Des installations au bord de la schizophrénie culturelle
L'exposition "Catalogue déraisonné" de l'artiste peintre marocain Faouzi Laatiris, qui propose au public de découvrir à travers trois sections thématiques, des installations au bord de la schizophrénie culturelle, a été inaugurée mardi au Musée Mohammed VI d'art moderne et contemporain (MMVI) à Rabat. "Cette exposition, qui se poursuit jusqu'au 31 décembre, constitue le deuxième volet de l'ambitieux projet baptisé "Volumes fugitifs: Faouzi Laatiris et l’Institut national des Beaux-Arts de Tétouan" et reprend en fil conducteur les "Septs Portes" de Laatiris présentées auparavant", a indiqué le président de la Fondation nationale des musées, Mehdi Qotbi.
Dans une allocution de circonstance, il a relevé qu'à travers cette exposition, le Musée continue de jouer son rôle fondamental en consacrant des artistes modernes et contemporains dont le talent et la création racontent une partie de l’histoire artistique du Maroc et au-delà, se disant heureux et ému de voir le MMVI réussir sa mission, celle de transmettre le savoir et la culture. "Le rôle du Musée est non seulement de s'ouvrir sur des artistes internationaux, mais aussi de donner la chance à des créateurs marocains de s'affirmer", a souligné M. Qotbi, faisant observer que le MMVI a offert une carte blanche à Faouzi Laatiris, l'une des plus grandes figures de l'avant-garde.
"Le travail de Laatiris appartient à l'imaginaire, à la rue, à la poésie, à la médina et à bien d'autres lieux et espaces", a confié le curateur et commissaire de ce projet, Morad Montazami, expliquant que ce second volet vient donner à voir toute l’étendue de l’œuvre entreprise par l'artiste, en ajoutant aux "Portes" du premier volet différentes œuvres qui remontent le temps" jusqu'aux années 90, moment clé pour ancrer le Maroc dans la mondialisation et l’émergence de nouvelles pratiques.
Il a expliqué que les années 90 représentent l'émergence de la mondialisation au Maroc avec l'apparition du "Made in China", faisant noter que Laatiris est le premier artiste marocain contemporain à pouvoir traduire dans ses œuvres la transformation de l'industrie.
"Entre 2000 et 2010, Faouzi a exploré d'autres thématiques comme les transformations urbaines, les symboles de la citoyenneté et la mythologie du sacré et du profane, avec comme figure majeure celle du "Bouraq" qu’il a travaillée sous forme de dessin et de sculpture", a ajouté M. Montazami. Il a, par ailleurs, souligné que cette exposition, qui se veut comme une déambulation dans le labyrinthe mental de l'artiste, se présente en 3 sections thématiques, d'abord "l'Objet désorienté" qui présente en partie les réflexions de l’artiste sur les transformations mutuelles de l’industrie et de l’artisanat dès les années 1990, ensuite "la Ville ambulante" qui met en avant les réflexions de l’artiste sur les changement de l’espace public, non seulement à l’heure de la mondialisation mais aussi des printemps arabes.
La troisième section est, quant à elle, intitulée "Renaissance des mythes" qui met en exergue le lien entre le sacré et le profane toujours dans le contexte de la mondialisation économique. "De la figure mythologique du Bouraq aux contes des Mille et une nuits, l'artiste exhume un inconscient collectif où religion et politique produisent un cocktail explosif", a confié le commissaire de l'exposition.
Le 05 Octobre 2016
SOURCE WEB Par Libération
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vendredi 7 octobre 2016
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