Tourisme rural: un potentiel insuffisamment exploité
Pour cette 12ème Edition des « Mardis du Tourisme », une fois de plus le succès a été bien au rendez-vous. D’assistance d’abord, puisque la salle du penthouse du Sofitel Casablanca, au 24ème étage, était archipleine et donnait déjà de par son altitude de la hauteur au débat…Un débat sur un sujet vaste, complexe et passionnant : le Tourisme Rural.
Comme à l’accoutumé, ce sont Othman Chérif Alami et Bouchra Taibi qui ont ouvert la séance et présenté le sujet du jour.
Au programme, deux personnalités : Saïd Mouhid (Président de l’Observatoire du Tourisme et DG du CRT Casablanca Settat) et Jamal Belahrach (Président de la Fondation Zakoura).
Certains auraient voulu les voir débattre entre eux sur le thème choisi, vu que l’un est un expert du tourisme, qui a exposé l’aspect historique, et l’autre un homme « de terrain », si l’on peut dire, puisqu’il travaille directement au contact des ruraux dans le cadre de ses compétences à la Fondation Zakoura et c’est en sociologue qu’il s’est plutôt exprimé.
Saïd Mouhid a fait un rappel historique du tourisme rural au Maroc et un rapport détaillé de ce qui avait été fait ces dernières années pour le développer. Quant à Jamal Belahrach, il a parlé à travers son expérience personnelle des possibilités de ce secteur particulier pour l’amélioration des zones rurales.

Jamal Belahrach (Président de la Fondation Zakoura)

Saïd Mouhid (Président de l’Observatoire du Tourisme et DG du CRT Casablanca Settat)
Nous reviendrons dans un prochain article plus amplement sur tout ce qui a été dit au cours de cette soirée, mais dans un premier temps, que peut-on retenir en priorité ? Voici quelques éléments d’importance.
Tout d’abord, que le tourisme rural n’est pas une nouveauté au Maroc même s’il est un phénomène de mode à travers le monde depuis quelques années. Il a toujours été pris en compte par les autorités touristiques. Ne serait-ce que parce que le tourisme rural est une évidence dans ce pays qui compte mille et une merveilles naturelles et que sa population rurale est considérable. 85 % des communes le sont et vit de ce que produit son environnement. Mais pas suffisamment sans doute compte tenu de l’exode vers les milieux urbains.
Le tourisme rural est donc une opportunité d’ajouter un plus pour améliorer les ressources des zones les plus défavorisées. Et tout le monde en est conscient… sauf les ruraux souvent qui n’ont apparemment pas été assez formés pour concevoir et mettre en œuvre un écosystème rentable.
Or si l’Etat peut les assister et les aider à développer cette économie, les initiatives doivent être prises en charge par les communes ou les associations rurales elles-mêmes, car rien ne peut être fait sans la volonté des intéressés.
La preuve en est les cas des régions du Souss ou de Chefchaouen qui ont réussi de façon spectaculaire leur expérience du tourisme rural, parce que les locaux ont dynamisé leur patrimoine. Mais le patrimoine marocain est si riche en possibilités de toutes sortes, que toutes les facettes du tourisme rural peuvent être abordées à travers la variété qu’offrent les paysages, les coutumes, les traditions, et tout ce qui fait du Maroc un pays à vocation innée pour ce tourisme rural.

Conclusion : si l’on a beaucoup fait pour le tourisme urbain et balnéaire, il faut en faire autant ou plus pour le tourisme rural, car il est de plus en plus demandé à l’international. Comme l’a bien dit Jamal Belahrach, les gens de nos jours veulent voyager pour faire des expériences nouvelles, pour découvrir des lieux et des personnes qui leur procurent des émotions uniques et différentes…
Sans compter que pour les populations rurales, ce serait une source d’emplois (500000 sont possibles au moins). Et pour les Marocains en général une manière de leur faire mieux connaître leur pays. Car le tourisme rural c’est aussi et surtout la valorisation de la richesse matérielle et immatérielle de ses racines et de son histoire.
Quel a donc été le problème et le handicap à une meilleure exploitation de cette richesse naturelle ? Deux principalement : l’accessibilité (routes) et l’hébergement (insuffisant ou de qualité moyenne). C’est ce qui ressort d’une étude faite à ce sujet par une agence internationale dont un des représentants était présent à cette 12èmeédition des Mardis du Tourisme et qui l’a dit sans détours.
Le 20/03/2019
Source web : premium travel news
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jeudi 21 mars 2019
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