Dans l'avenir, le travail sera-t-il hybride?
Les gouvernements doivent reconnaître et protéger les travailleurs à distance.
Dans un contexte marqué par la hausse des contaminations liées à Omicron, il semble que le télétravail fasse consensus, à la fois auprès des salariés et des patrons marocains, surtout quand il se base sur un certain mixage entre le mode de travail en présentiel et à distance. Certes, s’il existe un large consensus autour de l’idée que dans l’avenir le travail sera «hybride», et qu’un nombre croissant d’employés travailleront chez eux une partie de la semaine, il n’empêche pas moins que si la plupart des salariés apprécient de travailler chez eux, les patrons, de par le monde, sont moins enthousiastes.
Il n’empêche aussi que des désaccords surgissent dès que l’on entre dans les détails. Combien de jours par semaine, et lesquels? Sera-ce équitable? Les études montrent que les femmes sont moins impatientes de retourner au bureau, aussi risquent-elles d’être moins promues. Font également débat les règles fiscales et le contrôle des télétravailleurs.
Rappelons, d’abord, que les confinements de 2020 ont bouleversé la vie de bureau. Du jour au lendemain, des entreprises du monde entier ont dû piloter une gigantesque expérience de travail à domicile que peu auraient osé mener de leur propre gré. Pour les employés, la grande expérience de travail à domicile s’est plutôt bien déroulée. S’ajuster au nouveau régime n’a pas été toujours facile –notamment pour ceux qui habitent des appartements exigus, ou qui ont des enfants auxquels il a fallu faire la classe.
Mais, globalement, leur niveau de satisfaction et de bonheur s’est amélioré, reconnaissent les salariés. Par contre, peu de patrons sont prêts à accepter une telle proportion de télétravail. Selon une étude menée par trois économistes, Jose Maria Barrero, Nick Bloom et Steven Davis, les entreprises estiment qu’environ 20 % du total des heures de travail seront effectuées à domicile dans le monde post-Covid –soit un niveau qui se situe à moins de la moitié de ce que souhaitent les employés.
Cette différence d’approche repose en partie sur l’idée que passer trop de temps hors du lieu de travail est mauvais pour la productivité et la culture d’entreprise. Vrai ou faux? Les recherches indiquent qu’un mélange de travail à domicile et de travail au bureau pourrait générer une meilleure productivité. Au-delà de l’efficacité, les entreprises ont d’autres bonnes raisons de proposer le travail hybride.
Certaines reconnaissent son importance pour retenir les talents prêts à fuir si les règles sont trop rigides. Observons, enfin, que l’expérience du travail à domicile a toutefois ses limites. Tout le monde ne peut pas en bénéficier. Même dans les pays riches, la majorité des employés doivent être physiquement présents pour faire leur travail. Bien avant la pandémie, un fossé s’était creusé entre les salariés bien rémunérés et intellectuellement stimulés, et les employés de services mal payés. La montée en puissance du travail à domicile élargira ce fossé, avec des conséquences que nul n’est en mesure de prédire.
Le 14 Janvier 2022
Source web par : maroc-hebdo.press
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mercredi 26 janvier 2022
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