Palmier dattier au Maroc : relance, eau et autosuffisance
Après sept années consécutives de sécheresse, la filière marocaine du palmier dattier amorce une reprise progressive, portée par une amélioration notable des conditions climatiques et une gestion plus rigoureuse des ressources hydriques. Cette dynamique redonne de la visibilité au contrat-programme 2021-2030, qui vise l’autosuffisance nationale en dattes.
Doté d’un budget de 7,47 milliards de dirhams, le programme prévoit la plantation de cinq millions de palmiers dattiers, l’extension des superficies à 21.000 hectares et une production annuelle cible de 300.000 tonnes. La sécheresse prolongée a toutefois freiné les investissements et accentué la pression sur les nappes phréatiques, entraînant l’assèchement des khettaras, système traditionnel d’irrigation oasienne.
Pour y faire face, l’État et les professionnels ont mis en place une gestion participative des ressources en eau, notamment sur l’axe Meski-Boudnib. Des compteurs d’eau intelligents, alimentés par l’énergie solaire et connectés par satellite, permettent désormais un suivi précis des prélèvements et encouragent une utilisation rationnelle de l’eau.
Le retour exceptionnel des pluies en 2025-2026, avec des niveaux de précipitations largement supérieurs aux moyennes historiques, à améliorer le remplissage des barrages et favoriser la recharge des nappes. La superficie plantée est ainsi passée de 8.000 à près de 13.000 hectares, soit 75 à 80% de l’objectif fixé, rendant atteignable la cible de 2030 sous réserve de conditions climatiques favorables.
Cette relance bénéficie surtout aux exploitations modernes, qui assurent près de 70% de la production nationale, estimée à 160.000 tonnes. En revanche, les oasis traditionnelles restent marginalisées, confrontées au manque d’eau, au vieillissement des palmiers et à la baisse des rendements. Leur sauvegarde passe par un meilleur accès à l’irrigation et des pratiques agricoles adaptées.
Malgré ces avancées, les importations couvrent encore 40% de la consommation nationale. Les professionnels estiment toutefois que le Maroc pourrait atteindre l’autosuffisance en dattes dans un délai de sept à dix ans, à condition de maintenir les investissements et la discipline hydrique.
Le 10/02/2026
Source web par: le360
Les tags en relation
Les articles en relation
Maroc : les eaux usées traitees au cœur de la securite hydrique
Face au stress hydrique et à la hausse continue de la demande en eau, le Maroc accélère le développement de la réutilisation des eaux usées traitées, dé...
Stress hydrique au Maroc : Menace pour économie et alimentation
Le Maroc fait face à un défi majeur lié à la sécheresse et à la raréfaction des ressources en eau, selon un rapport alarmant de la Banque mondiale repris...
Cultures agricoles : baisse des superficies emblavées et mesures de soutien
La superficie totale emblavée en cultures d'automne et d'hiver, en particulier les céréales d'automne, s'établit à environ 2,5 millions d...
«La Palme de l’Oasis 16» MAROC : PLAN 2025-2028 PROGRAMME PROJETE DE 155 BARRAGES
L’AMDGJB PROPOSE LA STRATEGIE : DU BARRAGE-OUVRAGE AU BARRAGE-ECOSYSTEME ! Nous saluons l'initiative volontariste de Monsieur le Ministre de l'...
Maroc : pénurie de bétail et flambée des prix avant l'Aïd
Alors que les résultats officiels du recensement du cheptel national ne sont pas encore publiés, des sources bien informées confirment une baisse inquiétant...
Lorsque l'approvisionnement en eau devient limité : le niveau du barrage Bin El Ouidane atteint seu
Confronté à une sécheresse persistante, le barrage Bin El Ouidane voit ses réserves diminuer de manière alarmante, atteignant désormais seulement 7,7% de ...
L’agriculture marocaine face aux limites du dessalement : un défi majeur pour la sécurité hydri
Le secteur agricole marocain, déjà fortement impacté par le stress hydrique, tirera peu de bénéfices des avancées en matière de dessalement d'eau de ...
Le Géoparc Jbel Bani et Foum Zguid, à la porte du désert, la pastèque menace la nappe phréatiqu
Un des grands intérêts de Foum Zguid, commune de quelque 10.000 habitants, est sa palmeraie (Ph. J.M.) A 170 km de Ouarzazate, à Foum Zguid, c’est la po...
Maroc : le dessalement de l’eau devient un pilier strategique face a la crise hydrique
Face à la sécheresse et au stress hydrique, le Maroc accélère le développement du dessalement de l’eau de mer pour sécuriser son approvisionnement en ea...
Maroc : 155 nouveaux barrages d’ici 2027
Le Maroc intensifie sa stratégie face au stress hydrique avec le lancement de 155 nouveaux barrages d’ici 2027, dans le cadre du Programme national d’appro...
Gestion de l’eau au Maroc : défis et solutions face au stress hydrique
La gestion des ressources hydriques au Maroc est au cœur des préoccupations, comme le souligne un récent rapport alarmant de la Cour des comptes. Entre séch...
Elevage camelin au Maroc : dromadaire, secheresse, baisse du cheptel et defis economiques de la fili
Face à la sécheresse persistante, le dromadaire s’impose comme l’espèce la mieux adaptée aux milieux arides au Maroc. Véritable « vaisseau du désert ...


mardi 10 février 2026
0 















Découvrir notre région