Les Boeing 737 Max toujours cloués au sol, un moindre mal pour la RAM
Les Boeing 737 Max dont le premier exemplaire a été mis en service en mai 2017, sont depuis les deux tragiques et dramatiques crashes des appareils de Lion Air et Ethiopian Airlines, cloués au sol par décision des autorités de l’aviation civile mondiale (l’administration fédérale de l’aviation civile américaine) FAA ou l’agence européenne de la sécurité aérienne (AESA).
Moindre mal, pour nous autres nationaux, la Royal Air Maroc n’en comptait qu’un seul d’opérationnel dans sa flotte. Et bien que la Compagnie nationale dont le gros de ses avions provient de chez l’avionneur américain de Seattle (Boeing) ait misé sur la bagatelle de trois de cet avion moyen-courrier dans ses commandes, elle s’en tire à bon compte en comparaison à d’autres compagnies aériennes qui elles, en ont fait une fixation de par son côté économique. La compagnie nationale du reste a toujours la possibilité de faire marche arrière à moindres frais.
Mais s’il a cessé de sillonner les airs, le Boeing 737 Max est décrié, selon certains spécialistes, de par son design qui fait que ses moteurs sont trop proches du sol d’où ce que l’on appelle le Maneuvering Characteristics Augmentation System (MCAS) un dispositif matériel et logiciel de l’appareil (conçu pour éviter un décrochage).
Hespress FR a voulu en savoir un peu plus et a à travers un avis éclairé et spécialisé d’un commandant de bord (CDB) expérimenté (Royal Air Maroc, Ethiophian Airlines, Etihad), Abderrahmane Karmane en l’occurrence, on s’est enquiquiné au sujet de cet avion que d’aucuns qualifient de « maudit ». Aussi, sur les deux crashes en l’espace de cinq mois, le CDB nous a fait part de ce qui suit.
« Le 29 octobre 2018, le monde connut un tragique et malheureux accident d’un avion dont Boeing avait réussi à en faire une légende naissante. Le vol Lion Air 610 s’écrasa dans l’océan après un combat héroïque de deux pilotes visiblement dépassés par les événements. 189 personnes (passagers et membres d’équipage) trouvent la mort. Boeing et l’administration fédérale de l’aviation civile américaine FAA se contentèrent alors de dire que les pilotes auraient pu s’en sortir si… et… si… La FAA, se fendit d’un EAD Emergency Airworthiness Directive, Directive Urgente de Navigabilité et qui avise tous les opérateurs de l’existence d’un danger sur l’utilisation du B737 Max 8 & 9 dans certaines phases de vol, notamment le décollage ».
Et de poursuivre « Cinq mois plus tard, le 10 mars 2019, le vol Ethiopian Airlines 302 à destination de Nairobi, décolla sans encombre d’Addis-Abeba, avant que son vol ne devienne un cauchemar pour les pilotes qui finissent par perdre la vie comme les 157 autres âmes à bord. Le combat de ces pilotes ne fut pas moins héroïque que leurs confrères indonésiens. Ils ont procédé à toutes les mesures d’urgence à leur connaissance, rien n’y fait, le résultat fût le même une trajectoire funeste d’un avion qui se voulait être au top. Après ces deux accidents, dont les frappantes similitudes laissent le monde de l’aviation civile dans un désarroi sans précédent, Boeing tergiverse. La FAA hésite et se perd en conjectures, des pays étrangers arrêtent les avions B737 Max. Le président américain Donald Trump intervient alors à son tour et ordonne d’interdire de vol les derniers B737 Max encore opérationnels ».
Hespress FR : Le décrochage a été maintes fois incriminé dans ces deux crashes, pouvez-vous nous en dire plus.
Le décrochage est une situation où la vitesse de l’avion est trop faible et l’angle, dit d’attaque, du nez de l’avion est trop fort, ce qui conduit à une forte perturbation de l’écoulement de l’air autour de l’aile qui n’arrive plus à supporter l’aéronef qui finit par « tomber ».
Quel est donc le mystère de ces deux catastrophes ? Serait-il le fameux MCAS ?
Boeing, pris de court par son concurrent Airbus, qui s’apprêtait à sortir un modèle moyen-courrier A320 Neo, dans la lignée de son avion-fétiche A320, décida de concevoir un avion basé sur le concept B737 qui a connu jusqu’alors, une carrière phénoménale durant plus de 50 ans et connut une évolution tout aussi réussie. La pression économique et financière amena Boeing à opter pour un modèle B737 avec un moteur plus large, plus lourd et plus puissant que ceux qui équipent les versions précédentes. Mal lui en prit.
Les avions B737 ont des jambes plus courtes que leurs concurrents, les A320, et cela n’est pas sans conséquence. Le nouveau moteur ne peut se nicher normalement sous l’aile. Les ingénieurs Boeing décident alors d’avancer ces réacteurs et les surélever pour pallier au problème de proximité au sol. Cela entraîna évidement un problème majeur, car en cas de position trop élevée du nez de l’avion l’écoulement de l’air autour de l’aile est perturbé sur une partie de l’aile qui se trouve « cachée » par ce « huge » réacteur et pourrait conduire à un décrochage de l’avion, l’aile ne pouvant plus supporter normalement l’avion. Les ingénieurs trouvèrent alors une solution pour remédier à cette faiblesse et croient bien faire. Ils conçoivent un logiciel qui agira comme une protection contre le décrochage, en mettant l’avion en piqué pour qu’il reprenne de la vitesse à chaque fois qu’il détecte une situation proche du décrochage.
Quand est-ce que le Boeing 737 Max reprendra les airs ?
Bien difficile à dire. Boeing compte le rendre à sa raison d’être (voler) dès le quatrième trimestre de l’an 2019, mais au regard de l’évolution de la situation il sera difficile à l’avionneur américain de tenir sa promesse. Et puis au cas où la FAA l’autoriserait, il ne le sera qu’aux États-Unis dans un premier temps. En Europe et en principe dans le restant du monde le retour opérationnel, se fera progressivement. Pour les Européens c’est l’agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) qui est souveraine et qui devrait statuer. Cela vaut aussi pour le restant du monde. Le retour du 737 Max pourrait en réalité se morceler dans le temps, en fonction des régions de chaque agence de sécurité aérienne.
Le Boeing 737 Max existe en trois versions, B737-700 qui coute la bagatelle de 85 Millions d’USD, le B737-800 (104 millions USD) et le B737-900 (110 millions USD), la différence est dans l’envergure et le nombre d’occupants. Les Boeing 737 Max, étaient avant les deux tragiques et dramatiques crashes, au nombre de 376 à sillonner le ciel. Dans le carnet de Boeing commercial, Airplanes figuraient en février dernier 5 012 de ces appareils. C’est dire les pertes que subit l’avionneur américain !
Le20 Octobre 2019
Source web Par Hespress
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mardi 22 octobre 2019
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