Souveraineté alimentaire : le Maroc booste sa coopération internationale
En marge de sa participation à la 43e session de la Conférence de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le ministre de l’Agriculture, Mohamed Sadiki, a tenu, à Rome, une série d’entretiens avec nombre de ses homologues africains, européens, d’Amérique Latine et australiens. Le rôle du Royaume dans la sécurité alimentaire régionale et son expérience pionnière en matière d’agriculture et de gestion des ressources hydriques ont été au cœur de ces rencontres. Objectif : stimuler davantage la collaboration bilatérale et multilatérale dans le domaine agricole.
Le Maroc a pris part, samedi 1er juillet à Rome, à l’ouverture de la 43e session de la Conférence de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural, des Eaux et forêts, Mohamed Sadiki, a ainsi participé au coup d’envoi des travaux de la Conférence ministérielle, organisée tous les deux ans, afin d’approuver le programme de travail et le budget de l’Organisation onusienne pour l’exercice biennal suivant.
Organe directeur suprême de la FAO, la Conférence formule également des recommandations sur les questions alimentaires et agricoles mondiales et examine les questions de politique de gouvernance mondiale.
Le Chinois Qu Dongyu réélu à la tête de la FAO
Le Maroc a salué la réélection de Qu Dongyu, dimanche 2 juillet à Rome, pour un second mandat au poste de directeur général de la FAO.
Intervenant à cette occasion, Mohamed Sadiki, a salué les réalisations de l’organisation onusienne sous le leadership de Dongyu, qui «s’est engagé au service des plus démunis dans les pires situations qu’a traversée l’humanité ces dernières années». Et, d’assurer le plein soutien du Maroc, «entièrement disponible pour une collaboration fructueuse».
Selon Sadiki, qui a pris part aux élections, en présence du représentant permanent du Royaume auprès des organisations onusiennes à Rome, Youssef Balla, «le DG de la FAO a apporté, depuis le début de son mandat en 2019, des changements structurels qui ont permis à l’organisation de devenir plus dynamique, plus transparente et plus inclusive, dans le sillage d’une nouvelle vision stratégique». Elle s’articule autour d’une meilleure production, une meilleure nutrition, un meilleur environnement et une vie meilleure, sans laisser personne de côté, a-t-il loué.
Lors du scrutin des pays membres de la FAO, Dongyu a reçu un total de 168 votes sur 182 déposés. Nommé par la Chine, Qu Dongyu était le seul candidat. Son nouveau mandat courra du 1?? août 2023 au 31 juillet 2027.
Le Maroc décidé à booster sa coopération agricole à l’échelle internationale
En marge de sa participation à la 43? Conférence de la FAO, Mohamed Sadiki, a tenu une série d’entretiens avec nombre de ses homologues en Afrique, en Europe, en Amérique Latine et en Australie.
Le rôle du Maroc dans la sécurité alimentaire sur le plan régional a notamment été au centre d’une entrevue, tenue samedi à Rome, entre le ministre marocain et son homologue espagnol, Luis Planas. La rencontre a été l’occasion d’examiner plusieurs questions d’intérêt commun, aux niveaux national et régional, surtout les chaines de valeurs, l’eau, l’irrigation et la santé animale et végétale.
«L’un des pays les plus développés en Afrique, le Maroc peut jouer un rôle central dans l’éradication des problèmes liés à la faim et à la sous-alimentation dans le continent», avait affirmé le ministre espagnol, dont le pays assure la présidence tournante de l’UE.
Pour sa part, le ministre marocain a souligné que ces entretiens ont également permis de mettre en avant l’importance de l’accord sanitaire maroco-espagnol. Cet accord garantit un flux et une dynamique rapide des échanges commerciaux dans le secteur entre les deux pays et naturellement entre l’Afrique et l’Europe. Et, d’assurer l’importance de la coopération triangulaire pour relever les défis auxquels fait face le bassin méditerranéen.
Par ailleurs, Sadiki a réitéré au responsable espagnol l’engagement du Royaume dans les questions liées à la sécurité alimentaire sur les plans national et régional, une question urgente à laquelle le Maroc accorde une importance primordiale.
Le Maroc a énormément à partager avec les pays du continent
À l’échelle africaine, le ministre a échangé avec son homologue ghanéen, Bryan Acheampong. Ce dernier a exprimé la volonté de son pays de bénéficier de l’expérience pionnière du Royaume, qui a réalisé des avancées notables.
«Doté d’une grande expertise, le Royaume a énormément à partager avec les pays du continent, notamment le Ghana», avait-il affirmé, exprimant sa volonté de renforcer davantage la coopération entre Rabat et Accra dans le domaine agricole pour saisir mutuellement les opportunités dont regorgent les deux pays.
De son côté, le ministre équato-guinéen, José Juan, a assuré, à l’issue de son entretien avec Sadiki, la ferme détermination de son pays à soutenir le Maroc dans toutes ses initiatives pour l’Afrique, se félicitant du niveau de la collaboration agricole entre Rabat et Malabo.
Leur homologue ougandais a, à son tour, assuré sa disposition d’accompagner le Maroc pour relever les défis agricoles au bénéfice des intérêts mutuels des deux pays et du continent.
Pour relever ses grands défis, dont la résilience face à la sécheresse, le Maroc renforcera également sa coopération avec l’Australie, qui partage la même problématique.
D’après le ministre australien, Murray Watt, les deux pays partagent, malgré la distance, des défis en commun, notamment la durabilité des systèmes agroalimentaires. Il a fait part de sa ferme volonté d’approfondir la coopération bilatérale dans ce domaine.
Par ailleurs, Sadiki a convenu avec son homologue brésilien, Paulo Teixeira, de renforcer leur coopération bilatérale en matière de développement agricole, particulièrement la promotion de la recherche et de l’innovation, «outils primordiaux pour l’adaptation et la résilience des systèmes alimentaires».
«Il est très important pour nous de renforcer la collaboration avec le Maroc», a déclaré Teixeira, saluant le «modèle agricole marocain qui repose sur une approche intégrée englobant plusieurs aspects, dont la technologie et la recherche».
À cet égard, le responsable brésilien a évoqué les efforts continus du Royaume en matière de dessalement de l’eau et de traitement des eaux usées, qui s’imposent comme des solutions optimales au changement climatique.
Pour rappel, les travaux de la 43? Conférence de la FAO se poursuivent jusqu’au 7 juillet 2023. Ils seront marqués par différentes tables rondes de haut niveau autour de la gestion des ressources hydriques. D’après l’organisation onusienne, «l’eau est un élément fondamental des systèmes agroalimentaires qui fait face à des défis croissants».
En outre, d’autres rencontres se pencheront sur les risques et opportunités de l’intelligence artificielle et l’importance de l’Initiative pour les céréales de la mer Noire (BSGI) pour la sécurité alimentaire mondiale.
Le 03/07/2023
Source web par : lebrief
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