Usage légal du cannabis : six arrêtés sont nécessaires pour achever le dispositif
L’opérationnalisation de l’Agence de réglementation des activités relatives au cannabis, très attendue par les futurs opérateurs, permettra de délivrer les autorisations de culture et de production du cannabis.
Le secteur naissant du cannabis légal au Maroc se met progressivement en place. De nouvelles étapes, décisives, sont attendues au cours des prochains jours. Suite à la loi adoptée en juin 2021, et au récent décret relatif aux zones autorisées pour la culture et la production de cannabis, six arrêtés sont encore nécessaires pour achever le cadre juridique. D’autres nouveautés sont également attendues.
Ces textes viendront définir les modalités de fonctionnement de l’Agence de réglementation des activités relatives au cannabis (ANRAC), dont les larges prérogatives lui sont délivrées par la loi 13.21.
L’ANRAC est notamment chargée de délivrer les autorisations aux opérateurs et d’élaborer un cahier des charges. Ce dernier prévoit, entre autres, les conditions de stockage, de protection de l’environnement ainsi que les normes techniques et de transport. Cette agence a pour mission de suivre le parcours du cannabis à chacune de ses étapes (production, transformation, fabrication, commercialisation, export et import) et d’accompagner les opérateurs tout en développant la filière du cannabis.
L’opérationnalisation de l’agence est très attendue par les futurs opérateurs de ce secteur, qui se préparent à lancer leurs activités depuis l’adoption de la loi sur les usages licites du cannabis en juin 2021. La publication de textes réglementaires donnera un coup d’accélérateur, bien qu’un temps d’installation et de démarrage de l’agence soit à prévoir.
La loi 13.21 portant création de l’ANRAC prévoit que certaines dispositions soient complétées par voie réglementaire, notamment celles relatives aux conditions et modalités de certification des semences et plants (article 8), aux modèles du contrat de vente et des procès-verbaux de livraison et de destruction (article 10), aux taux de tétrahydrocannabinol (THC) autorisés (articles 6 et 17), ainsi qu’aux modalités de délivrance des autorisations (article 25) et aux modèles et modalités de tenues des registres des autorisations, des stocks et des différentes opérations relatives au cannabis (article 45).
Autant de précisions qui viendront estomper le flou des procédures dont se plaignent les entreprises et investisseurs du secteur, qui seront amenés à respecter des réglementations à portée socio-économique mais aussi environnementale.
Selon des études menées par le ministère de l’Intérieur, le marché mondial du cannabis légal s’élève à 13,8 MM de dollars (selon les données de 2018). Il devrait être porté à 233 MM de dollars selon les prévisions de 2028.
Le département dirigé par Abdelouafi Laftit estime également que le Maroc dispose de plusieurs atouts : sa proximité avec le marché européen émergent, ses conditions naturelles et climatiques favorables, son attractivité pour les investissements étrangers et son savoir-faire hérité des paysans traditionnels.
Jusqu’alors, ces derniers n’ont cultivé le cannabis que dans un cadre illégal. Selon le ministère de l’Intérieur, le nombre d’habitants concernés par cette activité illicite est estimé à 400.000 personnes, soit près de 60.000 familles. Pour les libérer de l’emprise des trafiquants de drogue et leur offrir une situation financière et sociale licite, la réglementation nationale a conféré à ce projet une dimension sociale prioritaire.
Ainsi, pour obtenir les autorisations de culture et de production du cannabis, il faut non seulement exercer ces activités dans l’une des zones autorisées – Chefchaouen, Al Hoceima et Taounate –, mais aussi être majeur, de nationalité marocaine et membre d’une coopérative créée dans ce sens, conformément à la loi 112.12 relative aux coopératives.
Autant de conditions qui permettront à la région et à ses habitants de bénéficier des investissements, tout en les plaçant au cœur de l’activité et en protégeant leurs intérêts économiques.
Les industriels ne seront pas autorisés à cultiver ni, donc, à produire. Ils devront obligatoirement s’approvisionner auprès des cultivateurs – d’ailleurs organisés en coopérative. Cette organisation en coopérative vise à renforcer le pouvoir de négociation des petits producteurs face aux industriels.
Tout ce système progressivement mis en place est d’abord centré sur un objectif social : celui du petit cultivateur. Les deux autres priorités sont l’environnement et les investissements.
Le 31 mai 2022
Source web par : medias24
Les tags en relation
Les articles en relation
Maroc : des maires menacés de révocation
Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur veut éradiquer les conflits d’intérêts au sein des communes. Dans ce sens, il a, à travers une circulaire, i...
Plantations, niches, revenus… la fumée dissipée sur le cannabis
Une synthèse des études a été présentée par le ministère de l’intérieur au Parlement Les revenus des paysans sont passés de 500 millions d’euros...
Marche du 20 juillet interdite: le Hirak et les associations défient Laftit
MANIFESTATION - "Nous la maintenons coûte que coûte!". Ils sont unanimes pour rejeter l’interdiction officielle, lundi, de la manifestation du 20 juillet da...
Stress hydrique : le roi Mohammed VI préside une séance de travail
Voici un communiqué du Cabinet Royal : « Le roi Mohammed VI a présidé, ce jour au Palais Royal de Rabat, une séance de travail consacrée à la problém...
Stress hydrique: l’inquiétude grandit, Laftit ordonne l'application de restrictions d'eau
Dans une correspondance aux walis et gouverneurs, le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit appelle à réunir d'urgence les commissions préfectorale...
Les produits dérivés du cannabis au Maroc portent désormais un nouveau symbole officiel
Les autorités marocaines ont récemment dévoilé le symbole officiel destiné à identifier les produits légaux issus de la transformation du cannabis au Mar...
Histoire. La France a profité du cannabis marocain
La France n’a pas toujours réprimé l’usage et la commercialisation du cannabis. Entre 1912 et 1954, elle a même organisé son commerce au Maroc, alors so...
Gestion locale: vingt présidents de commune risquent d’être démis de leurs fonctions
C’est un véritable coup de balai qui risque de faire tomber bon nombre de présidents de commune soupçonnés de graves malversations dans la gestion locale....
#Maroc_Rif_Cannabis : Le Rif en ébullition depuis la légalisation de l’usage licite du cannabis
Depuis la légalisation du cannabis à des fins thérapeutique, cosmétique et industrielle par les autorités marocaines, le Rif, perçu pourtant comme l’une...
Maroc : la gestion hasardeuse de l’agriculture prive la population d’eau
Face à la diminution des ressources en eau au Maroc, Abdelouafi Laftit, ministre marocain de l’Intérieur a demandé mardi 26 décembre dernier aux walis et ...
Contrats-programmes Etat-Régions: Laftit avance une deadline
Les contrats-programmes Etat-Régions devraient être élaborés durant le premier semestre de 2020. C'est ce qui a été annoncé par le ministre de l'...
SM Le Roi Mohammed VI lance le programme de développement d’Agadir pour 6 milliards de DH
Le Souverain a lancé ce mardi 4 février 2020, un programme de développement urbain pour ériger Agadir en pôle économique attractif et compétitif. Ce prog...


mercredi 1 juin 2022
0 
















Découvrir notre région