Réchauffement climatique : Le Maroc, exception de la région MENA
Le Maroc qui se positionne comme leader dans la lutte contre le changement climatique renforce son image à l’international. Le Royaume qui se ressent de plus en plus des effets du changement climatique, contrairement à d’autres pays, en a accepté le défi, il y a longtemps déjà et a développé un éventail de tactiques pour en contrer l’impact.
Au résultat c’est un statut de modèle, non seulement dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, mais à l’échelle mondiale, selon les analystes et autres scientifiques avertis.
L’impact du changement climatique au Maroc est significatif, poursuit-on. Les principaux effets se font sentir dans le système agricole et la pêche, qui emploient la moitié de la population et représentent 14% du PIB du Royaume. En outre, dit-on encore dans la reconnaissance à contrecœur on va dire, avec 60% de la population et la plupart de ses industries sur la côte, l’élévation du niveau de la mer est une menace importante pour les principales forces économiques du Royaume.
Ainsi, selon Yasmina Abouzzohour, chercheuse postdoctorale à la Harvard Middle East Initiative, « l’économie du royaume dépend fortement de l’agriculture, de la pêche et du tourisme et tous ces secteurs sont touchés par le changement climatique«.
Grandes réalisations
Rabat a fait de la crise une opportunité et est devenue l’un des pionniers de la politique climatique, non seulement dans la région mais au niveau mondial. Des plans ambitieux ont été mis en œuvre il y a des années pour assurer l’avenir du Maroc. Le gouvernement a mis en œuvre plusieurs stratégies nationales pour améliorer la gestion de l’eau, renforcer l’utilisation des ressources en eau non conventionnelles et moderniser les systèmes d’irrigation. Il a également investi massivement dans la construction de barrages pour déplacer l’eau des régions du nord vers les régions arides du sud.
« Un effort majeur a été adopté pour régénérer les forêts, notamment pour repeupler plus de 130 000 hectares » a encore déclaré Abouzzohour. D’ici 2030, le Maroc prévoit de produire 52 % de son électricité à partir d’énergies renouvelables -20 % à partir d’énergie solaire, 20 % d’énergie éolienne et 12 % d’hydroélectricité-.
La nation nord-africaine a levé toutes les subventions pour le diesel, l’essence et le mazout de chauffage, et s’efforce de se concentrer sur des pratiques durables dans les aquifères et les océans. « Selon les données disponibles, le Maroc pourrait atteindre son objectif de produire 52% de son énergie à partir d’énergies renouvelables d’ici 2024, soit six ans avant l’échéance cible initiale », insiste Abouzzohour. Le Maroc est le seul Etat arabe que le Climate Action Tracker a évalué pouvant atteindre l’objectif de réchauffement de 1,5°C.
De son côté, Fatima Driouech, professeure agrégée à l’Université Mohammed VI polytechnique et vice-présidente du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), souligne que « le Maroc accomplit de grandes réalisations grâce à ses projets d’énergies renouvelables« .
« Le dernier rapport du GIEC montre que les changements climatiques récents sont répandus, rapides et s’intensifient, et que leur ampleur sont sans précédent depuis des milliers d’années. Il réaffirme avec une grande confiance qu’il existe une relation quasi linéaire entre les émissions anthropiques cumulées de CO2 et le réchauffement climatique qu’elles provoquent », a-t-elle dit.
Et d’ajouter que « de nombreux changements s’intensifient directement avec le réchauffement climatique, donc chaque accroissement du réchauffement compte. Avec chaque augmentation supplémentaire du réchauffement climatique, il y aura de nouveaux changements dans les extrêmes… À moins qu’il n’y ait des réductions immédiates, rapides et à grande échelle des émissions de gaz à effet de serre, limiter le réchauffement à 1,5 °C et même 2 °C sera hors de portée. La communauté internationale s’est adaptée au défi lentement mais sûrement, mais pas encore suffisamment«.
Des changements plus intenses
Bien que toutes les régions du monde soient affectées par le changement climatique, le défi pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) est particulièrement important.
« La région MENA devrait connaître des conditions plus chaudes qu’aujourd’hui, et les changements seraient plus intenses dans les scénarios d’émissions élevées que dans les scénarios faibles », nous dira Fatima Driouech, notant que « les sécheresses agricoles et écologiques devraient augmenter dans la région MENA, ainsi que dans l’ensemble de la Méditerranée et d’autres parties de l’Europe«.
In fine, selon les analystes, le résultat immédiat de cette situation sera un énorme mouvement migratoire humain en direction des zones d’altitude au fur et à mesure que la population de la Terre augmente, et cela peut avoir des conséquences de grande envergure, en particulier dans les régions qui sont déjà politiquement instables.
Source web Par : hespress
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mercredi 17 novembre 2021
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