «des examens systématiques des programmes de retour afin de mieux comprendre les expériences des rapatriés (…) y compris les facteurs clés qui ont inspiré leurs décisions à faire leur retour (…)». Les résultats de ces démarches devront être exploitées, justement pour «développer une politique et un environnement plus favorable», explique le HCP.
Publié 25 ans après le lancement du Plan d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement au Caire, le rapport du HCP s’intéresse aux questions saillantes du développement économique national en tenant compte de différentes dimensions et de paramètres variés, notamment celui de la migration.
Dans ce sens, le document met en avant l’intégration des MRE à un mécanisme qui nécessite réformes, mais il indique aussi que les ressortissants étrangers accueillis dans le pays constitueront un véritable levier de développement, si les stratégies nationales en la matière s’inscrivent plus efficacement dans des approches transversales et inclusives.
Le 04/11/2019
Source web Par Yabiladi
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vendredi 8 novembre 2019
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