Pourquoi Hassad a-t-il été limogé par le roi ?
La nouvelle est tombée le 24 octobre. le roi a limogé 4 responsables ministériels à cause des retards accusés par le programme d'Al Hoceima Manarat Al Moutawassit. Si le limogeage de la plupart des ministres semblait plus ou moins attendue, celui de Hassad l'est beaucoup moins. Pourquoi ce cacique du "makhzen" a-t-il à son tour subi les foudres du Palais royal ? Explications.
Le mardi 24 octobre, Mohammed VI reçoit au Palais royal le rapport de la Cour des comptes sur le programme d'Al Hoceima Manarat Al Moutawassit, de la part de Driss Jettou, en présence du Chef du gouvernement Saad Eddine El Othmani, du ministre de l'Intérieur Abdelouafi Laftit, et de celui des finances Mohamed Boussaid. Le monarque décide alors de limoger quatre ministres, dont, à la surprise générale, Mohamed Hassad, ministre de l'Éducation nationale, qui occupait le poste de ministre de l'Intérieur au moment du lancement du projet "Al Hoceima Manarat Al Moutawassit".
Selon le rapport de Driss Jettou, une convention signée entre le ministère de l'Intérieur et le Conseil provincial d'Al Hoceima prévoyait une contribution de 1,2 milliard de dirhams de la part du département dirigé par Hassad sous le gouvernement Benkirane au profit de la province. Le ministère de l’Intérieur n’a pas procédé en concertation avec le conseil bénéficiaire, à l’établissement du programme d’emploi pour ce fond, mais a plutôt redéployé sa contribution vers l’Agence du Nord au lieu du Conseil provincial, lui reproche la Cour des comptes.
Malgré les argument de la Cour des comptes, le limogeage de Mohamed Hassad en a surpris plus d'un, d'abord parce que l'actuel ministre de l'Education a multiplié les coups de com' depuis qu'il est à la tête d'un département prioritaire, et ensuite "pour sa qualité de technocrate", estime le politologue Omar Cherkaoui. "Au Maroc, nous n'avons pas l'habitude de voir des ministres technocrates limogés, ils sont vus comme des ministres de Sa Majesté, donc des ministres de souveraineté", poursuit le chercheur.
Pour Omar Cherkaoui le limogeage de Mohamed Hassad "crédibilise" la décision de Mohammed VI. "C'est un message fort qui affirme qu'il n'y a devant la loi aucune différence entre un ministre technocrate et un ministre issu d'un parti politique, aucune différence entre un ministère de souveraineté comme celui de l'Intérieur et un autre ministère", explique Cherkaoui qui avance également une autre explication.
"un polytechnicien exécutant "
Le limogeage de Hassad s'explique aussi par son degré de responsabilité dans les retards accusés par les projets d'Al Hoceima, étant donné "la sensibilité" et la "puissance" du ministère de l'Intérieur. "Il est le ministère qui coordonne entre tous les secteurs, et entre les ministères de tutelle et les conseils locaux", explique encore notre politologue.
Le politologue Mohamed Ennaji donne un son cloche différent. L'écrivain et politologue qualifie le limogeage de Hassad de "poudre aux yeux". Pour l'auteur de "Le sujet et le Mamlouk", le limogeage n'a touché que "des pièces interchangeables substituables pour le pouvoir, qui n’ont aucune signification politique", comme Mohamed Hassad qui n'est autre "qu'un polytechnicien exécutant".
Le 24 Octobre 2017
Source Web Par H24info
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jeudi 26 octobre 2017
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