Tourisme: L’innovation, la grande lacune du secteur
L'absence d'inventivité et de créativité ralentit la progression
Le secteur n’a pas encore profité de tous les avantages qu’offre le web
Adapter la formation et offrir des profils polyvalents, une nécessité
La baie de Tanger est un exemple de ressource peu utilisée. Longtemps délaissée, exploitée à l’état brut, elle vient de subir un sérieux lifting et devrait connaître un meilleur avenir (Ph. Adam)
Le tourisme a depuis longtemps été un secteur peu innovant, subissant de plein fouet les avancées technologiques et s’y adaptant. Même en plein 21e siècle, la tendance n’a que très peu évolué. Alors que le web et les plateformes digitales du genre Uber se développent comme des champignons, le tourisme fait de la résistance.
C’est le cas avec les sites du genre Airbnb qui sont farouchement combattus par l’hôtellerie traditionnelle, se plaint Taleb Rifai, ancien secrétaire général de l’Organisation mondiale du tourisme, OMT. Ce dernier intervenait lors de la 4e Journée méditerranéenne du tourisme coorganisée par le Conseil régional du tourisme de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, l’Office national marocain du tourisme (ONMT), la FIJET et son antenne marocaine, l’Association marocaine des journalistes et écrivains du tourisme (AMJET) en plus de l’Institut supérieur international du tourisme (ISIT).
Cette 4e édition, qui s’est tenue la semaine dernière à Tanger, avait pour objectif de relier le thème de l’innovation et de la compétitivité des destinations touristiques méditerranéennes avec la digitalisation de l'industrie touristique.
L’innovation est une condition incontournable pour développer le tourisme en Méditerranée et même ailleurs. Et le web a un rôle majeur à jouer tant ses vertus ne sont plus à démontrer, permettant de rapprocher les services du client.
Mais pour les opérateurs touristiques, le web et le digital de manière globale imposent un changement de paradigme. Certains opérateurs se cachent derrière les dangers sur la création d’emploi. Des sites comme Airbnb ont déjà commencé à changer les choses et à rendre obsolètes des postes comme celui de concierge et de réceptionniste, une tendance qui pourra même affecter d’autres fonctions comme celle des femmes de chambre, selon Abdelhaq Mohtaj, enseignant à l’ISIT et ancien directeur de cet établissement.
Pour ce dernier, les craintes n’ont pas lieu d’être, car en fin de compte, si certaines fonctions disparaissent, le digital permet d’en créer de nouvelles. C’est le cas des fonctions dédiées au web par exemple. «Au départ, Atlas Voyages disposait d’un technicien informatique, avec le temps, l’équipe s’est étoffée et compte une quinzaine de membres avec un ingénieur informaticien à sa tête», témoigne Othman Cherif Alami, président du groupe Atlas Voyages.
Mais les défis ne manquent pas. Pour Mohtaj, la formation doit suivre, surtout dans les établissements formant pour le tourisme. Les cours devront être plus polyvalents en intégrant la notion du digital pour préparer les futurs lauréats aux réalités du marché du travail.
Mais au-delà, c’est la notion de souveraineté digitale qui est à mettre en place, afin de maintenir les rênes du secteur et de ne pas perdre la main face à des géants de la taille de Booking ou autres.
Mieux exploiter ses ressources, une nécessité
Pour Taleb Rifai, l’innovation permet à des destinations peu dotées par la nature de mieux se positionner. «Ce n’est pas ce dont vous disposez qui est important, mais ce que vous en faites», rappelle l'ex-responsable de l’OMT. Les exemples foisonnent de destinations qui ont réussi avec peu de moyens et beaucoup d’ingéniosité à exploiter le peu de ressources dont elles disposent pour en faire une véritable destination touristique.
Le 23 octobre 2018
Source Web : L’économiste
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jeudi 25 octobre 2018
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