Abderrafie Zouiten : «Nous allons essayer d’avoir trois ou quatre autres événements, notamment en période de basse saison»
Entretien avec Abderrafie Zouiten, président de la Fondation Esprit de Fès
Abderrafie Zouiten est depuis trois ans président de la Fondation Esprit de Fès, initiatrice du Festival de Fès des musiques sacrées du monde. Nous l’avons rencontré en marge de la 24ème édition qui se poursuit jusqu’à ce 30 juin. Il parle de son apport pour le festival après une longue expérience dans le tourisme. Au-delà du festival, il prévoit également d’organiser d’autres activités culturelles à Fès.
ALM : Les chiffres du tourisme connaissent un pic lors de la seule période du festival. Comment faire en sorte que cette hausse soit enregistrée tout au long de l’année ?
Abderrafie Zouiten : Il est vrai qu’il y a un pic durant le festival parce que c’est l’objet. C’est pourquoi nous allons essayer de faire en sorte, au niveau de la fondation Esprit de Fès, de ne pas avoir un seul événement mais trois ou quatre autres le reste de l’année, notamment en période de basse saison. Déjà, l’année dernière, l’aéroport de Fès a, pour la première fois, dépassé le cap du million d’arrivées. Il a même devancé Tanger. Cette tendance pour Fès a connu la plus forte croissance d’activité touristique en 2017 comparé à la moyenne nationale. Cette tendance se poursuit. Nous sommes à plus de 30% en termes d’arrivées. Aujourd’hui, Fès est pratiquement connectée à toutes les grandes capitales et plusieurs villes européennes. Comme vous le savez, j’étais à la RAM et à l’Office national marocain du tourisme (ONMT). En l’espace de deux ans, j’ai injecté avec des compagnies aériennes 300.000 sièges d’avion sur Fès et j’ai ramené plusieurs compagnies aériennes. J’ai même pensé à relier Fès à Séville et Fès à Marrakech.
Qu’en est-il du renouveau de Fès? Comment l’avez-vous exploité pour le festival?
Fès a connu un renouveau exceptionnel dans la médina et une restauration des monuments. Entre le Millennium Challenge Account et l’accompagnement de l’Etat, 80 millions de dollars ont été débloqués. Aussi, un autre plan vient d’être visé devant Sa Majesté le Roi il y a environ un an. Cette stratégie et cette impulsion royale sont payantes pour la culture et le tourisme. Nous saisissons, à notre niveau, le festival pour qu’il soit un moyen de montrer le renouveau de Fès qui consiste à redonner vie non seulement à la ville mais aussi à ses régions. Nous demandons même aux artistes de parler de Fès dans leurs blogs. Et c’est parce qu’il y a eu le renouveau de Fès que j’ai proposé la thématique «Savoirs ancestraux» pour cette 24ème édition.
Dans certains espaces du festival comme Bab El Makina, le public est majoritairement étranger. Pourquoi ne pas intéresser celui marocain ?
Il y a quand même des Marocains qui y assistent. Nous faisons de la communication en essayant d’intéresser les gens. Nous le faisons à travers nos sponsors, des campagnes média et des reportages. Il y a aussi plusieurs médias nationaux, voire internationaux qui couvrent le festival. Nous avons également les chaînes de télé et radio qui retransmettent. Pour répondre à votre question, la présence des nationaux est également importante. De plus, nous donnons à des associations de bienfaisance pour ramener des enfants gratuitement en offrant un quota de 20 à 40 invitations. Nous nous sommes également beaucoup ouverts sur les universités à l’instar de Sidi Mohamed Ben Abdellah, Al Qaraouiyine, Al Akhawayne et Euromed entre autres pour que les étudiants y assistent aussi. Dans le forum de Fès, où j’ai tenu à rendre hommage à Feu Taj Eddine Baddou, ex-directeur de la fondation Esprit de Fès, initiatrice du festival, et qui fait partie intégrante du festival, il y a beaucoup d’intervenants marocains aux côtés de ceux étrangers comme Edgar Morin qui a fait une communication intéressante sur le thème «Savoirs ancestraux» choisi pour célébrer la manifestation.
Comment se déroule le processus de validation du programme du festival?
Déjà, la fondation est composée d’un conseil d’administration qui valide le programme. Nous avons également un comité culturel et artistique que je préside. Il est composé de professionnels qui décident de la programmation du festival. Dans ce comité, nous échangeons des idées que nous soumettons au conseil d’administration. Pour ma part, j’assiste également aux répétitions aux côtés du directeur artistique pour donner des avis. J’ai également eu l’idée de révéler davantage de nouveaux jeunes talents comme Issam Serhan pour leur donner une chance. Il a fait un duo extraordinaire avec Jesus Mendes lors de la création d’ouverture du festival. Par l’occasion, les femmes sont d’un grand apport. Nous n’avons pas encore suffisamment de femmes en actions culturelles.
La fondation Esprit de Fès est désormais partenaire de l’Unesco. Pourriez-vous nous en raconter le déroulé?
Il y a plus d’un mois, la fondation est devenue partenaire de l’Unesco qui a un comité exécutif composé de 58 Etats membres. Depuis deux ans, avec le soutien de notre ambassadrice Zouhour Alaoui, nous avons présenté notre dossier. Ce comité a approuvé à l’unanimité un partenariat officiel avec la fondation. C’est une grande reconnaissance. Ainsi, nous essayons de faire un rapprochement des cultures. Après cela, nous allons également essayer de créer une association rassemblant les amis du festival qui a une notoriété.
Vous venez de quitter l’ONMT. En plus de votre fonction en tant que président de la fondation Esprit de Fès, quel serait le prochain poste que vous occuperez ?
Comme vous le savez j’ai passé 36 ans à la RAM, j’en suis sorti en tant que directeur général exécutif. J’ai été également à l’ONMT. J’estime avoir fait du très bon travail. Pour l’heure, je m’occupe du festival, j’essaie de faire le maximum de ce que je peux apporter en ayant notamment un esprit d’équipe. Après on verra !
Le 29 Juin 2018
Source web Par Aujourd'hui le Maroc
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lundi 2 juillet 2018
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