Une vague d'attaques informatiques inédite en cours dans le monde entier
PIRATAGE INFORMATIQUE - La situation est d’une ampleur inédite. L’Internet mondial est actuellement visé par une vague d’attaques informatiques consistant à modifier les adresses des sites internet pour les pirater, a alerté vendredi 22 février l’organisme international qui attribue les adresses internet (ICANN).
Selon des experts extérieurs à l’ICANN interrogés par l’AFP, les pirates ciblent aussi bien des gouvernements que des services de renseignements ou de police, des compagnies aériennes ou l’industrie pétrolière, et ce au Moyen-Orient ou en Europe.
L’un d’entre eux estime en outre que ces attaques ont pour origine l’Iran.
Les pirates peuvent récupérer des données
Ils “s’attaquent à l’infrastructure internet elle-même”, a indiqué vendredi à l’AFP David Conrad, un des responsables de l’ICANN, qui évoque une campagne “inédite à très grande échelle”, qui s’est extraordinairement intensifiée très récemment. “Il y a déjà eu des attaques ciblées mais jamais comme ça”, a-t-il ajouté après une réunion d’urgence de l’organisation vendredi.
Pour l’essentiel, ces attaques consistent ”à remplacer les adresses des serveurs” autorisés “par des adresses de machines contrôlées par les attaquants”, a expliqué l’organisme. Ce qui permet aux pirates de fouiller dans les données (mots de passe, adresses mail, etc.) sur le chemin voire de capter complètement le trafic vers leurs serveurs.
Basé en Californie, l’ICANN gère le système des noms de domaines en ligne que le grand public connaît sous formes d’adresses de sites en .com ou .fr mais aussi .gov etc. par exemple. C’est précisément au système des noms de domaine (“Domain name System”, DNS) -qui permet de relier un ordinateur à un site internet- que s’attaquent les pirates, non identifiés. Ces noms fonctionnent un peu à la façon des opératrices téléphoniques d’antan, qui connectaient les interlocuteurs entre eux en branchant des câbles sur un circuit.
“Pas d’outil unique” pour régler le problème
Les attaques contre les DNS, surnommées “DNS pionnage”, “c’est en gros comparable à quelqu’un qui va au bureau de poste, ment sur votre adresse, lit votre courrier puis le met lui-même dans votre boîte aux lettres”, expliquait aussi il y a peu le ministère américain de la Sécurité intérieure (DHS) à propos de ces attaques, dont les premières remontent semble-t-il au moins à 2017. “Beaucoup de choses néfastes peuvent vous arriver (ou à l’expéditeur) en fonction du contenu du courrier”, ajoutait le DHS.
Avec l’intensification récente des attaques, l’ICANN “estime qu’il y a un risque en cours important sur des parties importantes de l’infrastructure des noms de domaine”, a-t-il dit vendredi, appelant les responsables informatiques à prendre des mesures adéquates. Précisément, il appelle à déployer un protocole de protection appelé “Domain Name System Security Extensions” (DNSSEC).
Pour autant, “il n’y pas d’outil unique pour régler cela”, a prévenu David Conrad, de l’ICANN. “Nous devons améliorer la sécurité globale du DNS si nous voulons avoir un espoir d’empêcher ce genre d’attaques”, a-t-il ajouté.
Les “hackers” cherchaient à voler des mots de passe
Selon Ben Read, de la firme spécialisée dans le cyber-espionnage Fire Eye, la liste des cibles du “DNS pionnage” contient notamment des organisations qui enregistrent les noms de domaine (elles-mêmes validées par l’ICANN) ou des fournisseurs d’accès internet, en particulier au Moyen-Orient. Les attaques cherchent en priorité à récupérer adresses mail et mots de passe, a précisé Ben Read, qui affirme “qu’il y a des preuves que cela vient d’Iran ou est fait pour soutenir l’Iran”.
