Couche d’ozone: la Chine émet en toute illégalité un gaz destructeur
Des mesures effectuées en Corée du Sud et au Japon confirment que d’importantes émissions de CFC, un gaz pourtant interdit depuis 2010 au niveau mondial, proviennent du nord-est de la Chine.
Les soupçons qui pesaient sur la Chine se confirment. L’année dernière, une étude menée par l’agence gouvernementale américaine NOAA avait constaté que les concentrations d’un gaz destructeur de la couche d’ozone, le CFC-11, baissaient moins rapidement que prévu dans l’atmosphère. Cela voulait dire en filigrane que des industries quelque part sur le globe continuaient à produire la molécule, pourtant bannie au niveau mondial depuis 2010 afin de préserver cette fine pellicule protectrice qui nous protège des rayonnements ultraviolets cancérigènes émis par le Soleil.
Quelques mois plus tard, une association écologiste basée aux États-Unis, l’Environmental Investigation Agency (EIA), soulignait justement dans un rapport d’enquête que 18 usines réparties dans 10 provinces chinoises continuaient à produire ce gaz en toute illégalité. Celui-ci n’était plus utilisé comme gaz réfrigérant mais pour produire à moindre coût des mousses isolantes en polyuréthane destinées à limiter la consommation énergétique des bâtiments.
Dans un nouvel article paru mercredi dans la revue Nature, une équipe internationale de chercheurs resserre l’étau autour de la Chine. Des relevés atmosphériques haute fréquence en Corée du Sud et au Japon, couplés à des modèles atmosphériques, laissent en effet penser que 40 à 60% des émissions supplémentaires enregistrées au niveau mondial proviennent bien du nord-est du pays. Environ 7000 tonnes annuelles, estiment les chercheurs, confirmant les soupçons d’une production aussi massive qu’illégale. «Nous n’avons pas trouvé de preuves d’une hausse des émissions en provenance du Japon, de la péninsule coréenne ou d’autres pays», précise Luke Western, chercheur à l’université de Bristol, qui a participé à ces travaux.
Pas de sanction
Pour le moment, ces émissions ne représentent toutefois pas de danger immédiat pour la couche d’ozone. Située entre 20 et 40 km d’altitude environ, celle-ci s’est peu à peu reconstituée après la signature du protocole de Montréal en 1987 qui organisait l’abandon progressif des CFC dans le monde (devenu effectif pour l’intégralité des pays en 2010). Comme ces gaz ont une durée de vie de 50 ans seulement et qu’ils ont été massivement émis entre 1950 et 1990, ils disparaissent encore à un rythme assez rapide, qui compense largement les émissions résiduelles des vieux réfrigérateurs et ce type de production illégale. Autrement dit, le fameux «trou» dans la couche d’ozone continue de se reboucher.
«Cette entorse au protocole de Montréal est un test pour tous les processus de vérification qui sont mis en place», souligne Sophie Godin-Beckmann, directrice de recherche au CNRS et présidents de la Commission internationale pour l’ozone. «La Chine a été officiellement interpellée l’année dernière, et nous nous attendons à ce que le pays, qui a réaffirmé qu’il se conformerait au protocole de Montréal, réagisse. Il n’y a pas de sanctions prévues, c’est l’exemplarité qui prime.»
Le 24/05/2019
Source web Par Le Figaro
Les tags en relation
Les articles en relation
Forum d’amitié maroco-chinoise : La région du Souss-Massa veut séduire les Chinois
Le Forum d’amitié maroco-chinoise a pour objectif premier de contribuer au renforcement des échanges et relations amicales entre le Maroc et la Chine, et de...
1ère année sino-marocaine du tourisme et de la culture : Un grand événement pour une meilleure v
L’ambassade de Chine à Rabat renforce ses activités culturelles au Maroc et contribue fort au rayonnement du Royaume dans la République populaire. Une i...
COMMENTAIRE L'ambition manufacturière chinoise n'est pas une menace
Le plan chinois portant sur le développement des industries technologiques, publié il y a environ deux ans, est devenu de manière inattendue la cible de crit...
Giec : le dernier rapport estime l'impact d’un réchauffement de 1,5 °C
Lundi 8 octobre, les délégués des États de l'ONU, réunis en Corée du Sud depuis une semaine, rendront public le dernier rapport du Giec. Ce document d...
Le touriste chinois, un profil très intéressant pour le Maroc
Aujourd’hui, le marché chinois est le 1er émetteur de touristes au monde, avec plus de 120 millions de voyageurs par an. Les attirer est devenu une priorit�...
UNESCO : Jamal Eddine Naji élu Président d'ORBICOM
C'est vendredi dernier, lors de l'AG du réseau International ORBICOM des Chaires UNESCO en communication, que le Pr Jamal Eddine Naji a été élu Pré...
Inde : la nouvelle superpuissance mondiale
Longtemps effacée derrière la Chine, voisine et rivale, l'Inde bénéficie de la plus large population du globe et voit sa croissance progresser. De quoi ...
La Maison Blanche met en garde Pékin sur la mer de Chine et sur le commerce
La Maison Blanche, dirigée depuis trois jours par le président américain Donald Trump, a lancé lundi des avertissements à Pékin sur les conflits territori...
Le roi Mohammed VI mercredi en visite officielle en Chine
Le roi Mohammed VI effectuera, à partir de mercredi 11 mai, une visite officielle en République populaire de Chine, a annoncé lundi le ministère de la Maiso...
Géofinance Dé-dollarisation de l’économie mondiale : vers un système monétaire multipolaire ?
Bouchra Rahmouni Benhida Professeur à l’Université Hassan Ier, elle est aussi visiting professor aux USA, en France et au Liban. Ses travaux de recherche lu...
Chine et Japon : deux empires fermés au XVIIe siècle
La présence des Européens en Chine et au Japon, demeure épisodique jusqu'au XVIIe siècle. Ce sont deux empires fermés au commerce avec les étrangers, ...
Coronavirus: l'Asie affronte une deuxième vague de contaminations
La Chine craint une nouvelle de contaminations «via» des cas importés et le retour au travail des Chinois confinés. NICOLAS ASFOURI / AFP Des plages aust...


lundi 27 mai 2019
0 















Découvrir notre région