Policy Center for the New South La coopération maroco-sénégalaise mise en avant à Dakar
Avant de rendre public trois importants rapports, les équipes du think tank marocain Policy Center for the New South ont fait le déplacement à Dakar où elles ont organisé deux séminaires autour de leur contenu. Il s’agit du «Rapport annuel sur la géopolitique de l’Afrique », du rapport relatif à «L’Afrique et les marchés mondiaux de matières premières» et du «Rapport annuel sur l’économie de l’Afrique».
Le think tank marocain Policy Center for the New South (PCNS) a organisé à Dakar un événement qui a suscité beaucoup des chercheurs et experts marocains, sénégalais et bien d’autres chercheurs africains, russes, et européens, du fait des thématiques choisies pour les deux séminaires organisés à cette occasion. Le premier séminaire, qui a eu lieu en partenariat avec l’International Food Policy Research Institute (IFPRI), a permis la présentation du rapport Arcadia sur les matières premières. Ce rapport de référence, rédigé par 28 experts, passe en revue l’actualité des produits de base (pétrole, phosphates, produits horticoles…).
C’est au cours du deuxième séminaire qu’ont été présentés les deux autres rapports. C’est-à-dire celui portant sur l’économie de l’Afrique et qui réunit une vingtaine de contributions provenant d’experts reconnus de diverses institutions et pays, du Maroc au Zimbabwe. Ce document est consacré aux sous-régions, à la sécurité et au jeu des puissances étrangères. L’autre rapport porte sur la géopolitique de l’Afrique. Il s’articule autour de trois parties consacrées aux sous-régions, à la sécurité et au jeu des puissances étrangères. Cet événement a également été l’occasion d’évoquer la nature de la coopération Maroc-Sénégal, fil conducteur de cette rencontre, à travers le titre évocateur «Maroc-Sénégal : pour une vision paritaire des modèles de développement Sud-Sud».
Ainsi, au cours de cette rencontre, l’économiste Larabi Jaïdi, Senior Fellow au PCNS, parlant au nom du think tank marocain, a expliqué les raisons qui ont amené le Policy Center à se pencher sur les questions traitées dans les trois rapports. Cela montre, explique-t-il, l’intérêt porté par le Centre à la description de la réalité africaine à travers une narration faite par les Africains eux-mêmes, et non pas à travers une voix extérieure. Le PCNS est axé autour du label d’un nouveau Sud, c’est un centre de réflexion ouvert et entreprenant sur des questions qui concernent le développement du Sud. Nous proposons un nouveau narratif, dont l’objectif est de changer les perceptions», a-t-il expliqué.
M. Jaïdi a saisi cette occasion pour évoquer les caractéristiques du «modèle de coopération Sud-Sud Maroc-Sénégal», un modèle qui repose sur une vision commune. Ainsi, selon lui, les deux pays se concertent sur de nombreux dossiers, notamment africains, mais ont aussi des visions similaires dans plusieurs domaines. Il a cité l’exemple des positions communes concernant la mise en œuvre des objectifs de développement durable, sur la migration, la refonte institutionnelle de l’Union africaine (UA), le financement de l’UA, la sécurité en Afrique… Il a cité plusieurs secteurs où les deux pays ont des visions communes. Il a ainsi évoqué l’exemple des similitudes dans les actions pour une économie émergente, dans les actions pour un climat d’affaires approprié, le soutien de l’agriculture, du secteur de la pêche… Une similitude également au niveau de la stabilité politique. Cependant, il a souligné qu’il existe une centaine d’accords liant les deux pays qui méritent plus de suivi dans un cadre de partenariat qui gagnerait à être fortifié. «Il faut apporter un appui aux organismes publics et privés pour le renforcement de ce mode de coopération Sud-Sud», a-t-il conclu.
L’autre Senior Fellow à Policy Center, Abdelhak Bassou, ancien directeur central des renseignements généraux, a fait un brillant exposé présentant le contenu du «Rapport sur la géopolitique de l’Afrique». Il a ainsi mis en avant les enjeux de ce rapport. «L’idée au Policy Centre à travers ce rapport c’est d’apporter du nouveau. Car tout ce que nous avons, ce sont des narratifs sur l’Afrique venus d’ailleurs. Le travail à faire est un travail africain fait par les Africains pour les Africains. Justement, la première édition de ce rapport était intitulée “Miroir d’Afrique”. Ainsi, ce rapport nous permet de nous lire. C’est ainsi qu’on peut arriver à cette convergence de vision et de leadership partagé et à une relation décomplexée par rapport aux autres», explique-t-il.
Car, pour lui, dans la coopération Sud-Sud, il doit y avoir une convergence de visions. Il doit y avoir également une communauté de perceptions. «Si les pays s’allient, c’est pour deux raisons : un intérêt à sauvegarder ou un mal à repousser. Il faut donc avoir communauté de perception des intérêts à sauvegarder ou des menaces à repousser», estime-t-il. Il considère aussi que la nouvelle relation Sud-Sud doit avoir pour fondement le renoncement au leadership en «décomplexant les relations avec les autres, relations qui ne doivent pas être dans une nostalgie haineuse ou un suivisme aveugle». C’est à travers cette vision qu’il a présenté ce rapport qui est le fruit du travail d’une quinzaine d’auteurs appartenant à toutes les régions d’Afrique francophones et anglophones. Le document se penche sur cinq régions africaines (Union du Maghreb arabe, Cédéao...) tout en évoquant des sujets thématiques (élections, migration...) d’actualité en Afrique. «Il y a une autre vérité sur l’Afrique et le rapport invite les Africains à venir la découvrir», a-t-il conclu.
Par ailleurs, de nombreuses autres questions ont été soulevées lors de cette rencontre, notamment concernant la situation des ressources hydriques en Afrique ou la performance et les enjeux de la politique en Afrique. Des sujets qui ont été développés par l’agroéconomiste Fatima Ezzahra Mengoub. Sans oublier les débats et les échanges qui ont eu lieu, à cette occasion, concernant le sujet «L’Afrique et les marchés mondiaux de matières premières» (voir : www.lematin.ma). Bien évidemment, des experts et des décideurs sénégalais ont interagi avec l’ensemble de ces sujets.
Le 06 octobre 2019
Source web Par Le Matin
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mardi 8 octobre 2019
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