Plongée dans les récents piratages à grande échelle de noms de domaine”
Selon un autre expert, Adam Meyers de la firme Crowd Strike, les “hackers” cherchaient notamment à voler des mots de passe au Liban et aux Émirats arabes unis. “Avec cet accès, ils pourraient faire cesser de fonctionner des pans d’Internet. Ils ont choisi d’intercepter (les données) et d’espionner les gens”, a-t-il ajouté.
Les attaques informatiques, de toute ampleur et de toute nature, se multiplient à une vitesse exponentielle ces dernières années. Selon les experts, les pirates appartiennent le plus souvent à deux catégories principales: des individus ou des groupes de “hackers” qui veulent gagner de l’argent (rançongiciels, revente de données personnelles sur la partie cachée d’Internet surnommée ‘darknet’...) ou bien des États, qui souhaitent espionner d’autres pays et/ou y semer des dissensions politiques.
Selon experts et autorités de nombreux pays (en particulier les États-Unis), la Chine, la Russie, l’Iran ou la Corée du Nord sont particulièrement actifs en matière de piratage, ce que démentent les intéressés.
Le 23 février 2019
Source web : huffpostmaghreb
Les tags en relation
Les articles en relation
Après les inondations, l’immense cimetière de voitures en Chine
Les flots d’eau meurtriers qui ont touché Zhengzhou en Chine en juillet ont laissé des dizaines de milliers d’épaves de voitures en se retirant. Une sais...
« Brexit or not Brexit, telle est – encore - la question ? »
Les observateurs évaluent les différents scénarios possibles après le troisième vote vendredi des députés britanniques sur le Traité de retrait de l'...
Guerre de 1914-18 : les soldats marocains "dans toutes les grandes batailles
Tirailleurs ou sphahis, engagés volontaires depuis leur campagne pour devenir des éléments de choc sur le front: les soldats marocains des troupes coloniales...
Vers une prolongation de la garde à vue de Carlos Ghosn
Le parquet de Tokyo doit demander ce vendredi l'extension de la garde à vue de Carlos Ghosn, tout-puissant patron arrêté le 19 novembre dernier à Tokyo,...
La triche: un marché de 28 milliards de dollars pour intégrer les grandes universités étrangère
Engager un prête-plume, falsifier des références sportives ou apprendre à discuter du football américain: moyennant des dizaines de milliers de dollars, de...
Grosse frayeur lors d’un vol Paris-Marrakech
Ayant décollé de l’aéroport parisien d’Orly, à destination de Marrakech, un avion a dû rebrousser chemin, après un quart d’heure de vol. L’étr...
#MAROC_ONU_GUTERRES_SECOND_MANDAT: Antonio Guterres postule à un second mandat à la tête de l'ONU
A 71 ans, le secrétaire général de l'ONU a annoncé hier, lundi 11 janvier 2021, être candidat à un second mandat à la tête de l'Organisation, qu...
Accords Israël-Pays arabes : Le Maroc prend part à une réunion organisée à Bahreïn
Des diplomates des États-Unis, d'Israël, des Émirats arabes unis, de Bahreïn, de l'Égypte et du Maroc se réunissent, ce lundi à Bahreïn, dans lo...
Un Facebook qui mise sur les groupes et les rencontres physiques : Vers un nouveau Tinder ?
Le célèbre réseau social lance de nouvelles fonctionnalités, dévoilées mardi par l'entreprise. Mark Zuckerberg explique à cette occasion que Facebook...
France : une amende record de 50 millions d’euros pour Google
Le géant américain Google a écopé, lundi 21 janvier 2019, d’une amende record de 50 millions d’euros infligée par l’autorité française chargée de ...
Brésil : L’Amazonie en proie aux incendies, la ville de Sao Paulo plongée dans le noir
Les feux de forêt, notamment en Amazonie, ont augmenté de 83 % au Brésil depuis le début 2019 par rapport à l’année précédente. Principale raison la d...
Pays à risques : le quai d'Orsay rappelle à l'ordre les TO et (surtout) les plateformes en ligne
Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État au quai d’Orsay chargé du tourisme, insiste sur la responsabilité d'informations des opérateurs du tourism...


lundi 25 février 2019
0 
















Découvrir notre région