Alors que l’avancée de l’océan est irréversible, les autorités ferment les yeux sur le saccage de dunes séculaires à Mohammedia
La mise en péril de tout un quartier pour que cupidité et spéculation immobilière s’épanouissent
A Mohammedia, à moins d’un miracle, on s’achemine doucement mais sûrement vers une catastrophe écologique des plus certaines. En effet, la cité et ses décideurs offrent à la spéculation immobilière gangrénant çà et là, n’importe où et sous toutes ses formes même les pires, un libre et total épanouissement dans toute sa mesure au détriment de l’intérêt de la collectivité.
Aucun endroit de la ville n’est épargné par le béton et de surfaces jadis anodines et protégées jaillissent à chaque jour que Dieu fait, immeubles, buildings, baraques et autres horreurs en complet déphasage avec la réalité d’une agglomération devenue par la force des choses et de ceux qui veillent à sa gestion, une cité-dortoir sans plus. La priorité à laquelle ils devaient en principe s’atteler, à savoir la suppression des bidonvilles, est reléguée aux oubliettes et au regard de leur prolifération donc peu prête à être endiguée par ces temps où une course effrénée à l’enrichissement personnel au détriment de l’intérêt général est engagée.
A Mohammedia, les autorités ont permis à des promoteurs immobiliers de perpétrer le saccage de dunes, vieilles de plus de 100.000 ans à la plage des Sablettes au quartier La Siesta.
Elles ont autorisé le lotissement d’un terrain jadis non aedificandi et devenu on ne sait par quel miracle aujourd’hui zone constructible, la construction de villas et en amont et en aval de la borne délimitant le domaine maritime en assurant l’impunité aux promoteurs censés, eux, n’intervenir, selon la loi qu’à une distance de cent mètres à partir de la balise ou du repère.
Ces dunes, du domaine public, font partie intégrante du patrimoine national. En y autorisant ces chantiers à la cupidité immobilière, c’est une porte ouverte à l’octroi du bien public en toute immunité.
C’est aussi, d’exemple priver de randonnée le citoyen car désormais la plage de par ces surfaces cédées est devenue inaccessible au public, les points de passages disparaissant de facto. La coutume en ce sens, même sous sa forme la plus élémentaire, est, on ne peut plus claire, elle interdit catégoriquement aux particuliers de barrer les lieux de passage traditionnel.
Ces permis de construire octroyés, mettent surtout en péril la sécurité des résidents et de tout un quartier car les dunes, remparts naturels aux marées, ont déjà été grignotées par l’océan. En trente ans, ce dernier a gagné une quinzaine de mètres. Les autorités, dans le souci naguère de protéger ‘’feue La Samir’’, avaient décidé un prolongement d’1,5 km de la digue du port de Mohammedia (projet dont un seul km a été mené à bon port), ce qui a eu pour effet de détourner la force de la houle vers ladite plage des Sablettes, d’où l’avancée de la mer et ses conséquences inéluctables.
Aujourd’hui, force est de constater que les engins de construction, loin de la distance autorisée, opèrent au bord de l’eau, et ce en toute illégalité et avec la bénédiction des autorités. Faut-il attendre que Mère Nature reprenne ses droits et que mort d’hommes advienne pour nous faire revenir à la raison ?
On l’a vu par le passé et Fédala, qui en sait des choses, est un bel exemple. A chaque fois qu’une cata survient, on crie haro sur untel mais très souvent en vain. On n’en tire aucun enseignement. Rêver la prévoyance et anticiper le futur, ce n’est pourtant pas que le lot des autres. Ici-bled, nos ressources humaines et autres nous permettent d’envisager bien des choses pour le bien-être du citoyen pour peu que les décideurs soient à l’écoute.
Le 14 Avril 2016
SOURCE WEB Par Libération
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samedi 16 avril 2016
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