#MAROC_FRANCE_ETUDES: ÉTUDES SUPÉRIEURES À L’ÉTRANGER, La France ne fait plus rêver les Marocains
La France n’est plus la destination de rêve pour les étudiants marocains, qui sont très nombreux à avoir choisi l’Allemagne, le Canada, la Grande Bretagne et même l’Espagne, pour la rentrée universitaire 2020-2021. Ils étaient 39.855 inscrits dans des établissements français d’enseignement supérieur en 2019, ils ne sont plus que 30.521 en 2020, une chute vertigineuse, selon l’Agence Campus France, qui évoque des procédures administratives lourdes et trop contraignantes
Les gouvernements français ont adopté tout un arsenal juridique visant la communauté estudiantine étrangère, notamment maghrébine et africaine.
La France n’est plus la destination de rêve pour les étudiants marocains, qui sont très nombreux à avoir choisi l’Allemagne, le Canada, la Grande Bretagne et même l’Espagne, pour la rentrée universitaire 2020-2021. Ils étaient 39.855 inscrits dans des établissements français d’enseignement supérieur en 2019, ils ne sont plus que 30.521 en 2020, une chute vertigineuse, selon l’Agence Campus France, qui évoque des procédures administratives lourdes et trop contraignantes, pour l’obtention du titre de séjour et une exacerbation de discrimination envers les étudiants étrangers, notamment ceux de confession musulmane.
En cause également, la très contestée circulaire de 2016 relative à la maîtrise de l’immigration professionnelle, qui interdit aux lauréats africains et maghrébins de grandes écoles de travailler en France. Vient ensuite, une année plus tard, le décret augmentant de 30% les ressources exigées pour obtenir un titre de séjour étudiant. Le troisième coup de massue n’a pas tardé avec l’adoption d’une hausse de plus de 600% de la taxe relative au renouvellement de la carte de séjour pour les étudiants étrangers.
Cet arsenal juridique visant la communauté estudiantine étrangère, notamment maghrébine et africaine, a fait que le souci premier du gouvernement français n’est plus le sans papiers qu’on va chercher là où il est, à domicile, dans les quartiers où il vit, à l’entrée des bouches de métro qu’il fréquente. Il est désormais l’étudiant étranger. Preuve en est, le renouvellement du titre de séjour étudiant, gratuit jusqu’en décembre 2018, est actuellement soumis à une taxe comprise entre 200 et 390 euros. A cela s’ajoute une nouvelle contribution de 110 euros, payable dès le dépôt de la demande, et non remboursable même en cas de refus.
Idéologie d’exclusion
Ce sont donc 290.000 étudiants étrangers, dont plus de 30.000 Marocains qui sont concernés par ce cadeau de taxe qui pousse à s’interroger sur le contexte sociopolitique qui rend possible une telle décision. Qu’elle soit l’expression du gouvernement ou de certains partis politiques, cette politique s’inscrit dans le contexte d’une idéologie d’exclusion favorisée par des amalgames et des diabolisation, dont certains hommes politiques, intellectuels et professionnels de médias, se sont faits les adeptes ces derniers temps. Contexte aussi d’une xénophobie d’Etat marquée par les différentes lois sur l’immigration qui se succèdent depuis plusieurs années (lois Pasqua, Debré, Chevènement, Sarkozy, Hortefeux, Besson et Guéant).
Mais le plus étonnant dans tout cela, c’est que le président Emmanuel Macron, qui a observé un silence assourdissant depuis deux ans, a fini par soutenir des décisions anti-étudiantes. Et en ces temps durs où il est malmené dans les sondages, un petit clin d’oeil pour draguer l’électorat xénophobe du Front national peut paraître tout à fait opportun.
Pour des raisons électoralistes, le gouvernement français n’a donc pas hésité à sacrifier la communauté estudiantine étrangère. Il a visé, cette fois, son maigre revenu pour facilement augmenter les recettes de l’Etat, stimuler la croissance, surpasser la crise et faire de nouveau rayonner la France à l’étranger.
Face à la fuite des étudiants vers d’autres destinations plus accueillantes et plus humanistes, le gouvernement français essaie autant se faire que peut, d’alléger la circulaire interdisant aux diplômés étrangers de travailler en France, mais le mal est déjà fait et l’image de la France à l’étranger est lourdement affectée.
Cela s’est vite traduit par les chiffres d’inscription d’étudiants étrangers dans l’enseignement supérieur, qui ont enregistré un recul alarmant dans le pays de Molière. Au lieu d’inciter les meilleurs étudiants étrangers à venir étudier et travailler en France, c’est exactement le contraire qui est en train de se passer dans cette France qui ne fait plus rêver.
Le 7 Décembre 2020
Source web Par : maroc-hebdo.press
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mercredi 16 décembre 2020
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